‹ Le sang de la coupeChapitre 3 sur 20 · VIII PREFACE · texte numérisé non relu

VIII PREFACE

même de notre poésie; aussi ai-je cru pouvoir introduire dans un poëme parisien Cypris, la force expansive de la vie et du renouvellement des êtres, sans cesser d'être très-français et très-moderne. Il m'a semblé qu'elle avait le droit d'intervenir pour reprocher à la terre des héros et des amants de mentir à sa gloire et à son génie. Si donc il y a quelque audace dans cette conception, c'est du moins une audace voulue et que je crois légitime.

Obstinément attaché, pendant toute ma carrière d'ouvrier et d'artiste, à restituer les anciennes formes poétiques et à tenter d'en créer de nouvelles (ce qui est tout un,) et très-intimement persuadé que le théâtre ne trouvera chez nous sa forme définitive que lorsque nous aurons su, comme les anciens, associer le chant et l'ode au dialogue dramatique, j'avais souvent pensé qu'on devait pouvoir, dans le drame, obtenir de trèsgrands effets au moyen de remploi de rhythmes qui seraient variés, reliés et enchaînés selon la diversité des situations et des personnages, et j'avais, dès 1846, écrit Le Jugement de Paris, pour donner un échantillon de cet art que j'entre-

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