ZEUS
Le
front ceint de rayons et les paupières closes, Zeus, implacable au faible et propice aux puissants, Préside à l'harmonie éternelle des choses, Assis dans la clarté des deux retentissants.
Grave, il prévoit l'effet et reconnaît la cause,
Penché sur l'avenir des âges renaissants,
Où son ombre, selon son caprice morose,
Met une splendeur d'astre ou des rougeurs de sangs.
A ses pieds des sanglots, des râles, des huées
S'exhalent, arrivant à travers les nuées
Doux comme des baisers donnés entre des fleurs.
Et tout l'Olympe écoute au loin vibrer et rire, Avec des sons de harpe et des langueurs de lyre, La haine du vieux monde et ses vieilles douleurs.
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KYTHERE
L/ROITE et foulant aux pieds des croupes de dauphins
Kytheré, fille amère, en trahisons féconde,
Secoue en perles d'or et de sang sur le monde
Sa toison d'astre en feu qu'elle étreint à deux mains,
Et de sa nuque fauve à ses aisselles blondes Ses cheveux roux, tordus entre ses doigts divins, Coulent en ruisseaux d'or sur ses hanches profondes, Allumant des clartés aux pointes de ses seins.
Debout dans la splendeur de ses cheveux d'aurore, La fille amère rit et son rire sonore De rut et de folie embrase l'univers ;
Et tandis qu'elle rit, montrant ses dents de nacre, Des soudaines rougeurs de meurtre et de massacre Montent, comme une flamme, au fond de ses yeux verts.
HELIOS
/\u-DESSUS des chevaux cabrés de son quadrige D'or vermeil, au-dessus des sommets radieux Hélios avec l'aurore apparaît dans les deux, Dans la gloire effrayante et pâle d'un prodige.
Avec deux profondeurs superbes dans les yeux Il traverse l'azur, où sa toison voltige, Tenant la grande lyre où dort l'oiseau vertige Entre ses beaux bras nus de poète des dieux.
Le dieu chante et sourit. Un souffle de tempête Le soulève... un grand vol d'aigles noirs sur sa tête Tourbillonne, emporté dans ses fauves accords ;
Et, dans l'ombre, à ses pieds, la foule extasiée
Des songeurs éblouis, la face incendiée,
Râle et meurt longuement, criblés de ses traits d'ors.
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