‹ Le Sang des crépusculesChapitre 17 sur 54 · POUR UNE QUI MENT · texte numérisé non relu

POUR UNE QUI MENT

En tes yeux faux s'irise l'âme des ciguës,

L'incarnat de tes seins décolore la pourpre,

Tes mains mentent, ton rire et tes sanglots sont fourbes,

Ta voix même, quand elle ondule, est ambiguë.

Sur la route de mort où ton ombre sinue, Dans un silence lourd d'orgueil tu te retournes Pour écouter monter leur plainte d'amour sourde Vers ta gorge rigide et vers ta croupe nue.

74 r^ SANG DES CRÉPUSCULES

Tu fis au son strident de la flûte des psylles S'enrouler à tes reins mes luxures dociles; Incruste dans ma chair ta chape de mensonges,

Je te pardonne : si tes lèvres qui distillent Les songes suraigus et les langueurs subtiles Endorment tel péché dont le bec fou me ronge.

Page 1