A JEAN RICHEPIN
r ILLE de l'infini comme le gouffre sombre, L'âme aimante et divine aux regards étoiles Cache aussi dans son sein des vastes replis d'ombre, Où dorment à jamais des mondes écroulés.
De vains espoirs déçus et des rêves sans nombre Y flottent, dans la vase éternelle, roulés Morts, à peine trahis dans la verte pénombre Par un vague reflet plus clair aux yeux troublés.
Mais qu'un rayon y tombe, et dans les transparences Le gouffre avec ses maux et ses vieilles souffrances S'allume à la lumière et montre son trésor.
Ainsi plus d'un qui raille, et dont le front dédaigne, Sent poindre sourdement sous son côté qui saigne Un cœur encor vibrant que tous avaient cru mort.