d. . oo
* Malgré toutes les tempêtes essuyées par le Canada, quelques centaines de colons français, ear nous craindrions d'exagérer en disant quelques milliers, s'étaient accrus jusqu'au nombre fort peu-important en Europe de soixañte-dix mille ämes environ à la conquête. Aujourd’hui, après un siècle, le chiffre est de 850,000 âmes; et ce peüple s'est accru de lui-même, sans secours étranger, dans sa foi religieuse et sa nationalité. Pendant cent cinquante ans, il a lutté contre les colonies anglaises, trente ou quarante fois ‘plus populeuses, et son histoire nous dit comment il s’acquittait de son devoir sur le
‘champ de bataille. u NS ,
Quoiqñe peu riche et peu favorisé, il a montré qu'il conserve quelque chose de la noble nation dont il tire son origine. Depuis la conquête, sans se laisser distraire par les déclamations des philosophes ou des rhéteurs sur les droits de l’homme et autres thèses qui amusent le peuple des grandes villes, il a fondé toute sa politique sur sà propre conservation. Il était trop peu nombreux poûr prétendre ouvrir une voie nouvelle aux sociétés, ou se mettre à la tête d’un mouvement quelconque à travers le monde. Il s’est resserré en lui-même, il a rallié tous ses enfants autour de’ lui, et a toujours craint de perdre un usage, une pensée, un préjugé de ses pères, malgré les sarcasmes de ses voisins. C’est ainsi qu'il a conservé jusqu'à ce jour sa religion, sa langue—et un pied à terre à l’Angleterre dans l'Amérique du Nord en 1775 et en 1812. Ce dernier résultat, alors funeste en apparence à la république des États-Unis, n'a pas eu pour elle les mauvaises suites qu’elle en appréhendait. Le drapeau royal anglais flottant sur la citadelle de Québec a obligé la- jeune république de se conduire avec prudence, de ne marcher en avant que pas à pas, au lieu de s'élancer comme un cavale sauvage dans le désert. Au reste, ce n’est pas par le grand nombre de ceux qui le composent que l’on juge du génie d’uri peuple, mais par ses qualités. Les Grecs et les Romains n'ont atteint qu’un chiffre d’âmes relativement peu élevé, et les Hindous et les Chinois, se comptent aujourd’hni par centaines de millions. - mt, . ‘
- Les Canadiens-français forment un peuple de cultivateurs, dans un élimat rude et sévère: -Ils n'ont pas, en cette qualité, les manières élégantes et fastueuses des populations méridionales ; ais ils ont de la gravité, du caractère et de:la persévérance. Ils en ont donné.des
preuves -depuis qu’ils sont en Amérique, et nous sommes convaincu v - « ;
ne vous a ni abandonnés, ni vendus, votre excellent historien Garneau, auquel j'ai . emprunté bien des notes, nous rend justice; il reconnaît que ‘im perte du Canada {ut vivement ressentie en France où le’ peuple éxclu du gouvernement fut peiné de: voir tant de sang versé inutilement. A la‘céur on né s'en oceupa plus.” Retenez bien ceci: la France n'existait pas, le peuple n'avait pas voix délibérative, il n'avait qu’uñ droit, celui de suer pour fournir l'argent qu’un monarque avide de jouissances
+- jetait sans compter aux: pieds .de ses maîtresses, et de verser jusqu’à la: dernière . goutte de son Sang pour ce maître qui pouväit dire: “L'Etat, la France, c'est moi!’
C'est la volonté d’un. François Ier qui fit découvrir le Canada, c'est par les soins.
" «intelligents d’un Henri IV qu'il fut développé, et c'est par le triste monarque qui
étalait cyniquement ses vices sur le trône de France et s'écriait dans son sénil
“égoïsme: ‘Après moi le déluge!” que le Canada fut séparé,de la France. C’est donc:
à Louis XV, surnommé, oh ironie!*le Bien-Aimé, que doivent. aller vos ‘reproches, vos rancoeurs et votre mépris!'"—Mme A. Congfantin: ‘L'Ame Française” (Inédit). és: .È
que ceux qui liront Jeur histoire de bonne foi reconuaîtront qu'ils se sont montrés dignes des deux grandes nations aux destinées desquelles leur sort s'est trouvé ou:se trouve encore lié.
‘ Au reste, ils n'auraient pu être autrement sans démentir leur
‘origine. Normands, Bretons, -Tourangeaux, Poitevins, ils descendent
de cette forte race qui marchait à la suite de Guillaume le Conquérant, et dont l’esprit, enraciné ensuite en Angleterre, a fait des habi- ‘tants de cette petite île une des premières nations du monde; ils viennent de cette France qui se tient à la tête de la civilisation européenne depuis la chute de L'empire romain, et qui, dans la bonne comme dans la mauvaise fortune, se fait toujours respecter’; de cette France qui, sous ses (Charlemagne comme sous ses Napoléon, ose appeler toutes les nations coalisées à des combats de géants; ils viennent surtout de cette Vendée normande, bretonne, angevine, dont le monde à jamais respectera le dévouement sans bornes. pour les objets de ses . sympathies, et dont l'admirable courage a couvert de gloire le drapeau qu'elle avait levé au milieu de la révolution française.
Que les Canadiens soient fidèles à eux-mêmes; qu'ils soient sages et pèrsévérants; qu'ils ne se laissent point séduire par le brillant des nouveautés sociales et politiques! Ils ne sont pas ässez forts pour se donner carrière sur ce point. C'est aux grands peuples à faire l'épreuve des nouvelles théories: ils peuvent se donner toute liberté dans leurs orbites spacieuses. Pour nous,,une partie de notre force vient de nos traditions; ne nous en. éloignons ou ne les changeons que graduellement. Notre sagesse et notre ferme union adouciront beaucoup nos difficultés, et, en excitant leur intérêt, rendront
notre cause plus sainte, aux yeux des nations.”
JE hé Saiÿfhis vous laisser sur une meilleure impfession de Québec que la grän e-leçon contenüe dans ces belles pages de son grand historien. elles Hvre donc à votre méditation.
Re”
Le
Page . —19ème 4— 4ème 6—2%me 7—11ème 5 —£29ème 9— lère © —45ème
11 7ème 12—30ème
14—39ème 23— lère 24— jère —Ht+ème 29—45-46ème:* 30—46ème “31—-21ème 35— 2ème rllème —25ème 36— 6ème — 8ème 37— 3ème - —39ème 40-— 4ème —26ème 41--20ème —29ème.
42— 5ème di—11ème 48— 3ème —£28ème 49— 8ème 50— 5ème 53— 14ème 54—45dme 57—-34dme . —19ème 61— 2ème 63—17ème 65—33ème 71--45ème 76—36dme 77—32ème 78—]19ème —40- 1ème ë 83—13èdme 89— 5ème 90<-17ème —25ème
92—45ème
, 105— ère |
2— 9ème ligne...
LR s0 «4 “6 €6 &t #6 ce £e “4
“€ CS cé La se «€
La LA cé
se
se
«c ce té
La te dé ce cé [A4 té té LR] sé
NT
“ec