‹ Le Sang des crépusculesChapitre 23 sur 54 · LANGUEUR D'AVRIL · texte numérisé non relu

LANGUEUR D'AVRIL

La Vie a déchiré sa robe de recluse Et tend son ventre et rit aux bouches amoureuses, Et sa chair que l'hiver maquillait de céruse Rayonne et se raidit en mamelles séreuses;

Gouge adorable de pitié qui ne refuse Ses lèvres ni son lait au Jépreux las d'errer, Il s'élève de sa rumeur ample et confuse Un désir d'être bon et d'être pardonné.

Dans le soir qu'une flûte au loin mourante effleure S'e'loigne vers l'espoir le vol tiède des heures; Les lilas s'agriffant aux songes maladifs

Enguirlandent d'oubli l'automne amer des livres ; Et, muet de langueur, on écoute revivre L'âme des arbres morts dans les jardins pensifs.

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