‹ Le Sang des crépusculesChapitre 16 sur 54 · TRIPLE · texte numérisé non relu

TRIPLE

Mon âme que le rut des cuivres roux exalte Dessert l'autel maudit d'une idole perverse; Son rêve se délecte à d'e'tranges commerces Avec les sorciers nus, chevaucheurs d'Ephialtes ;

Il n'a pas trempe' l'aile à l'eau fraîche des haltes, Des mains l'ont repoussé dont les tendresses bercent, Mais il a su de l'ombre où le temps se disperse Quelle énigme figea les sphinges de basalte. —

Ma seconde âme, reine anémique et subtile, Vit aux bords des étangs où son dédain l'exile Et note la chanson des joncs que le vent froisse,

Tandis qu'Elle, la tendre et chère Ame naïve, Prie et sanglote et me reproche son angoisse, Et vers la mort se laisse aller à la dérive.

Page 1