‹ Le Sang des crépusculesChapitre 27 sur 54 · RONDELS DE PETITE MORT · texte numérisé non relu

RONDELS DE PETITE MORT

Le vent est doux comme une main de femme, Le vent du soir qui coule dans mes doigts ; L'oiseau bleu s'envole et voile sa voix, Les lys royaux s'effeuillent dans mon âme ;

Au clavecin s'alanguissent les gammes, Le soleil est triste et les cœurs sont froids ; Le vent est doux comme une main de femme. Le vent du soir qui coule dans mes doigts.

Je suis cet enfant que nul ne réclame, Qu'une dame pale aimait autrefois :

Laissez le soleil mourir sur les toits, Dormir la mer plus calme, lame à lame... Le vent est doux comme une main de femme.

Ou Magdalis, ou Magdalette, ou Maguelonne, Un nom de sainte, un nom d'enfant, un nom de lys, Noms plus chanteurs que le nom pur d'Amaryllis, Tristes pourtant, d'une tristesse un peu d'automne.

Et qu'elle soit d'une candeur dont on s'étonne, Avec aux lèvres, pour l'amour, des mots jolis, Ou Magdalis, ou Magdalette, ou Maguelonne, Un nom de sainte, un nom d'enfant, un nom de lys.

Qu'elle soit bonne, en sa candeur, qu'elle soit bonne, Que son corps, échanson des tranquilles oublis, Ne se refuse pas aux délices des lits ; Sainte, enfant, lys, qu'elle se donne et s'abandonne, Ou Magdalis, ou Magdalette, ou Maguelonne.

Ah! s'en aller, comme un chagrin s'égoutte, Vers l'asile qu'on ne sait pas, En pleurant tout le long de la route, Simplement parce qu'on est las.

Ah ! s'en aller, et que nulle n'écoute S'effacer le sanglot des pas, Loin du mal et du rire et du doute, Et des fleurs lourdes dans les bras.

Mourir le jour et mourir toute

L'amour de celles qu'on aima...

Que les cloches sonnent le glas,

Et que l'oubli donne l'absoute ;

Et dans la nef qu'on parle bas, ne parle pas,

Ah! s'en aller, comme un chagrin s'égoutte.

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