‹ Le sang françaisChapitre 38 sur 47 · CES · texte numérisé non relu

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4 eo . Fo, se 8. . er Te , l

19, © : : LE SANG FRANÇAIS su re

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tout petits, sur SON coeur, la femme forte qui récemment leur recôme

mandait la bravoure.

° Le jour de Pâques, 4 avril 1915, je sergent Emile Quexriel, en

| , faisant sauter une miñe pour sauver ses camarädes qui vont bientôt Fe arrivez sur le terrain, a une main arrachée ft les-déux yeux bléssés

J'ai pensé simplement à, ma: mère et j’ai/Tepris courage: Porté: à : l’ambulance ‘et félicité dé Son acte d’érdisme, il répond que ce qu'il

"cepas? - ; res. a

TVA

» LS Que cette modestie, “ünie atant de edürage, “est donc belle!’ fais

.. #N rible où il est frappé! eue um ON /

Un anmônier m'a raconté que bien & souvent, la nuit, gur le <hamp ataille, il‘avait entendu des,soldats blessés où “mourants, crier*

e qu ‘ele pouvait être ailleurs, loin .de son petit? Ils là voient ‘tout| près d'eux; ils/entendent ses pas, son souffle, sa voix. ‘Ils sen-

tent|sa main caressante. | Is lui parlent. Vous voyez bien que ee

: # * us . N »

doucès. tendres et en même temps fortes et patriotes : les soeurs, les “ flantées, les épouses ne leur cèdent sur aucun point. D ailleurs, -quoi

mères de.demain et sicelles-ei savent former de vrais hommes de leurs

#7, garçons elles savent aussi former de vraies femmes de léur filles.

4" .". * Voïei une lettre signée d'une soeur quia ‘fait le. tour de la France, . ee que dis-je; du monde entier :

; ne “Moyen, 4 septembre 1914.

oo, Mon cher Edouard. u.

J apprends la nouvelle que Charles et Lneien Sont morts dans

et à Jean, ils-sont morts aussi.. Rose est disparue.

Maman pleure. Elle dit que tu sois fort et que tu ailles les .venger.

re que tes chefs ne te refuseront pas cela. Jean avait eu

s nous ont tout pris. Sur onze qui faisaient la guerre, huit son rts. Mon cher frère, fais ton devoir, on'ne te demande /que ça.

Dieu t'a douné.la vie; il a le droit. de te da repren re. C’est maman. qui le dit! ‘

Nous t'embrassons | Étout à coeur; -quoique nous voudrions ; bién

D te revoir avant. Les Prussiens sont'iéi. Le fils Jandoh est mort. + Coubé, p. 220." . # D |

EC

et. ensanglantés: “A ce moment précis, écxitenl,: je n'ai . Pas eu peur..

a fait est tout naturel, car Ï fallait bien $ sauver ses catnarades, n' 'est-

Iais les mères ne sont pas Îles seules femmes de France à- être

de plus naturel? ‘Cés épouses,: ces flancées, ces soeurs, ce sont les

la journée dy 28 août, Eugène est blessé grièvement. Quant à à Louis.

à ch

ta

Pi

, : to Lo 1

Jls ont tout pillé. Je reviens de. Gerbeviller, af est. détruit. Les Mess lêches!” e Li -

Pars, mon frère, , fais le sacrifice de ta vie. Nous avons l'espoir .de te revoir, ear quelqüe chose comme un pressentiinent nous dit : d espérer. 7

Nous t’ einbfassons de. tout- coeur. Adieu et au revoir, si-Dieu le

\ permet. Lt ‘ ‘ ‘

N dettre : ne pensez-vous päs qu’on dira dans les siècles des siècles:

‘à 1 __". : Tes soeurs.

: C'est pôur nous ét poûr la Fréhee. me . ee : Songe à tes frères'et au grand-père én 70.’ De rar Sparte n’a rien “produit. de plus fort.’ st 2° Ami lecteur, si vous avez lu ces lignes | attentivement, n avez-vous ‘ es pleuré ? Et maintenant, supposez qué la France périsse et quAl + ‘ne reste rien d'elle, ni. “Bossuet, ni Corneïlle, mais seulement cette :

I] y a eu uhe race héroïquement chrétienne, une race qui attei- ‘+ .-

Les A gnit aux plus hauts sommets de la beauté morale, une race.sublime

su TA

deñces: .

‘jvee des mères sublimes et des-filles sublimes!’ Mais non, on ne

le dira, pas, car, vive Dieu! une pareille race a aussi des fils ‘sublimes .-

‘et ne saurait. mourir, "* Le . =... :. :

. Et les épouses?. Ecoutez ceci: FU

“Un jour à Mende un soldat se présente dans une sacristie et

f demande à un chanoine l’honneur de lui servir la messe. Après le e a saint sacrifice, le prêtre le remercie, et le brave en vient aux <onfi- LT

RE meme"

UeTé suis de B-—, Je suis ‘père de famille ; j'ai huit enfants, quatre garçons et quatre filles. Mes quatre garçons sont partis à l’armée, et moi, me voilà au dépôt de Mende, prêt à partir pour aller . les rejoindre. -

"Mais, Monsieur, lui dit le prêtre, on vous demande plus que le devüir, vous êtes. dispensé de droit.

—“‘Je sais bien, répond le militaire, et sa voix tremble légèrement, et son visage se voile dé tristesse. ,Je sais bien, mais voilà: un — de mes garçons a été tué à 1’ ennemi, et je me suis dit: ‘Ta place- ÉA à côté de ses frères pour le.venger,”” et je me suis ,enrêlé =" |

Etonné' par cette grandeur d'âme, qui semble s’ignorer et la ferveur de .ce patriotisme poussé jusqu "à l'exaltation, le prêtre, ému jusqu'aux larmes, réprend : motion

“Mon ami, je vous plains à à la “fois et je. vous admire. . Vous: avez dû beaucoup souffrir pour“vous dérober aux instances de vos et

os

filles et de votre femme me | 227

| vous ce qe m'a répondu ma femme, quand je lui ai fait part, de ma

"Mes filles sont résignées et -prient pour la France, et savez.

résolution: ‘‘Je crois que € ’est ton devoir; je n'aurais jamais eu le .* Coubé, p- 228. | . : .

Sue 4. . AS mA

- courage de te Te dire; mais s puisque Dieu t'a inspiré cette’ pensée, pars.

. C'est pour Dieu ‘et: ‘pour là.France.”* . :: Lure te .. Voulez-vous Un. exemple d’héroïsme: de. fäncéèt D Ter . . ‘Un soldat avait été âtteint-aux deux yeux. par: un. éclat d obus!

ilne voyait plus.. On lui fit espérer qu’avee le: ‘temps et des soinsla vue reviendrait. Maïs.la .vue ne revenait pas, Et le. maläde: co. meuça à soupçonrier: la réalité: ce ‘fut affreux. -°...- -53

‘Il pensait à sa fiancée. ” Îl ne voulut pas ‘qu ‘on. lui: ‘écrivit son” | malheur. 11 disait : ‘‘Si jéne dois pas retrouver la vue, il vaut mieux qu’elle me eroie mort.””.:Æit, sombre et-Silencieux,' il. rêvait à elle.

C'est alors qu “uñe amie des’ aveugles lui: expliqua à ‘quel ‘point

0296. LU LD SANG: FRANÇAIS, Fe 2 LU

. une rééducation ingénieuse peut suppléer pour les aveugles à la perte © : :

‘ de leurs yeux, et ‘commient beaucoup d’entre eux. ont pu. exercer ur

métier, gagner leur vie et . ...se marier! +. :: : Fi

Il se reprit à espérer. Il apprit à écrire avec un aidé-mai, à: * lire selon la méthode de Braille, à accorder des.-pianos et bien d’autres ‘choses. : Et un jour il éerivit à sa fiancée, lui à inonçant sà blessure,

‘lu disant que ‘‘hien entendu, il Jui rendait” sa\ parole, comprenant. nn

très bien” qu'il était impossible pour elle d’ épouser un aveugle . . .-

‘La réponse ne se fit pas attendré; élle fut ce qu’on pense,. un”. transport de joie: ‘Dieu soit loué! Vous êtes “vivant ; avec ou sans vos yeux, je suis et résterai toujours toute à vous.” 5, . En achevant d ’éntendré cette lettre, il dit simplemènt : x Main. tenant, cela ne me fait plus rien d’être svenglel" .

- ° . *X + 7% - tt Te à

| Puis: il x a. les mamans dont les fils sont ‘morts pour la patrie!

ot tt par elles soñt légion. Leur saérifice-n abat pas leur - ‘courage à et.le

. Fa

atriotismé. TLi’une d'elles a perdu deux, de ses fils sûr -trois ;

elle écrit au- troisèrne qui est en Amérique: “<Tés deux frères ont été. | * ; |

| tués ; reviens tout “suite, ou.ne:reviens jamais |”? o .

Le ‘Üne autre, uñe Parisienne; Mme de: "5 à perdu -S0n, fs, | engagé volontaire, à âgé dé dix-sept ans et demi. Elle écrit : vu te

‘Monsieur, jé voñis remercie très sincèrement : de Ja lettre que .-

vous avez bien voulw m° écrire, Merci surtout du soin ‘que VOUS. avez ‘pris de m’annorcer la “terrible nouvelle. qui m ‘accablé. . :

‘Dans. ce malheur effroyable, une -grande- consolation ne este. - Péndant dix-sept ans, j'ai ‘disputé. on fils à toutes’ sortes’ dë. .mala-

. dies. ‘J'avais pu ] -afracher à à la mort à force de soiüs constants. * Je 7

‘suis profondément fière. d’avoir réussi à le ‘conserver pour lui pér- # mettre de mourir” pour la patrié, Fe, +. - Une. mère entehd quelqu" un mettre ‘en doute a: vietoire .de la.

France. Elle frémit d ‘indigration et s’écrie: ‘‘Ah! que Dieü prenne :

M et

plutôt mon enfant, mais qu'il-nous donné la victoire! V7 Et, à quelque ? s. temps” de là,.son enfan tombait mortellément frappé.” ’ MA + Coubé, p. 233 . CT Pr cc

; . +tCôubé,.p. 242 te | tt

a - LE SANG FRANÇAIS

He è « Sant,

| Une. autre a perdu. son. fils aîné, Pierre! “lle demande à au colonel ‘ +, -du régiment de donner, la place yaçante à Son second fils, Serge. ©. ‘ “Ilcest juste, dit- ellé; qu’il prenne dans ce régiment la: place de ‘son rère.. -J’ai le; ‘presséntiment- que celui-là aussi” est’ perdu. pour* - moi: “I ‘est trop. courageux ‘et trop brave pour ne pas succomber,

Pierre est du, ciel. ‘ “Serge, j'en. ai la confiance, l'y suivra. :Nous les; : FU

y retrouverons tous.un jour: Et ce n’est pas trop de. saérifièr;" si Dieu.

. lé demande, deux de mes fils pour que la France soit sauvée.” "Ce

Un jéune‘soldat blessé : ‘a-été soigné dans- un hôpital militaire. et achève * ‘sa convalescence à Rodez, dans l'air natal 6 et. au milieu dés. __ ‘Soins affectueux de sa famille. .

AE …Sa‘mère réricontre une de ses ämies.

2217 Comment va votre fils? - Lt 3 Ù :.—Beantoup. mieux. “Les forces reviennent.

Trop vite sans: -doute. à votre-gré. Car, aussitôt. guéri, ü dévra CL ‘." retoürner au feu. Lei, il est à l’abri. D “ailleurs, il a ; bien fait: ‘son .. devoir.:: Chatün son tour! © :

. Comment; madame, si nous : ‘avons des enfants, C' est ‘pour là . . France. ‘Ce que j ai souffert, lorsque .L-—’est parti, -Dieu,seul le . sait; mais Dieu aussi donné. le .çouräge nécessaire. ‘Tenez, j'ai deux‘ -

‘ autres enfants, -je me plais à les regardér pleins de jeunesse, degrâce et de vigueur; il. me semble’ que dé. vois de: France. Ils sont la. leur ©

-:de 1 'espérance./#.. P,

Us : C’est là ce qui a fait dire à M. Je ames Milnè dans:la- “Forinightiÿ : ee Review” de novembre: Toute cette ‘tragédie’ aura Tortifié l'instinct . matronal. de la Française. | Elle ne pleure’ pas ses enfants. en. ferme. UT : qui 4 a perou D l° espoir, elle sait. espérer.” Pause me, ; Lit 4 * #2. - UT DE

--Jusqu’ aux grand’ mères . qui ‘gardent ' le patriotisme intact. t. ae

| jusqu? au.bout le vräi. caractère, de la femme française : : " “KC? est une jolie petite vieille, toute rose - encore s0us $ôn bonriet,

- ‘que nos soldats voient trottiner,' de son pas menu, insouciante du “

danger, parmi les rues de-ce. village du: front, le dernier qu’occupent :

. eñcore ‘quelques’ civils;- bien rarës, -car les obus 3: tombent dru. ..

“Autour ‘de cetté- “ancienne; volontiers,’ les “éroupes $ ’arrêtent

à causer. un brin, car, elle leur. parle. comme une ‘grand’ mère, . et les :

ae, ‘soldats qui font la guerre n’en ont pas beaucoup. de grand” mères. 7 Ut “Celle-ci a, vu là guerre de Septänte, ainsi qu’on dit en. langage © “lorrain. Elle ‘en à encore le souvenir poignant, bien que c'était peu” .de chose en comparaison d ‘aujourd’hui. . Des ublans faillirent la.” piétiner avec:leurs chévaux, alors qu ’elle nourrissait son “petiot. 2?

Des Bavarois billèrént sa cave, tuèrent ses poules et se coiffèrent, * effrontément, avec sà couronne de mariée. Et puis son homme, son.

É %. “cher “homme, parti séldat, fut tué d e balle'en à pleine poitrine. » Cut

UT * Coubé,-p, m8 ‘1. oo Moi es

… Qtand elle l'apprit; son regard chercha le regard du fils. ° prenaient. n - -

soixante-dix. ans.

En] SANG eau Er “Pour: son “petiot elle ut le courage de: vivré et 1! 'éleva, en lui

apprenant.la haïine‘des Allemands.

tous et qui, auraît: trouvé de gros’ ‘païtis; maïs ‘il préféra gâter sa

vieille mère; la fniettre.dans--<es meubles, de beaux meubles “tout noyer,”

’ en uñe maison £oquette,. au bord de l’eau.

Et il fallut que, de nouveau, la. ‘güérre revint, la même guerre.

Simplement, il dit:

—J'’ai quarante- cinq à &ns. "Je m engage.

—Va, petit, car il y a le père à venger.

Et l’angoissé-recommença' pour-elle, plus rude à. supporter, à

N'est-ce. pas, mamgn

brûler, suppliante, tandis qu ‘ils ricanaieñt, ces brutes!

Il Jui fallut vivre de la. chärité dés ‘voisins. Rien ne restait plus du nid qu'avait bâti la tendresse‘filliale.. Les. Allemänds. partirent,

. refoulés, maïs, ün matin; elle reçut une lettre qui lui apprit que son

fils était mort, face à l'ennemi. Le camarade qui ‘annonçait. ce malheur disait qu'il y avait eu. aiparavant, cinq Boches" ‘par terre.

Et, dans son: immeñse pêine, il y° “éut cette tumière : la certitude

‘que son mari était vengé. - Maïs, qui vengerait, l'autre, à. soi à tour Elle était seule main- ,

tenant . . %

Alors, elle pensa que‘ ce ‘poutrait. être l’oeuvre de tous les soldats. | Elle‘ y resterait exprès, malgré la

qui passaient par son. villäge.

destruction de sa demeure, malgré le-danger des obus, afin de se faire connaître d’eux, de sè mêler à &'eux, de vivre avec eux, de Jes adopter, en quelque sorte, un peu. tous et de les exciter à bien se battre.

Voilà pourquoi, dans. le petit bourg de M

vent ses mains usées. Hi Jamais elle n 'aécepte un. sou.

Elle fait mieux. Des tt 2

A tons elle parle mater ellément. ‘Elles les interroge sur : Jeur foyer, et, vonquis, ils lui ‘font: "vite leurs. confidences.

| À tous aussi elle recommande de faire de là belle besogne, à. bas sue “ ‘

Alors, ‘sa “voix: tremble un peu ... , LU.

Mais, . ‘afin que ces enfants,

s’attachent . à. elle” plus sûrement, —

cette femme” ‘qui: pourtant a tant souffert, a ‘tant perdu,-non pas .

däns une guerre. mais dans deux fait F effort de ne pas $e montrer

et

a devirit un joli gars, estimé de.

. Ils se com-

Les Bavarois revinrent plus ‘terribles encore que : les autres, car, sans motif, ils lui brûlèrent sa maison, qu’elle. régarda

, à huit kilomètres des canons allemands, -éette bonne vieille est populaire parmi les: troupes. qui-s'y succèdent. pour 'cantonner. : ploie à‘leur être “utile, raécommodant; {blanchissant, autant que peu-.

De son mieux, elle s’em- -

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