LA VAINE RÉVOLTE
Si le soir lourd de ton passé, si le soir tombe Sur ton âme, sur ton amour et sur ta foi, Jette l'anneau d'or vert qui s'enlace à ton doigt, L'anneau d'espoir, à l'océan d'ombre qui monte.
Sur les jours de jadis que ton songe prolonge Tu penches ta jeunesse et tu doutes qu'il soit Dans l'inconnu quelqu'un d'éternel dont la voix De tristesse attendrie à ta plainte réponde.
Egouttc, note à note, alors, aux cicux déserts Les puérilités de ta flûte, des airs Aigus qui sembleront rire de ta révolte.
Et, pourtant, ne vaut-il pas mieux rester muet, Attendre que le vent monotone d'automne Éparpille le peu de cendre que tu es?