A Délos, cf. Hauvette Besnaull, ihid., p. 494, n
6. A Palmyre, cf. Le Bas-Waddington, n° 2588 = de Vog-ûé, Iiiscr. seniit.^ n" 3 ; Franz Cumont, ibid., s.v. AtaiYjalis, II, 2, col. 1896.
7. Plutarque, Crassuii, 17 ; Nig-idiiis Figulus, p. 126 (Swoboda) ; Apulée, Méfamorphofies, VIII, 15 ; Lucien, De Dea Si/ria, 32.
8. C. 1. L., VI, 423 = ac/f/., p. 3005 ; Amelung-, Die Sciilpturen des Vaticanischeri Muséums, I, p. 279, et Album, pl. 30, n» 152 ; Iluelsen, Milleilurigen, 1907, p. 248 ; Gauckler, Comptes Rendus, 1907, p. 144 ; — Bulleltirio comunale, p. 66 etsuiv., et iig'. 5 ; — Mélanges de Rome, 1909, p. 251 et figure.
nous venons de déblayer, représente, au-dessus d'une dédicace à Jupiter Heliopolitanus^ sa parèdre Atarc/atis, debout entre deux lions ; or celle-ci est drapée comme la Fortune, et, comme elle, tient un gouvernail et une corne d'abondance.
Il me paraît donc vraisemblable que la statuette de bronze, que nous avons découverte dans le sanctuaire du Janicule, représente la Nativité àWtargatis. Gomme telle, elle comblerait une lacune, et viendrait enrichir d'un type inédit la série très variée des représentations figurées de la déesse syrienne K
1. Cf. R. Dussaud, Notes de Mythologie syrienne, IV, § 3, p. 96 et saiv. ; Gauckler, Mélanges de Rome, 1909, p. 250, note 2.
LES TROIS TEMPLES SUPERPOSÉS
DU (( LUCUS FURRINAE »
LETTRE AU SECRETAIRE PERPÉTUEL DE l'aCADÉMIE ^
Les fouilles du Lucus Furrinae^ dont j'ai déjà eu l'honneur de vous rendre compte à diverses reprises'^, se sont poursuivies, après une courte interruption, jusqu'à la fin du mois de juin dernier. A partir du 25 avril, toutes les dépenses du chantier ont été payées par la Société immobilière du Janicule, que je suis heureux de pouvoir remercier ici du nouveau service qu'elle vient de rendre à la science, en reprenant à ses propres frais l'œuvre si généreusement subventionnée jusqu'alors par M. Henri Darier, de Genève. Durant cette dernière période de nos recherches, les travaux ont été poussés
1. [Comptes Rendus de V Académie des Inscriptions, 1909, p. 617].
2. Voir les Comptes Rendus des séances de V Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 1908, p. 508 et siiiv. (procès-verbal de la séance du 2 octobre); ihid., 1909, p. 116 et suiv. (12 février) ; p. 225 et suiv. (26 mars) ; p. 419 et suiv. (4 juin). — Jusqu'au mois d'avril 1909, les fouilles ont été subventionnées par M. Henri Darier, de Genève, et conduites, avec ma collaboration scienlifique, par MM. Georges Nicole et Gaston Darier, A partir de cette date, j'ai été seul à les diriger.
en profondeur, jusqu'à la rencontre de la couche aquifère, qui marque à cet endroit la limite inférieure de l'habitat humain K Ils ont amené la découverte, sous les ruines superposées des deux temples dont nous avions déjà reconnu l'existence, des restes d'un troisième édifice analogue, plus ancien encore, que je crois pouvoir dater du milieu du premier siècle de notre ère. Ces trois étages de constructions occupent le même emplacement, sur le versant Nord du ravin où s'écoule la source du bois sacré de Furrina Ils ont à peu près les mêmes limites et la même orientation. Leurs terrasses remblayées coupent horizontalement le plan incliné de la colline à des niveaux différents, mais peu distants l'un de l'autre, les couches de remblais qui séparent les trois paliers ne dépassant nulle part deux mètres de hauteur (Planche XXXY).
1° Le sanctuaire le plus récent, construit selon toute apparence vers la fin du iv*^ siècle de notre ère, sous le règne de Julien l'Apostat 3, se divise en deux parties distinctes, séparées par un mur continu, que traverse en son milieu un escalier monumental. Au Nord, à la lisière extérieure du Lucus, s'étend le temple proprement dit, comprenant: au fond, la demeure du dieu A, où ne pénétraient sans doute que les prêtres ; au centre,
1. Pour la constitution géologique et le régime hydraulique de cette région du Janicule, cf. Gauckler, Mélanges de V École française de Borne, 1908, p. 287 et suiv., fig. 1, 2 et 3 [cf. plus haut, p. 98 et suiv.].
2. Voir la vue générale, le plan et les coupes du Lucus Furrinae, que j'ai publiés dans les Mélanges de l'Ecole française de Rome, 1908, planches hors texte I, II et III [cf. plus haut, planches 1, V et XVII].
3. Pour cette date, cf. Gauckler, Mélanges de V Ecole française de Borne, 1909, p. 245 et 261 [cf. plus haut, p. 140 et suiv.].
Pl. XXXV.
LES TROIS TEMPLES SUPERPOSÉS
V atrium à ciel ouvert B, où se rassemblaient les fidèles ; en avant, la chapelle des mystères C, dont Faccès semble avoir été réservé aux seuls initiés ; le tout, englobé dans une même enceinte rectangulaire, dont les côtés font presque exactement face aux quatre points cardinaux K Cet ensemble architectural étant tout entier situé dans le domaine de la Société immobilière du Janicule, nous avons pu le déblayer en totalité, et en dresser le plan complet (Planche XXXV). 11 offre, dans ses dispositions, un curieux mélange d'éléments païens et chrétiens, orientaux et romains, dont il me faut réserver l'analyse pour une étude plus détaillée que ne peut l'être cette note Je me bornerai, ici, à signaler le mode particulier d'éclairage du temple proprement dit. A, dont l'originalité mérite une mention spéciale.
L'aspect de cet édifice éveille, à première vue, l'idée d'une basilique chrétienne. Il se compose : au centre, d'une nef presque carrée, au fond de laquelle s'arrondit une abside ellipsoïdale-', se terminant elle-même
1. Pour la description détaillée de ces ruines, cf. Gauckler, Nicole et Darier, Co/nples Rendus, 1908, p. 520 et suiv. ; Nicole et Darier, Mélanges de V École française de Rome, 1909, p. 31 et suiv., avec les plans XII à XIV et le projet de restauration XV de MM. Capellino et Mazet.
2. Cette monographie, actuellement en préparation, paraîtra dans le recueil des Mémoires présentés par divers savants à l'Académie des Inscriptions et Relies-Lettres. — On y trouvera une étude complète des sculptures : le Dionysos, en marbre doré ; le Pharaon égyptien, en basalte noir; le bas-relief triangulaire figurant une ronde d'Horae. Ces trois objets d'art étaient cachés dans le sous-sol de la chapelle des mystères du temple le plus récent, entre l'étage supérieur des constructions superposées et l'étage intermédiaire, celui du temple de Gaionas. [Voyez plus haut, p. 173 et suiv. et planches XVIlI-XXXIIIj.
3. Ce type d'abside en ellipse est beaucoup plus fréquent en Syrie qu'à Rome.
par une grande et haute niche demi-circulaire 0, où trônait la statue, en marbre blanc, du dieu auquel était consacré le sanctuaire, un Jupiter Syrien ^ ; à droite et à gauche, deux bas-côtés Z), étroits boyaux que des murs pleins, percés d'une seule porte médiane, isolent presque entièrement de la nef, et qui sont également, l'un et l'autre, ornés, au fond, d'une grande niche, de forme rectangulaire cette fois, où se dressait jadis une image divine ; en avant, une sorte de narthex^ que deux autres cloisons, ouvertes aussi en leur milieu, divisent en trois compartiments inégaux, un vestibule F, plus large que profond, qui donne accès à la nef centrale, et que flanquent deux petites chapelles carrées G, i/, se faisant face en sens contraire, perpendiculairement à l'axe principal.
Le temple n'a qu'une seule porte, assez étroite, s'ouvrant sur la cour au milieu de la façade ; il n'a pas une seule fenêtre. L'on a supposé qu'à l'exemple des basiliques chrétiennes à trois nefs, il recevait la lumière par en haut, de côté, par des ouvertures ménagées à droite et à gauche, au sommet des parois latérales de la grande nef, notablement surélevée au-dessus des bas-côtés. Il faut renoncer à cette hypothèse, que contredit l'examen des lieux. Liternes ou externes, tous les murs de l'édifice s'élevaient au même niveau (planche XXXVI) ; ils étaient, d'ailleurs, trop faibles pour supporter le poids
\. Pour cette statue, où mes deux collaborateurs ont cru reconnaître un Hadès, cf. Comptes Rendus, 908, p. 1524 et suiv.,et fig. 3; Mélanges de Rome, 1909, p. 48 et suiv., et fig. 26 et 27.
2. Restauration de M. Mazet, Mélanges de V Ecole française de Rome, 1909, planche hors texte XV.
LES TROIS TEMPLES SUPERPOSÉS
d'une voûte ; ils n'avaient pu recevoir qu'une charpente unique et d'un seul tenant, qui soutenait une terrasse horizontale, ou bien un toit pointu à double pente. Au fond de l'édifice, la voûte en cul-de-four de l'abside était peut-être percée, au sommet, d'un luminariiim ; mais, comme elle est entièrement effondrée, il est impossible de rien affirmer à cet égard. De même, il est possible, mais nullement certain, que la partie aujourd'hui détruite du mur de façade, qui surmontait la porte d'entrée, fût jadis traversée par une lucarne, à laquelle devait nécessairement correspondre, dans ce cas, une seconde baie analogue, ménagée dans la cloison transversale qui séparait le narthex de la cella. Mais, de toutes façons, ces ouvertures n'auraient pu suffire à éclairer le sanctuaire. La nef centrale recevait le jour par la porte d'entrée, dirigée vers l'Orient, et par laquelle les rayons horizontaux du soleil levant pouvaient se glisser, suivant le grand axe, jusqu'au chevet, illuminant d'abord sur ce parcours l'autel triangulaire P, qui se dressait au milieu de la nef, puis la statue divine, qui se profilait en arrière, en 0, dominant le fond de l'abside Quant aux deux bascôtés, D, E, ils restaient éternellement plongés dans une obscurité presque complète, n'étant éclairés par le soleil que le matin, et par un seul filet de lumière, que laissait passer un système d'étroites meurtrières Z, Z' ^ percées à travers le double écran de la façade -, et conju-
1. Voir les vues générales du temple et de la cella, prises dans cette direction: Comptes Rendus, 1908, p. 522, fig. 1 ; p. 523, fig. 2 [cf. plus haut, planches VlI-VIll]. Mélanges de VÉcole française de Rome, 1909, p. 11, fig. 5; p. 12, fig. 6.
. 2. Au moment où le photographe exécuta la vue générale du sanctuaire qui a été publiée dans les Mélanges de VÉcole française de Rome, Mélanges Gauckler. 15
guées de telle façon, qu'elles concentraient exclusivement les premiers rayons de l'aurore sur les statues divines qui se dressaient dans les niches du fond, tandis que le reste de la nef demeurait dans l'ombre. Cet aménagement est trop ingénieux pour être l'effet du hasard. Il a certainement été calculé d'avance, et rappelle les dispositions analogues de certains sanctuaires de l'antique Egypte. Avec d'autres détails architecturaux du même genre, que je ne puis décrire ici, il contribue à préciser le caractère solaire du plus récent des trois temples du Janicule ^
Quant aux dépendances du sanctuaire qui le précédaient au Sud, dans la direction du ravin, nous ne possédons jusqu'ici sur elles que de très vagues indications ; car elles se trouvent placées dans la villa Wurts, qu'il ne nous a pas encore été donné d'explorer. C'est là, sans doute, qu'était installée la fontaine lustrale, où les fidèles procédaient aux ablutions rituelles avant de pénétrer dans le sanctuaire, soit en descendant dans V atrium B par les trois degrés en marbre blanc de l'escalier J, soit en entrant directement dans la chapelle des mystères par la porte latérale Q; celle-ci, abrégeant le trajet, diminuait pour eux le risque de salir à nouveau leurs membres purifiés par le lavage, avant d'avoir atteint le seuil sacré^
/. c. (planche hors texte I, II), et la vue du détail reproduite dans le même article (fig. 20 de la p. 37), les meurtrières Z et Z' n'avaient pas encore été nettoyées, et étaient à peine visibles. L'on en distingue mieux les contours sur notre figure, qui reproduit une photographie exécutée trois mois après les premières [Planche XXXVI].
1, Gauckler, Le couple héliopolitain et la Triade solaire dans le sanctuaire syrien du Lucus Furrinae à Rome, Mélanges de V École française de Rome, 1909, p. 253 et suiv. [cf. plus haut, p. 154 et suiv.].
LES TROIS TEMPLES SUPERPOSÉS
que les initiés ne pouvaient franchir qu après s'être débarrassés de toute souillure.
2» C'est aussi dans la villa Wurts que s'étend, en majeure partie, le temple du cistiher Gaionas^ construit en l'an J 76 de notre ère \ et dont nous avons retrouvé les restes sous la plate-forme du sanctuaire le plus récent, à un niveau inférieur d'un mètre environ. Son enceinte coïncide, à l'angle Nord-Est, en aa, avec celle de ï atrium appartenant au sanctuaire qui Fa recouvert en le remplaçant. Mais l'orientation générale des deux édifices différant de seize degrés environ, il en résulte que leurs limites ne se confondent qu'en ce seul point, et que leurs aires, étant toutes deux rectangulaires, biaisent sensiblement l'une au-dessus de l'autre. Celle du temple de Gaionas s'incline davantage vers le Sud-Ouest, dans la direction du ravin. Nous n'avons pu en déblayer jusqu'ici que l'angle Nord-Est, sur un espace équivalant au quart de la superficie totale. Mais, dans la zone encore inexplorée, divers sondages exécutés récemment, soit pour creuser les fondations d'un pavillon de garde en 1906 soit pour restaurer l'an dernier la canalisation antique de la source des Nymphes Fiirrinae \ ont fait
1. Sur cet édifice et son dédicant, cf. Gauckler, Comptes Rendus, 1908, p. 525 et suiv, ; Mélanges de V Ecole française de Rome, 1908, p. 284, et note bibliographique 4, p. 323 et suiv. ; ibid., 1909, p. 240 et suiv. ; Nicole et Darier, ihid., p. 28 et suiv., p. 63 et suiv., et planche hors texte XI.
2. Gauclcler, Le bois sacré de la nymphe Furrina et le temple des dieux syriens à Rome, Comptes Rendus, 1907, p. 134 et suiv., et Rullettino delta Commissione d'archeologia comunale di Roma, 1907, p. 45 et suiv.
3. Gauckler, La source du Lucus Furrinae au Janicule, Mélanges de V Ecole française de Rome, 190(S, p. 301 et suiv.
découvrir plusieurs amorces des aménagements qui s'étendent sous terre, et nous fournissent, dès à présent, de précieux points de repère pour en reconstituer le plan.
Le sanctuaire de Gaionas, très différent de celui qui lui succéda, se compose d'un temenos carré, mesurant au minimum, d'après mes premières estimations, trentedeux mètres de côté, et traversé en son milieu par deux larges artères, qui se croisaient au centre à angles droits, et qui le divisaient en quatre cadrans égaux. Les côtés du carré faisaient exactement face aux points cardinaux. Les deux artères médianes étaient dirigées, l'une du Nord au Sud suivant l'axe du monde, l'autre de l'Est à l'Ouest suivant la course du soleil à travers l'espace. Elles correspondaient donc exactement aux axes perpendiculaires, car do, decumanus, de la limitation augurale ^
La clôture du temenos était constituée, en avant et à l'Est, par un mur de soutènement rectiligne, a />, qui barrait transversalement le ravin, et qui retenait les remblais accumulés en amont (Planche XL). Ce mur, fait de moellons de tuf grossièrement appareillés, repose à sa base sur un lit de ciment de tuileaux, d'une dizaine de centimètres de hauteur, qui le sépare d'une autre muraille sous-jacente, d'orientation un peu différente (environ un demi-degré), d'épaisseur plus considérable, et de construction plus soignée, qui faisait partie d'un édifice plus ancien, sur lequel j'aurai bientôt à revenir \ Sur le versant gauche du ravin, auquel toute leur masse
\. Sag-lio et Pottier, Dict. des antiq., s. v. inauguralio (A. Bouché- Leclercq), p. 436 et suiv.