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LES PRÉCURSEURS

Monsieur le Président,t Monsignor,t Monsieur le Présidént d’honneur,$, Mesdames, Messieurs.

Louis Riel, qu'avec raison, mes chers amis, vous considérez comme l'homme le plus remarquable de votre race, dans ce petit chef- “2 d'oeuvre de style et de pensée qu'il griffonnait à la veille de son exécution et qui a été publié sous le titre, ‘Les Métis,” ‘a écrit les simples lignes suivantes, où le caustique esprit gaulois s'allie très heureusement à nn sentiment d'honneur sublime: ;

“Des gens très polis, très gentils d'ailleurs, viennent dire parfois à un Métis: ‘Vous n'avez pas l'air Métis du tont. Vous n'aves pas beaucoup de sang sauvage assurément. Quand même, vous passeriez partout pour un blanc pur.”’ Le Métis, à moitié déconcerté

. par le ton de ces assertions, voudrait bien rèvendiquer son origine, ant d'un bord que de l'autre. La crainte de troubler ow de dissiper tout à fait la douceur des persuasions de ses interlocuteurs le retient. Pendant qu'ilhésite à choisir entre les différentes réponses qui se présentent à son esprit, des paroles comme celles-ci achèvent d'emporter ‘son silence d'assaut: ‘Ah! bah! vous n'avez presque pas de sang sau- vage. Vous n’en avez pas pour la peine.”

Et très fier, comme vous l’êtes tous, de son origine de Sang-mêlé, celui qui n’a pas hésité, le moment venu, à sacrifier non seulement sa vie mais même son honneur au bien de sa nation, ajoutait:

“Voici comment les Métis pensent là-dessus en eux-mêmes:

‘(C'est vrai que notre origine Sauvage est humble, mais il est juste que nous honorions nos mères aussi biexr que nos pères. ‘ourquoi nous occuperions- nous à quel degré de mélange nous posségpns le sang européen et le sang indien? Pour peu que nous ayons de l’un et ‘de l’autre, la reconnaissance et l’amour filial ne nous font- ils pas une loi de dire: ‘‘Nons sommes Métis’? -.

Ce sont là de mâles et nobles paroles. : Car à. quelque race qu’on appartienne, on doit en effet respecter au même degré le sang de son père et le sang de sa mère.

Si, à bon droit, vous vous vantez de descendre par vos pères de. cette belle race française à à laquelle nous appartenons aussi, et qui, en ces joui$ d'épreuves presque incroyables, démontre de” façon Si. à

ee Céfiférence pron£hcée devant l'Union métisse St. foseph à St. Vital d Jftiitapa,,! "5 1e à. juillet 1916.

+ M. Joseph Riel,*frère de Louis Riel.

! Morstener ugas, grand- vicaire de l'archevêché de $t- -Boniface, et curé de

St-Boriface.

sage Nault, vétéran du gouvernement - provisoire de Ja Rivière -Rouge de. 1869-70, “auquel Louis Riel confia la garde du drapeau britannique après l'incident O° Donoghue d'avril 1870. os

CCR

péremptoire au monde entier que, sous tous les rapports, elle est, en

dépit de ce qu'on a pu, dans un moment d'égarement inconcevable,:

dire et répéter d'elle, la race la plus forte, Ja race la plus intelligente, la race la plus tenace, la race la plus noble qui ait jamais existé, à bon droit aussi vous vous déclarez très fiers de l'origine de vos mères, les filles de ces grands et riches guerriers dont l’un, à qui l'on demandait où se trouvaient les limites de son domaine, répondait: ‘’Montez ce matin un de nos poneys les plus rapides. .Galopez à l’ouest jusqu'à ce que le soleil soit rendu au zénith; tournez alors au sud jusqu'à ce qu'il soit arrivé à l’ouest, puis revenez ici. Vous aurez par là ses limites.”

Eh quoi! parce que, avant que vos ancêtres paternels et les nôtres prissent pied en ce pays, les pères de vos mères s'habillaient de Reaux

corps et se peignaient le visage, habitaient sous des tentes, taillaienit leurs outils.,et leurs armes dans la pierre, le fer ou le cuivre, erraient, nomades, de place en place, emportés par leurS coursiers légers, ou se laissant aller au cours de l'eau dans leurs frêles canots d’écorce, ici s'arrêtant au milieu des champs de fleurs semées par la maïn de Dieu sur les bords de majestueuses rivières, Ià escaladant des montagnes aux flanes couverts de luxuriantes forêts, ailleurs, dans la plaine. prenant part à ces chasses si émouvantes du buffalo, se sentant partout chez eux, jouissant de la vie dans toute sa plénitude simple mais libre, on oserait prétendre que votre-origine est par trop humble, qu'il est préférable que vous l'oubliiez! Quelle différence y a-t-il done entre ces habitudes patriarchales de vos ancêtres maternels et les coutumes tout aussi modestes de nos mutuels ascendants paternels, lorsque dans les plaines de l'Asie, ils paissaient leurs troupeaux, s’habillant et s'abritant de leur laine, pendant qu'ils demandaient au sol des immensités qu'ils traversaient la matière première des objets dont ils avaient besoin pour leur subsistance et leur défense? Qu’importent quelques siècles de plus-ou de moins? Qu' importe que les uns appartiennent à une génération et les autres à une autre?

Qui oserait dire que les horreurs de la civilisation moderne, et les spectacles dont nous sommes, à distance, les témoins stupéfiés, indiquent plus de noblesse et plus de grandeur d'âme que les moeurs primitives des peuplades de ce pars auxquelles, il y à moins de cent ans, vous étiez unis par les liens les plus chers?

. Pourquoi rougiriez-vous de descendre de’ eette -race- ‘d'hommes dt, attirés par les mystères des solituües de l'Ouest, s %: -engageaient à lé Suite des découvreurs intrépides venus de Frage e, et qui; imitant ce lieutenant de La Salle épousant la fille d’un Ka kakias, prenaient pour femmes, sur le conseil même des missionnaires qü ils emme naient à leur suite, les filles d'autres chefs on de simples guerriers ? Est-ce que ces femmes ne péssédaient pas une âme aussi précieuse que eclle de leurs époux? Est-ce que vous devez moins aimer vos mères parce que, dans leur beauté sauvage, elles ont-sû-plaire-à vos pères ?

Pour moi, je n’ai que du respect pour vos mères, vos épouses et

.de buffle, mettaient des plumes dans leurs chevelures, se tatouaieñt le.

"vos filles, et j'admire le célèbre ethmologue Schooleraft, épousant la fille d’un Chippewa. Pour moi, je vous le déclare, j’admire Fleuri. , mond, ce fils d'un Frañçais et d'une Siouse, qui, malgré son grand degré d'instruction recue à Montréal, préférait ses grandes prairies aux villes et aimait mieux être chef de tribu indienne que d'occuper une position lucrative quelconque au milieu des blanes, se disant sans doute avec Atala: ‘Heureux ceux qui n'ont point vu la fumée des fêtes de l'étranger et qui ne se sont assis qu'aux festins de leurs pères.”

Ecoutez ce qu'a écrit des Indiennes, vos mères, un de nos plus grands écrivains français, Chateaubriand: c'est ,l’aveugle (C'hactas, fils d'Outalissi et de Miscou, qui parle; il raconte à René, le héros du livre, un épisode de sa jeunesse au,cours duquel il avait été fait prisonnier et condamné à bûcher: .

‘‘Les femmes qui accompagnai t Ja troupe témoignaient pour ma jeunesse une pitié tendre et une curidsité-#imable. Elles me question;

naient sur ma mère, sur Les premiers jours de ma vies elles volaiént

savoir si l'on suspendait mon bérceat de mousse aux branches fleuries des érables, si les brises m'y balancaient auprès du nid des petits oiseaux. C’étaient ensuite mille autres questions sur l’état de mon coeur ; elles me demandaient si j'avais vu une biche blanche dans mes songes et si les arbres ge la‘vallée secrète m'avaient conseillé d'aimer. Je répondais avec na tés ‘Vous êtes les grâces du jour, et la nuit vous aime comme Ya rosée. L’homme sort de votre sein pour se suspendre à votre mämelle et à votre bouche; vous savez des paroles magiques qui endorment toutes les douleurs. Voilà ce que m'a dit celle qui m'a mis au monde, et qui ne me revèrra plus! Elle m ‘a dit que les vierges étaient des fleurs mystérieuses, qu on trouve dans les lieux solitaires.” : i

‘Ces louanges faisaient beaucoup de plaisir aux femme : elles me comblaient de toutes sortes. de dons: elles m ’apportaienti de la crème de noix, du sucre d'érable, de la sagamité, des jambons d'ours, des peaux de castors, des coquillages pour me parer et des mousses

pour ma couche. Elles chantaient, elles riaient avec moi, et puis elles.

se mettaient à verser des lâärmes en songeant que je serais, brülé."" .

Je le demande à ceux qu+seraient tentés de vous traiter de façon humiliante à cause de la modeste origine de vos mères, est-ce qu'ils oùt trouvé des sentiments et des accents plus nobles, plus aimants et plus doux chez les femmès des autres peuples ?

Il'est vrai qu’un peu plus loin Chactas nous dit que ces mêmes femmes qui lui avaient témoigné un intérêt si tendre; demandaient

maintenant son supplice à grands eri$. Mais qui parmi vous n'a en-'

tendu parler dés tricoteuses de la guillotine de 98 et des pétroleuses de la Commune de 70, à Paris, en plein coeur “de cette France pourtant si généreuse, et n’a été tenté de s'étonner qu’on pût soudain devenir si cruel? Mystère de la nature humaine, voilà tout. Sur ce point les peuples qu’on appelle civilisés, «hélas! de nos jours même, n ‘ont rien à reprocher aux tribus indiennes d'autrefois. . ‘

Et puis, que de raisons vous avez d’être fiers de vos ancêtres immédiats, je veux dire des premiers Métis on Sang-mêlés de l'Ouest, voire de vous-mêmes. -

Mais, avant d'en arriver là, permettez-moi de vous toucher quel: ques mots d’un événement plutôt regrettable au point du vue métis : tout peuple, hélas! a les défants de ses qualités. Ïl y a quelque jours, :

.nos amis d'autre langue officielle commémoraient le centième anni-

versaire de l'affaire de la Grenouillère ; j’assistai à la cérémonie. Je dois dire que tout se passa très bien; en n'essayant pas de placer le blâme on montra beaucoup de bon sens, car des événements de ce, genre sont souvent plus difficiles à juger que ne l’indiquent les apparences. Quelque répréhensible qu'ait pu être la conduite des Métis à cette occasion, il est bon de se rappéler qu'ils n'étaient que les employés de la Compagnie du Nord-Ouest aux ordres de laquelle ils ne faisaient qu'obéir, que d’autre part les provocations avaient été à la fois qombreuses et sérieuses venant de la Compagnie de la Baie d'Hudson de ses officiers, et que le gouverneur Semple Jui-même avait : fait preuve de bien peu de jugement en voulant le prendre de si haut

avec des adversaires irrités et en plus grand nombre que Ja petite troupe qui l'entourait. .

“Canada n

ë * Enfin, quand il s’agit d'événements de ce genre, il n’est pas juste

de ne se rappeler que les'détails défavorables et cruels ; il est bon d’y opposer ce qui peut, jusqu'à un certain poiñt, les contrebalancer. Ainsi, dans le cas qui nous occupe, pourquoi les historiens anglais s'entendent-ils pour ne dire rien ou presque rien des soins que les Métis prirent des colons de Lord Selkirk à Pembina en 1814, du voyage de 1800 milles que fit de Lägimodièré@n 1815 pour aller prévenir Lord Selkirk à Montréal des troubles sérieux survenus cette année-là à la Rivière Rouge, du geste touchant de Lavigne protégeant la vie de John Pritehard'Kkontre la rage du fils du colonel McKay, après que le malheureux lui et ressé cette prière: ‘Lavigne, vous êtes Français, vous êtes un fiomme, un chrétien. Pour l’amour de Dieu, sauvez ma vie, je fe rends, je suis votre prisonnier”; de la fermeté de Boucher luiiême qui aida aussi à sauver la vie.de cet homme? Pourquoi, e façon générale, ne mentionnent-ils pas qu'aucune des dépositions S Re serment qui furent faites plus tard devant les tribunaux du Wdiqne que les Canadiens etles Métis-français commirent des atrocités sur les blessés demandant grâce, alors que du côté des ‘’Half-breeds”” écossais on eite le cas du même McKay achevant de cette manière le capitaine Rogers? Dans l’histoire de tous les peupiles il y a des pages humiliantes: pour les Métis celles de la bataill de la Grenouillère sont de celles-là,-sans donte; encore est-il juste d'indiquer qu'il y a lieu de plaider circonstances ‘atténuantes avant aussi bien que pendant et après l’acte. ' ‘

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l’époque où le célèbre. La Vérendrye et ses fils découvraient et exploraient l'Ouest, dépassa ceuxeci dans leur marche vers les Montagnes Rocheuses, découvrit la rivière Saskatchewan et, suivant la route des rivières Nelson et Hayes, se rendit Jusqu'à York Factory qu'il atteignüt le 29 juin 1742, quel est le missionnaire, 1 “explorateur, le traiteur, le prospecteur, larpenteur, qui, à un moment où à un autre de ses missions, de ses voyages, de ses recherches, de’ ses échanges. de*ses travaux, n’a pas eu besoin de recourir à la sagacité et à la “robustesse

de vos pères, sinon à la vôtre?

S'il faut admirer l'homme de Dieu. qui, laissant ‘au delà de

l'Océan une famille aimée, sacrifiant un afbnir de paix au désir de

gagner de nouvelles âmes au ciel, s *enfonee dans les déserts quasi inaccessibles, se fraie un chemin däns les forêts vierges, se déchire les

membres aux portages des rivières, escalade les montagnes. brave les j . insectes sanguinaires de l'été et les terribles poudreries de neige de «l'hiver; s’il faut admettre que les La Vérendrye, les Hearne, les “Mackenzie, les Thompson, les Lewis et Clark, les Franklin, les Richardson et tant d’autres faisaient preuve d? une énergie et d'une ténacité admirables en, accomplissant aussi, ‘pour l'honneur des connaissances humaines, ee que les missionnaires accomplissaient pour la plus grande gloire de:la religion; si nous devons rendre hommage à l'esprit d’initiative vraiment extraordinaire quŸ pour l'amour des richesses, foussait ces marchands, plus tard ces mineurs, plus tard encore ces constructeurs de chemin de fer, à mépriser les fatigues et les privations de toutes sortes en vue d'un gain purement matériel à obtenir; ne faut-il pas aussi reconnaître sa part de mérite, non seulement dans l'une ou l’autre de ces branches du dévouement ou du commerce, mais dans toutes à la fois, au brave Beïis-brûlé qui; sans jamais hésiter, se mettait chaque fois à là tête de la caravane, traçant le chemin, surmontant le‘premier les difficultés, supportant plus que tout autre I? inten- =. sité de la chaleur en été, la rigueur du froid en hiver, tantôt se char-

geant de tout le poids du canot et des effets pour tourner les obstacles

et les portages, tantôt'courant à l'arrière des carioles à chiens conte-

nant, enveloppés dans léurs couvertures bien chaudes, les membres

de } expédition dont il était tout à la fois l'organisateur, le guide et l’interprète, heureux malgré tout, d'être le premier à conduire ces

hommes à la recherche dés richesses célestes et terrestres, jusqu'au ; dejà des Montägnes dé l'Ouest où il avait peut-être appris que de ses camarades plus audacieux s'étaient rendus avec les tribus indiennes, et avaient fondé des établissements de leur race? - <”

Ici, c’est Pierre Dorion qui, en 1810, accompagné comme ‘interprète Lewis et Claïke pendant leur fameuse expédition au Pacifique ; là c’est Jean-Baptiste Adam qui interprète Sir John Franklin dans son-voyage de 1821; c’est François Beaulieu, surnommé le doyen des Métis, dont le père avait conduit Mackgnzie au Pacifique, qui, luimême, accompagne Franklin dans son expédition antarctiqué de 1829 et va jusqu'à lui faire üne garte très fidèle des lieux qu’ils doivent visiter; ce sont François Noël Annance ef Antoine Desjarlai$ qui, en,

1833, guident Black et King au Mackenzie ; c'est Thomas Cadrant qui, en 1848-49, mène Richardson à la recherche de Franklin, perdu dans les déserts de glace du Nord, quelques années avant ; c’est Pierre Bottineaun, guide et interprète du colonel Noble à la rivière Fraser en 1359, du capitaine Frisk à l'Idaho en 1862, et du général Sebley au Missouri en 1863, et qui a laissé son nom à un comté du Dakota; ce sont Jean-Baptiste Mandeville et S-Germain, les interprètes de Frank- En: Louis Laronde, le guide de Milton et C'headle; Baptiste Leblanc. du Dr Rae; Charles Lagacé, de Thompson; Jean-Baptiste Boucher, dit Wacan, de Fraser; Jean-Baptiste Bruce, de Richardson et Rae: Joseph Bourassa, du Révérend M.Gordon; François Maurice, de Tyrrell; Antoine Blandoine, du comte de Southesk; Georges Klyne, de Hind, ete. ete.

Sans ces hommes, si bien au courant de la configuration du pays. mieux que personne en mesure de s'aboucher de façon paisible avec les ttbus indiennes des contrées qu'il s'agissait de traverser, qu'auraient pu faire tous ces grands voyageurs aux découvertes desquels

. nous, les blancs, devons de pouvoir occuper aujourd'hui ces vastes pays et d'en exploiter les immenses richesses? °

| Comme exemple des dangers que ces hommes courageux avaient : pourtant à courir, du dévouement sans bornes dont ils étaient capable, une fois qu'ils avaient entrepris de guider une mission,-de quelque nature qu'elle fût, il suffit de se rappeler Les circonstances terribles de la mort de-l’un d'eux, Baptiste Malaterre, survenue pas très loin d'ici, au sud de la frontière américaine: vous Connaissez sans doute l'épisode, mais il est bon, ne serait-ce que pour maintenir son propre courage, de se remémorer ces choses de temps à autre. Done, ., le 12 juillet 1851, avec quatre autres chasseurs, formant partie d’une - , expédition au milieu de laquelle se trouvait le R. P. (plus tard Mon- * . seigneur) Lafièche;, Malaterre eut à aller reconnaître un camp indien aperçu dans'Te lointain: e'étaient des Sioux, qui le firent prisonnier ainsi que ses compagnons; deux fle ceux-ci réussirent à s'échap- +per ‘et à retourner à leur camp où l'on se prépara immédiatement à. F : la lutte. Effectivement, le lendemain, au jour, 2000 Sioux attaquaient les Métis qui, barricadés derrière leurs charettes, finirent par les mettre en fuite. Les deux autres éclaireurs réussirent, aussi à s'échapper ; quart à Malaterre, on ‘retrouva son corps percé de 67 flèches et de trois balles: ses pieds et ses mains avaient été emportés comme- trophées; son crâne avait été fracassé.

La mort de Mathieu Péloquin dit Crédit, un des compagnons de

Sir John Franklin dans son expédition de 1820-21, donne l'idée d’un

autre genre de supplice tout aussi terrible pour être plus lent. Après

, m'avoir eu pour se nourrir pendant plusieurs jours que «quelques lichens, il en arriva à avoir à manger ses vieux mocassins. Enfin son. chef et ses compagnons, obligés eux-mêmes d'aller de l'avant pour”

sauver leur propre vie; durent l'abandonner en chemin- 4 milieu

d’une tempête de neige; ainsi délaissé, il mourut de faim, de fatigue

et de froid après avoir guidé l'expédition pendant des jours, des semaines et des mois!

Les Métis ne sont jamais trop jeunes pour rendre des services : voyez Baptiste Pépin. Il n'avait guère que treize ans quand, le 14 décembre 1863, il accompagna Mgr Grandin et quelques employés dela Compagnie de la Baie d'Hudson de la Grande Ile à'la Mission St- Joseph sur le Grand Lac des Esclaves. Une épouvantable poudrerie surprit la caravane en plein milieu du lac: le froid devint intense, bientôt le thermomètre tomba à 40 degrés au-dessous de zéro. Le vent tournait; on ne savait plus où l’on en était; on ks'arrêta dans un bane de neige ; et le petit Baptiste, croyant la mort prochaine, demanda à se confesser, montrant par Jà la décision prise de/se mettr@ d'abord èn règle avee son (Créateur. Dieu, d'ailleurs, lui sut gré dd sa piété et v ulut que ses parents, le lendemain, par miracle sans doute, vinssent à la recherche de la petite expédition et la décoyvrissent avant qu'il fut\trop tard. Baptiste devenu homme se fit guide pour les blanes du Nord, et sous la conduite impeccable de ce Métis à -l’instinct sûr, s personne n'a eu à éprouver ce qu'il a lui- même si terriblement

étis ont rendu d' assez im ports ts services que cela seul devrait "auf. fire à leur assurer la reconnais$anec de notre génération et de celles quisuivront; car qu'y a-t- il de plus beau et de plus noble que d’être des précurseurs, de marcher en avant de la civilisation ët du progrès, d'aider ceux qui sé dévouent pour la religion, pour la science ou pour * le commerce, à atteindre le but qu'ils sé sont #&ké, en un mot d'être prêts à mettre au service de tout ce qui est beau et bon, de‘tout ce qui est utile et nécessaire, les ratée AR comninnne que l'on possède ? l -

Mais là ne se sont pas bornées les activités de la grande race à laquelle vous avez l'honneur d ‘appartenir ; là ne se trouve pas le principal titre de votre nation à la célébrité et à la reconnaissance. Chose qui pourra paraître étonnante à ÿ fux qui n’étudient que superficiellement l'histoire, ce sont surtout Éomme défenseurs des libertés populaires, comme législateurs, que ét de ce pays se sont distingués. Je vais essayer de prouver cé que j'avance en développant aussi briè. vement que possible, par rappôrt à-eux, les réponses que je donne aux deux questions suivantes : el est, pour, un peuple, au point de vue économique, le plus grand” pfivilège dont il puisse jouir? C'est la liberté de commerce, n'est-il) pas vrai? Quel est, au point de vue moral, le droit sur fequ lsil place le plus de prix, si ce n’est celui de la Hbe erté de conscience? êt j'ajouterai de langage? Or, qui-osera ire ‘queéfles Métis n'ont pas fait tout ce qui leur a été humainement possible de faire, en temps et lieu, pour assurer à ce pays, de façon absolue, la jouissance des droits qui découlent naturellement de la possession pleine et entière de ces deux privilèges inestimables ? Qui osera

ps

dire que sur ces deux points ils n’ont pas rémpli noblement, énergiquement, les devoirs qui feur incombaient danSeur grand rôle de précurseurs ? Fu Lorsqu'en 1847: “a population de la Rivière Rouge commença à se lasser des règlements de l’autoeratique Compagnie de la Baie d'Hudson, qui interdisaienñt le libre commerce de fourrures, quels furent ceux qui apposèrent leurs signatures sur la pétition contenant 977 noms envoyée la Reine et lui demandant une certaine mesure 2. de justice, sinon les Métis- français ? Et quand, deux ans plustard, la * Compagnie alla néanmoins jusqu'à faire arrêter, maltraïter et emprisonner Sayer, Laronde, Goulet et MeGillis, pour avoir acheté d’elk des marchandises avec l intention de les échanger pour des fourrures, qui s'interposa et les fit relâcher aux cris de: ‘* Vive la liberté! Le comméree est libre !,’”’ sinon un comité de vos pères composé de Benjamin de Lbagimodière, Urbain Delorme, Pascal Bréland et François Bruneau, présidé par Louis L’irlande, de son vrai nom Jean Louis: : Rét-Votre père, M. le Président? Et qui ne sait que de ce jour data la liberté de commerce dans toute l’étendue des territoires soumis à la : juridiction de la toute puissante compagnie

Que l'on compulse les documents de cette époque qui sont arrivés jusqu’à nous, et l’on découvrira que chaque fois qu’il s’est agi de de- ° mander justice à l’égard des choses publiques, vos ‘pères ont été en avant : ainsi, en 1848, ce sont eux qui demandent £t obtiennent que les C apadiens- anglais, dont ils devaient avoir tant/à se plaindre dans la suite, et les Métis-français ainsi que les ‘‘Hädlf-breeds’’ anglais, soient représentés dans le conseil d’Assiniboine pär des éon&eillers de leur choix; ce sont eux qui, la même année, motivent leur/demande formulée trois ans plus tôt, qu’on abroge les lois existan < affectant; de façon préjudiciable pour la population des Tèrritoïres, les impor- : tations des Etaÿs-Unis; en 1853 ce sont encore eux qui &emandent, en français cette fois, au conseil d’Assiniboine, qu'il soit nommé un com, missaire au% comptes, chargé de donner au public ‘‘un exposer des + revenues®t des dépence de la colonie”’”—<ceci est signé. Narcisse Ma- 3 rion et les fautes d'ortographe n’y manquent pas, mais qu'impotte, l'intention y est. En 1858, une pétition portant 53 signatures et rédigée aussi en français, demande ‘‘d’avoir, dans la colonie, une loi ‘ À qui, en fixant un-impôt pour l'importation des liqueurs de quelque a. pays qu ’elles viennent, établisse en même temps un système de licence, Le. pour en régler la- fabrication. et la vente”; et l’ on sait que la législa- + tion nécessaire fut, peu de temps après, adoptée. D'où il ressort que , ce furent vos pères, Messieurs, qui! ‘donnèrent naissance en cette prod virice, au sain système de licences pour la vente des boissons alcooli- » ques qui à pris fin le ler jnin‘dernier. Puisque l’on en est sur ce ; sujet, on sait atissi que lors du gouveïnement provisoire de 1870 une: - loi fut promulgée par celui-ci règlementant la vente des boissons enivrantes dans les limites de la petite ville de Winnipeg, alors naïssante: «

. De tout teps, sous l'ancien régime après 1849, les Métis ont eu voix délibérative et vote au conseil auquel était confiée l’administration des affaires des Territoires. Nommons François Bruneau, dont

-le juge Black, agissant alors comme gouverneur, disait en apprenant

sa mort en 1865: ‘Comme conseiller, il fut le représentant loyal et fidèle de cette grande section de la colonie avec laquelle il était en rapports immédiats ; et comme magistrat son efficacité et son utilité étaient bien connues de tous. Il apportait à la décharge de ses devoirs un esprit droit et-consciencieux, et un jugement bien au-dessus de la moyenne comme pénétration et justesse. Dans sa conduite publique il n’admettait pas de distinction de classe ou de croyance; tout le monde pouvait se fier à son impartialité; et M. Bruneau était ainsi fait qu'il pouvait tout naturellement mêler de la miséricorde à ses jugements’; Pascal Bréland, qui servit sa nation dans un bon nombre de positions publiques telles que magistrat, juge, membre du conseil des travaux public, conseïller d’Assiniboine, plus tard, après

1870, député à la Législature locale et membre des deux conseils des .

Territoires du Nord-Ouest; Salomon Hamelin, conseiller d’Assiniboine, membre du. comité de législation, plus tard député à la Législature; Roger Goulet, arpenteur, receveur des douanes, conseiller d'Assiniboine, plus tard, en 1885, commissaire pour le règlement des

€ Q : ren ne organisation. et à la saine administration de ce grand pays à ses difficiles débuts: ges noms suffiront à vous rappeler qu'à juste titre vous pouvez être fiers de ce qu'ont fait vos prédécesseurs, dont quelques-uné viennent à peine de vous quitter pour l’autre vie.

Mais là où vos pères et vos" frëfàs, Messieurs, ont joué éur rôle de précurseurs bien avisés de façon vraiment remarquable, et en hommes d'Etat de premier ordre, c'est quand le marché fut conclu, sans consulter la population, par lequel les Territoires .du Nord-Ouest furent acquis par le Canada. Le ‘mouvement spontané qui porta les

‘ Métis-français de la Rivière Rouge à s’opposer, avee une.sage obstina-.

tion et à l’aide. de tous les moyens à leur portée, par les armes même. à ce qu’of vendît leur pays sans prendre leur avis, est un de ces événements qui arrêtent l'admiration des peuples, sinon sur le momer® alors que les adversaires. ou ennemis, selon ‘qu’on les considère de façon plus ou moins grave, se laissent aveugier par leur dépit ou leur rage, du moins dans les siècles à venir, après que les rivalités de sectes et de nationaïités se seront évanouies dans la nuit des temps.

Il suffit de se rappeler la ferme résolution de ces hommes qui,'en 1869, empêchèrent les arpenteurs de la bande Dennis de continuer

leurs travaux d’ ’accaparement éhonté, qui, le même hiver, nullement ‘effrayés par son monocle, firent rebrousser chemin à l'envoyé du ., pseudo-lieutenant. gouvérneur McDougall, et enjoignirent à à celui-ci - d'avoir aussi à décamper ; qui encore, le moment jugé venu pour la - commission d’un acte destiné à causer une impression décisive, n'’hésitèrent pas à répondre -à l’appel de la Compagnie de la Baie d’Hudson, à s'emparer de Fort Garry et à le garder jusqu’à l’arrivée de ce grand ‘*défonceur de portes ouvertes’’ qu’on nommait le général Wolseley. C’est là de ces actes que certains écrivailleurs anx idées étroites ‘ "et fanatiques peuvent qualifier de rebelles, s’il leur plaît, mais que les historiens censés de l’avenir n’hésiteront pas à considérer comme une protestation parfaitement justifiée contre des abus de pouvoir absolument iniques, sans parallèles dans les annales des peuples. Si le Manitoba et les Territoires du Nord-Ouest ne devinrent pas, il y a quarante-sept ans, une shple colonie d'une colonie, s'ils jouissent aujour- , d'hui de cette autonomie dont les diverses provinces sont, d’un bout à l’autre de la Puissance, si jalouses, c’est à Louis Riel et à ses sages

‘ conseillers métis-français qu'ils le doivent. -

.. Et si les Canadiens-français et les Catholiques, formant la mino-

rité manitobaine et de l'Ouest, peuvent encore baser leurs réclama-

tions sur: quelque chose d’écrit et de signé par les autorités fédérales

et impériales, c'est aussi Louis Riel et ses conseillers qu'ils doivent

: -remercier. Car ce furent eux qui, sachant que dès 1836, une résolu- Fan ‘ tion du Conseil d’Assiniboine, qui régissait alors le pays, pourvoyait à > ce que ‘‘comme préparation à l'éducation, on devait parler à la mère

. et aux enfants, et ceux-ci devaient s’habituer à converser entre eux dans la langue du père (anglais où français), et que le père lui-même devaït être encouragé à apprendre à ses enfants l'A B C'et le catéchisme ainsi que telles autres notions élémentaires que le temps et les circonstances permettraient,’ sachant aussi qu'à diverses reprises le inême conseil avait voté des subventions aux écoles confessionrielles, par exemple: 100 livres le ler mai 1851, à diviser également ‘‘à même les fonds publics”” entre les écoles anglicane et catholique; 15 livres le 13 juillet 1852, à l’école presbytérienne de Frog Plain; 15 livres le 9 décembre 1852, à l’école catholique de Saïint-Boniface, toutes choses que l’avocat de la minorité semble avoir ignorées ou oubliées lors des : plaidoiries devant {e Conseil Privé d’Angleterre à la suite de l'acte spoliateur de 1890, ce furent eux qui, sachant ees choses, virent à ce que la clause 22 de l’Acte de Manitoba fût insérée; ce furent eux qui, se rappelant qu’un peu plus de vingt ans auparavant, ils avaient obtenu du gouvernement d’Assiniboine que, dans tous les cas pardevant les tribunaux, où les intéressés étaient des Canadiens ou des Métis-français, les magistrats et les juges devaient se servir des deux langues, se rappelant aussi que les pétitions, les requêtes et les demandes de toutes sortes libellées en langue française et soumises à la considération de ce même conseil d’Assiniboine recevaient toute l’attention désirée, que ce conseil, dans sa séance du 19 juin 1845, décrétait l'impression et l'affichage des avis publics en français aussi

Es

Amen

bien- qu’en anglais, virent à ce que la clause 23 de l’Acte de Manitoba fut insérée.* L'acte de 1871, qui contient les elauses garantissant ‘les écoles confessionnelles et l'officialité de la langue française, fut le résultat d’un traité entre deux gouvernements établis par la volonté de deux. peuples : celui de John Macdonald à à. Ottawa pour le Canada d’une part, celui de Louis Riel à Fort Garry pour les Territoires du Nord-Ouest: d’antre part. Basées sur des précédents datant de plusieurs années; alors que le conseil d’Assiniboine non seulement reconnaissait mais commandait l'usage du français là où le père parlait français, reconnaissait de façon officielle l’usage du français devant

. les tribrinaux et à la Législature. de l’époque, et accordait des sub-

ventions régulières aux écoles confessionnelles, ces lois ne sauraient être légalement affectées ou abrogées sans le consentement de ceux qui en ont été les signataires, sans celui surtout des minorités de langue française et de religion catholique de ce pays, qui, de tout temps, ont été les principaux facteurs de son établissement et de son développement.

De ce côté on n’a certes rien à reprocher aux Métis-français de la Rivière Rouge : tout ce qui a été humainement possible de faire pour préserver les privilèges et les droits de langue et de religion de la mintrité a été mis en oeuvre par leur organisation de la première heure et le gouvernement provisoire dont ils étaient, heureusement en nombre suffisant, pour en contrôler la formation et les actes; ils n’ont même pas hésité à employer la résistance et à courir le risque de se faire stigmatiser du nom de rebelles, appellation qui est synonyme de traître ou de patriote selon que le succès ou la défaite couroune ou flétrit les efforts de ceux qu’on prétend devoir elasser comme tels: or,.dans le cas qui nous occupe, les Métis obtinrent tout ce qu'ils demandèrent ; comme de vrais patriotes, ils ont done bien-le droit de compter sur la reconnaissance de ceux qui sont venus ou viendront après eux ; si la position de la minorité aujourd'hui est loin d'être aussi satisfaisante qu'elle devrait l'être, ce n’est certes pas par suite

de manque de prévoyance et de dévouement au môment propice du

début. Et comme le droit ne meurt pas, il faut remercier les Métis de l’avoir fait reconnaître en temps opportun. ; Lorsque j’assiste, témoin écoeuré, aux hideuses mesures dont on se sert pour nous dépouiller des derniers vestiges de ce droit, il m'arrive, je ne sais pourquoi, de me remémorer cette magnifique parole du

- premier grand roi de France, Clovis, auquel on racontait le martyre

du Christ, et qui s’écriait, en serrant sa francisque: ‘‘Ah! si j'avais été là avec mes Frances !’’ et de m’imaginer entendre les grands chefs de 1849 et ceux de 1869-70, au spectacle de l’effronterie éhontée déployée par ces hommes qui n’ont pour mérite que d’être venus en ce pays profiter, sans coup férir, des fruits des labeurs et des souffrances inénarrables de nos mutuels ancêtres, il m'arrive, dis-je, de m'imaginer entendre ces chefs des heures sérieuses et terribles que l’on sait, là-haut, s’écrier à jeur tour: ‘Ah! si nous étions là avec nos Métis L” ‘ \ * Voir “The Canadian North West,” par le prof. F. H. Oliver, Ottawa, 1914,

. Oh! sans doute, il ne saurait être question de courir aux armes: de‘nos jours ces choses-là ne se voient et ne se font plus; on se contente, avec raison, de lutter au moyèn d'arguments basés sur la juste interprétation dés lois et le respect des droits des minorités (et-ce ne sont pas toujours ceux qui. sont émis avec les plus grands gestes qui : ” sont les-plus effectifs). S'il y a une chose qui soit digne de remarque dans l’histoire de la nation métisse, c’est l’ esprit de sagesse, de modération et de discipline surtout qui présidait à tous les conseils et à toutes les délibérations des chefs, qu'il s’agît d’une simple organisation de chasse ou de l'installation beaucoup: plus sérieuse d’un gouvernement provisoire. Dans les” questions qui agitent les esprits à l'heure présente, on peut, je suis sûr, compter.que les Métis d’aujourd’hui se souviendront des grands exemples de leurs ancêtres et que, après avoir sagement et prudemment défini la position qu'ils doivent prendre et qui ne saurait être au contraire des principes-de justice et de paix on à l'encontre du bien commun de la grande race à laquelle ils s’enorgueillissent d’appartenir par leurs pères, fallût-il pour cela : sacrifier des idées personnelles très chères, ils constitueront, cômme par le passé, le rempart le plus solide que l'élément de langue française en ce pays aura à opposer aux attaques de ses ennemis.

Comme conelusion,”"permettez-moi de répéter, en vous les adressant et après en avoir légèrement changé les termes, certaines paroles par lesquelles je terminais une petite conférence devant vos frères cänadiens-français, l’autre soir:-

Aussi longtemps que vous vivrez, aussi longtemps que vos enfants vivront, aussi longtemps que vivront les enfants de. vos enfants et leurs descendants jusqu'à ja dernière génération, fiers de sentir couler dans vos veines et frémir dans vos os le sang et la moelle des nobles Franes et des fiers Indiens, fiers des grandes, belles et nobles actions de vos ancêtres, levez la tête sans crainte partout -où vous passerez et répétez chaduie fois que l’occasion s’en présentera ces simples mots: ‘Nous sonimes Métis, nous resterons Métis.”

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