‹ Le Sang des crépusculesChapitre 39 sur 54 · V ALLUMEUR D'AMES · texte numérisé non relu

V ALLUMEUR D'AMES

La vie est terne au long du jour pour les lanternes, Au long du jour pour les lanternes des faubourgs, Surtout quand l'hiver faux étouffe les pas lourds Dans la rue et que les yeux de verre se cernent

De brume. — Or la nuit vient et les volets qu'on ferme. Des cloches ont frémi sourdement dans les tours; L'allumeur passe, une ombre, et colle ses doigts gourds A la hampe où tremblote un peu de joie en germe.

L AUTOMNE AMER

En de pareils faubourgs lépreux nous hivernâmes

Où se glaçait la solitude de nos âmes;

Et plus d'un soir maudit en vain nous attendîmes

Surgir du ventre noir des ruelles lointaines L'Amour avec l'espoir vacillant qui ranime Jusqu'au matin prochain notre vie incertaine.

Page 1