‹ Le sang de GermanicusChapitre 18 sur 23 · LA MÈHE DE NÉRON · texte numérisé non relu

LA MÈHE DE NÉRON

pendant d’oreille ; elle tient une corne d’abondance.

Dans la gravure des camées, le but de l’art était surtout de faire valoir la matière et d’enrichir la dactyliolhèque du Palatin de monuments commémoratifs, glorieux, flatteurs. L’artiste, qui n’était pas nécessairement un grand sculpteur, était plus capable d’imprimer un caractère idéal et une beauté traditionnelle que de faire ressortir dans toute sa force la physionomie du modèle ou le trait individuel qui intéresse l’histoire. C’est à la sculpture proprement dite qu’appartient cette puissance ; le graveur de camées donne plutôt l’esprit général et la poésie de la ressemblance. Les deux bustes qui sont au musée du Louvre ont malheureusement souffert au point de perdre une partie de leur expression. Sur l’un, l’épiderme du marbre est presque fruste ; l’autre a le mon-

Ion cassé, les lèvres réparées. On ne peut s’attacher qu’à l’ensemble, regarder à distance, afin de saisir l’énergie jointe à la grâce, l’assurance mélée au charme. Le buste qui est au Capitole ne satisfait pas non plus complètement, parce que les yeux levés au ciel indiquent chez l’artiste plutôt une préoccupation de l’apothéose, c’est-à-dire l’adulation, que la recherche rigoureuse de la vérité. Le buste du musée de Naples l’emporte sur tous les autres par un caractère saisissant, par la vraisemblance historique, par la grandeur. Il a été apporté de Rome par les Farnèses. La tête est belle, accentuée, énergique, virile: sans le flot de cheveux qui pend sur les épaules et l’arrangement de la coiffure, on ne reconnaîtrait point une femme. Les muscles du cou ainsi que les clavicules sont larges et accusés comme chez un homme. L’œil est ferme et fixe sous l’arc

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