‹ Le Sang des crépusculesChapitre 40 sur 54 · FOI SCEPTIQUE · texte numérisé non relu

FOI SCEPTIQUE

Il faut te croire, je le sais, il faut te croire, Trouver l'oubli dans la caresse de tes doigts ; Il faut te croire et ne rien voir de ce qu'on voit, Et se taire, et fermer les yeux pour la nuit noire.

Sœur bien chère, malgré cette amour illusoire, J'aurai, n'ignorant pas l'aube que je te dois, Sous les pas de la vierge chaste de ma foi Jonché de fîeurs les parvis froids de ma mémoire.

L AUTOMNE AMER

Embrasse-moi que je m'en aille doucement,

Car il est l'heure d'être sage et que tu dormes ; Embrasse-moi, je te pardonne si tu mens,

Si le lit garde empreint le moule de deux formes, A ton réveil; et sois naïve, et sache oser Tendre ta bouche amère encor d'autres baisers.

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