QUELQUES-UNS
Ceux qui songent :
Vers les monts embrume's qu'un peu de sang clair ourle Leur rêve a reployé ses ailes comme un cygne ; Tels des ouvriers las qui rentrent de la vigne, Muets, et dans le soir pensif, ils s'en retournent.
Ceux qui prient :
Ils ont des âmes d'eau calme et profonde, sources Sans rides qu'un péché véniel égratigne ; A la douleur, ombre qui passe, ils se résignent, Roseaux qu'un vol posé de libellule courbe.
L AUTOMNE AMER
Ceux qui pleurent :
La tristesse qu'ils ont bue aux lèvres des femmes Perle et tremble en eux, pluie ancienne sous la lune Eparpille'e au cœur des roses qui se fanent ;
Eux, les adolescents graves, à qui la Vie A refuse' le sens des images du livre, S'endorment, de'daigneux et purs, au crépuscule,