AMES DE CLOCHES
Elles dévident une soie
Grêle et pure Qui s'enroule, rampe et chatoie
En guipures Sur les nappes des Saintes Tables, Pour les agapes délectables.
Une fois l'an elles s'envolent Des tours mortes
En pèlerinage vers Rome, Et rapportent
La bénédiction du pape. —
Dans la sainte ivresse de Pâques
L'encens enguirlande la ville
Et les êtres, Le prieuré fleuri dessille
Ses fenêtres Pour les chapes claires ou graves De la procession d'octaves.
Mais par les soirs de Pentecôte,
Attendries D'avoir vu que dans l'herbe haute
Des prairies Les lèvres humides se baisent, Les cloches, très tristes, se taisent. . .
Leurs âmes songent vers les sombres
Sentes creuses Où vers l'onde ondulent des ombres
Amoureuses, Où des senteurs chaudes circulent. .
Et les vergers s'encrépusculent.