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LES TROIS TEMPLES SLPERPOSÉS
s'appuie, les deux môles superposés ont le même point de départ, en aa, au-dessous de Tangle Nord-Est de Vatrium du iv^ siècle, et à Taplomb du mur d'enceinte. Mais, pour ne pas perdre le contact avec le talus de la pente voisine, qui s'éloigne vers le Nord à mesure que le niveau s'élève, la muraille du dessus projette au dehors une amorce en surplomb, qui déborde progressivement la base ^ De ce côté, la maçonnerie se termine en arrachement, sans que rien permette d'ailleurs de supposer que, jadis, elle se prolongeât plus au Nord. Par contre, du côté opposé, en /), nous n'en avons pas encore trouvé le bout. Elle continue en ligne droite, en se dirigeant vers le Sud, et disparaît sous le sol de la propriété voisine.
Cette muraille a été écrêtée sur toute sa longueur, dès le milieu du iv*^ siècle de notre ère, d'abord par les fondations de la chapelle des mystères C, qui la coupent en diagonale, ensuite par l'esplanade de Vatrium au niveau de laquelle on la rasa. On ne peut donc plus savoir, aujourd'hui, quelle était sa hauteur totale. A Theure actuelle, elle ne dépasse pas trois mètres dans sa partie la mieux conservée. A 1 50 au-dessus de la base, elle est traversée par plusieurs tubes de terre cuite, évasés aux deux bouts, qui se succèdent à un ou deux mètres de distance, sur une ligne horizontale que dépasse seul le premier, placé à 0 20 plus haut. Ce sont des trous d'écoulement, ménagés pour les eaux de pluie, qui ruisselaient sur la terrasse à ciel ouvert établie en amont du môle. Leur rangée marque le niveau de la plate-forme du femenos, qui se relevait légèrement au Nord.
i. Voir [les Planches XL et XLIII].
De ce côté, la clôture change tout à fait de caractère. A la muraille de l'Est succèdent brusquement, sur la face Nord, d'étranges alignements d'amphores, qui paraissent avoir une origine rituelle. Il semble qu'au moment où les augures, chargés de la limitation du temple, tracèrent sur le sol les deux axes perpendiculaires et les quatre côtés de l'aire sacrée, l'on se soit servi pour le bornage, en guise de pieux ou de piquets, palis aut hastis \ de ces longues jarres de terre cuite, en fuseau, qui servaient à l'importation des vins de Grèce, d'Afrique ou de Sicile, et dont les Romains ne savaient comment débarrasser leurs entrepôts, dès que la moindre fêlure les rendait inutilisables. Ces vases furent fichés en terre, tous au même niveau, pointes en bas, panses tangentes, et formèrent ainsi des palissades de poterie continues, délimitant avec une netteté parfaite les principales divisions du sanctuaire, l'enceinte r 5 ^, le cardo l m et, probablement aussi, le decumanus.
Puis, quand, après avoir borné le temple, il fallut le clôturer, l'on eut encore une fois recours à un procédé analogue. Tout le long du périmètre, en deçà de l'alignement des jarres vinaires qui le jalonnaient au niveau du sol, l'on creusa un profond fossé, dont les déblais, rejetés vers le temenos^ servirent à en exhausser le bord ; puis, l'on consolida l'escarpe ainsi formée, en la revêtant d'une cuirasse d'amphores à huile p q, toutes de même grandeur et de même modèle, reproduisant uniformément le type de ces récipients trapus, pansus, presque
4. Servius, Aen., IV, 200. Cf. A. Bouché-Leclerq, Z. c, p. 436. 2. Voir la [planche XL]. Cf. aussi Nicole et Darier, Mélanges de V Ecole française de Borne, 1909, p. 29 et siiiv., et fig. 9, 18, 19.
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sphériques, que la Bétique envoyait à Rome, emplis du produit de ses olivettes. Au lieu de dresser verticalement ces amphores, on les coucha cette fois, en les juxtaposant toutes dans le même sens, l'orifice tourné vers le périmètre, dont leur alignement, en retrait d'un mètre, doubla dans toute son étendue le tracé ; et l'on empila Tune sur l'autre, en les alternant, un certain nombre de ces rangées, de manière à former un rempart, qui devait être fort élevé jadis; car, bien qu'en partie démoli, il dépasse encore aujourd'hui, par endroits, la hauteur d'un homme. Tous ces vases étaient vides à l'origine, beaucoup le sont restés ; et la vue de leurs orifices béants, braqués tous vers le fossé, donne l'impression de bouches à feu étagées aux flancs d'un vaisseau de haut bord K
La triple barrière, que formaient, sur la face septentrionale du sanctuaire, la'haie de jarres, la tranchée intermédiaire et la muraille d'amphores, interdisait absolument, de ce côté, l'accès du temple. Tout au plus pouvaiton, du dehors, descendre au fond du fossé, au point où celui-ci se heurte à l'amorce du mur d'enceinte de la face Est. L'alignement de jarres s'arrête, en effet, en r, à trois mètres en amont de l'angle Nord-Est du temenos^ ouvrant vers l'extérieur un passage, qu'on ne peut guère attribuer à quelque brèche accidentelle. Il semble qu'avant de rencontrer la muraille transversale, le fossé se redressait à angle droit vers le Nord, dans une direction normale à la pente qu'il avait côtoyée jusque-là. Nous avons découvert, en effet, au point t\ juste dans le prolongement du mur Est, une jarre en fuseau, appartenant à la même série que les précédentes, mais à demi