EN JONCHEE AUX ALLÉES D OCTOBRE
A l'heure où le baiser du soir palpite et rôde, Divin d'être exhalé de bouches inconnues, Et du cœur des jardins reflue aux avenues, Lourd d'ombre et de langueur et de tièdes arômes,
Et, fou d'ancien soleil et d'effleurer les robes, En chuchotant se coule au creux des gorges nues, Les doigts pensifs, telles des aubes ingénues, Les vierges à mourir ont effeuillé des roses.
L AUTOMNE AMER
Or les cygnes s'enfuient en troupes éperdues, Le vent, gonflé de pluie et de cendre, module Une chanson plus grave aux joncs de la rivière ;
Et parmi les jardins où les roses vieillissent, Au rhythme, lentement, de leurs mains affaiblies Les amoureux d'automne ont effeuillé les vierges.