VI. Du principe vital du sang
Jusqu'à présent, j'ai étudié le sang d'après la méthode conmnme ; mais toutes ces recherches ne peuvent rien expliquer dans l'économie animale, si l'on ne peut les rattacher à quelque principe qui fasse connaître la nature des connexions de ce 11-
quide avec les solides vivants dans lesquels il se meut, qu'il forme, et dont il entretient la vitalité. Si nous trouvons que ce principe est semblable K la vie dans les solides, nous aurons dès lors une idée de Pharmonie qui existe entre les solides et le sang, et nous l'appellerons le <( principe vital » du sang. Si nous n'admettions un tel principe, nous aurions agi dans les investigations auxquelles nous venons de nous livrer, comme si nous eussions disséqué un cadavre sans établir aucun rapport entre lui et le coiips' vivant, ou même sans savoir qu'il ait jamais été doué de la vie. Mais dans la description que j'ai donnée du sang, on a dû remarquer que je tenais en réserve une propriété de ce liquide, qui, jusqu'à présent, n'a point été expliquée. En effet, en traitant de la coagulation de la lymphe coagulante, je n'ai pas été aussi complet dans l'exposition des faits que j'aurais pu l'être. Comme le principe en question est manifesté par plusieui*s phénomènes relatifs à la coagulation et à la noncoagulation du sang, j'ai cru devoir en traiter ici en partie ; mais, dans cette occasion, je ne serai pas aussi complet que si j'écrivais « ex professe » sur ce sujet; car mon intention est plutôt de chercher à faire conjprendre certains phénomènes visibles de l'économie animale, et en particulier les maladies qui font l'objet de cet ouvrage, que de me livrer à une discussion approfondie sur le principe vital du sang. Je réserve le développement de ma doctrine pour les parties de ce traité qui se-
ront consacrées aux sujets que je viens d'indiquer ; ainsi, les explications et les preuves seront répandues dans Touvrage, et, par ce moyen, elles pénétreront avec plus de force dans Tesprit.
D'après plusieui*s circonstances qui conceinent le sang, ce liquide paraît être le plus simple de toas les corps doués de la vie que nous connaissions. La vitalité du j^ang est une opinion que j'ai émise il y a plus de trente ans, et que j'ai enseignée dans mes leçons pendant près de vingt années- Je la présente donc maintenant, non comme une idée nouvelle, mais comme une doctrine qui a eu déjà tout le temp?j de soulever une opposition considérable et d'acquérir aussi des partisans.
Concevoir que le sang eét doué de la vie, lorsqu'il est en circulation, c'est peut-être aller jusqu'aux limites les plus reculées auxquelles l'imagination puisse atteindre sans s'égarer. Mais la difficulté naît simplement de ce que le sang est liquide, l'esprit n'étant point accoutumé à l'idée d'un liquide vivant Cette notion peut donc être obscure au premier abord, et c'est une raison pour que je^ sois très circonstancié dans l'exposé que je vais en faire; cependant les lumières que jettera sur elle la description que je donnerai de l'inflanmiation enti'aîneront peut-être la conviction avec plus de force que tout autre argument, lors même qu'il serait fortement soutenu par des faits. Il me paraît assea étonnant que cette idée n'ait pas frappé de bonne heure les médecins observateurs, attendu l'impur-
tance qu'ils ont accordée aux caractères extérieurs de ce liquide dans les maladies; il est probable, en effet, qu'aucune autre partie de réconomie animale n'exprime la maladie d'une manière plus précise que Je sang. Et cependant, suivant eux, de tels signes seraient fournis par un liquide, comment l'appellerai- je? un liquide animal mort, sur lequel une maladie des soMes aurait un effet si caractéristique! Je crois que c'est donner trop aux solides, et trop peu aux liquides!. Quand on a pris suffisanmient connaissance de toutes les circonstances qui concernent le sang, on n'éprouve plus autant de difficulté à concevoir que la vie réside en lui, et même, une fois cette idée conçue, je ne vois pas comment on peut penser qu'il en soit autrement, quand on considère que toutes les parties émanent du sang, que notre accroissement a en lui son point de départ, et que, s'il n'a pas la vie préalablement àJ cette opération, il faut alons qu'il l'acquière dans l'acte ide la formation des parties; car personne ne nie la vitalité des parties, une fois qu'elles sont formées.
L'idée que nous nous faisons de la vie est tellement liée à celle d'un corps organisé, et surtout d'un corps organisé doué d'une action visible, qu'il faut imprimer un nouveau pli h l'esprit pour l'amener à concevoir que ces deux choses ne sont point inséparables. Ce n'est que depuis cinquante ans qu'on admet que le caJ des os est doué de la vie.
Mais je tâxîherai de démontrer que rorganisation et la vie ne dépendent pas le moins du monde Tune de l'autre; que l'organisation peut prendre naissance dans les parties vivantes et produire l'action, mais que jamais la vie n'a son origine dans l'organisation et n'en dépend. Un organe est un arrangement particulier de matière (quelle que soit d'ailleurs cette matière) qui est destiné à remplir un usage déterminé, et dont l'opération est méca nique: mais l'organisation seule ne peut rien, m<>me dans les machines; il faut encore qu'il y ait avec elle quelque chose qui soit l'équivalent d'un principe vital, c'est-à-dire une force. Depuis longtemps je soupçonnais que le principe de la vie n'est pas entièrement limité aux animaux, c'est-à-dire, à la matière animale douée d'une organisation visible et d'un mouvement spontané, je concevais que le même principe devait exister aussi dans des substances animales q.ui ne possèdent point l'organisation et le mouvement apparents, et où il n'existe qu'une simple force de conservation.
Je fus porté à cette notion vers l'année 1755 ou 1756, lorsque je m'occupais de faire représenter par des dessins le développement du poulet dans le phénomène de rincubation. Je remarquai alors que, dans tous les œufs qui éclosaient, le jaune, qui ne diminue point pendant le temps de l'incubation, était toujours parfaitement conservé jusqu'à la fin; et que la partie de l'albumine qui n'est pas consom mée dans l'accroissement de l'animal, quelques jours
avant P^losion, était légalement ^conservée, bien que ces deux substances fussent soumises à une température de 103^ Fahr., pendant trois semaines dans l'œuf de poule, et pendant quatre dans celui de cane. Cependant, si Tœuf n'éclosait pas, ces substances devenaient putrides à peu près à la mémo époque où toute autre substance animale morte le serait devenue. L'œuf est donc doué d'une force de conservation piroprfe, ou,! en d'autreis termes, du I)rincipe simple de la vie. Voulant déterminer jusqu'à quel point l'œuf pourrait soutenir d'autres épreuves tendant à démontrer en lui l'existence du principe vital, je fis les expériences suivantes.
Ayant soumis un œuf récemment pondu à un froid d'environ zéro (Fahr.) qui le gela, je le fis ensuite dégeler. Je pensais que cette opération devait avoir détruit la force de conservation de l'œuf. Je plaçai de nouveau cet œuf dans le m^ange réfrigéria^nt, îconjd|([ntement lavec ,un œuf fraijcliement pondu. La différence dans la durée de la congélation fut de 7 minutes et demie; Pœuf frais ndt tout ce temps de plus que l'autre à se geler.
Un autre œuf frais fut placé dans une atmosphère froide, variant entre 17 ;et 15« .'Fahr. Il lui fallut plus d'une demi-heure pour se geler; mais, après avoir été dégelé, il fut placé dans une atmosphère à 25° (Fahr.), c'est-à-dire, de neuf degrés moins froide, et il se gela en moitié moins de temps: cette expérience fut répétée plusieurs fois avec un résultat semblable à peu de chose près.
Je fis les expériences suivantes dans le but de déterminer les températures relatives d'un œuf mort et d'un œuf vivant, et pour constater en même temps si un œuf vivant est soumis aux mêmes lois que les animaux les moins parfaits.. Un œuf frais et un œuf qui avait été gelé, puis dégelé, furent placés dans un mélange réfrigérant à 15® Fahr. L'œuf dégelé descendit rapidement à 32® Fahr., se tuméfia et se congela. L'œuf frais s'abaissa d'abord à 29® et demi i^'ahr., et, 25 ndnutes après l'œuf mort, il remonta à 32®, puis il commença à se gonfier et à se geler. Cette expérience donna donc sur l'œuf frais un résultat semblable à celui qu'on obtient en agissant de la même manière sur la grenouille, l'anguille, l'escargot, etc., chez lesquels la vie i)ermet l'abaissement de la température jusqu'à 2® ou 3® au-dessous du point de congélation, et résiste à tout abaissement ultérieur. Mais dans l'œuf, comme chez ces animaux, les forces de la vie sont épuisées par cet effort, et ensuite les parties se congèlent comme tout autre matière animale morte.
Ce principe n'appartient point exclusivement à la vie; on le retrouve dans plusieurs autres cas. On a observé que l'eau peut se trouver dans des conditions telles, que sa température puisse s'abaisser au-dessous du degré de la congélation sans qu'elle se gèle; mais qu'au moment même où elle commence à se geler, sa température s'élève à 32® Fahr, (c'est-à-dire, à zéro Réaumur).
Dans mes expériences sur la chaleur des végé-
taux, j'ai observé que la sève se gèle à 32« Fahr., lorsqu'elle a été retirée de ses vaisseaux; cependant riiiver, au moment de la forte gelée. H me mêmes descendre jusqu'à 15^ Fahr., sans que la sève y fût gelée.
De ces expériences, il résulte que l'œuf récemment pondu a la puissance de résister à la chaleur, au froid et à la putréfaction, au même degré que plusieurs des animaux les plus imparfaits, qui, soumis aux mêmes expériences, présentent des phénomènes exactement semblables; et il est plus que probable que cette puissance émane du même principe, chez les uns et chez les autres.
Des expériences semblables ont été faites sur le sang. Une certaine quantité de sang ayant été gelée, puis dégelée, a été gelée de nouveau conjointement avec une même quantité de sang nouvellement recueillie sur la même personne, et la portion qui avait été gelée déjà une fois fut gelée beaucoup plus vite que le sang nouvellement tiré de ses vaisseaux.
Toutes les expériences que j'avais faites sur la congélation des animaux, dans le but de voir s'il était possible de rétablir les actions de la vie en faisant dégeler les sujets sounds à la congélation, avaient été exécutées sur des animaux entiers, et jamais je n'avais vu la vie revenir quand ceux-ci avaient été dégelés; je voulus donc déterminer jusqu'à quel point les parties sont semblables, sous ce rapport, à l'ensemble de l'économie vivante, d'au-
tant plus qu'on avait affirmé, et même avec quelque autorité, que des parties du corps hiunain peuvent être gelées et recouvrer la vie ensuite; dans ce but, je fis les expériences suivantes sur un animal de la même classe que l'honmie.
Dans le mois de Janvier 1777, je mêlai du sel et de la glace jusqu'à ce que la température produite fût environ de zéro (Fahr.), dans .im vase muni, sur le côté, d'un trou par lequel j'introduisiB l'oreille d'un lapin. Pour que la chaleur de cette partie fût enlevée aussi vite que possible, l'oreille fut tenue entre deux pièces de fer aplaties qui pénétraient plus avant que l'oreille dans le mélange réfrigérant. L'oreille resta dans le mélange à peu près une heure; au bout de ce temps, la partie qui plongeait dans le vase était devenue roide. Après qu'on l'eû,t retirée, on y fit des incisions, et il ne s'en écoula pas de sang. On en coupa avec une paire de ciseaux un fragment, qui tomba d'entre les lames comme un copeau dur. Bientôt après, l'oreille se dégela, commença à saigner, et devint tellement flasque qu'elle se repliait sur elle-même, ayant i)eTdu son élasticité naturelle. Une heure après qu'on l'eût retirée du mélange, elle devint chaude, et cette chaleur augmenta d'une manière considérable; elle commença aussi à ise tuméfier par îsuite de l'în;-* flammation qui s'y alluma, tandis que l'autre oreille conservait sa température ordinaira Le lendemain^ Toreille gelée était encore chaude; elle conserva sa chaleur et sa tuméfaction pendant plusieurs jour^»
Environ une semaine après cette opération, le mélange réfrigérant contenu dans le vase étant le même que dans l'expérience qui vient d'être décrite, j'introduisis par le même trou les deux oreilles du même lapin, et je les fis geler toutes lej» deux. Cependant, l'oreille saine se gela la première, probablement parce qu'elle était beaucoup plus froide que l'autre au commencement de l'expérience, et aussi, peut-être, parce que ses forces vitales \ne furent pas stimulées aussi facilement que celles de l'autre. Après avoir été retii^s, elles se dégelèrent promptement toutes les deux et devinrent chaudes, et la seconde oreille se tuméfia comme avait fait l'autre la prendère fois. Ces changements ne s'opèrent pas toujours aussi promptement, car, ayant soumis un autre lapin à la même expérience, et ayant tenu son oreille dans le mélange réfrigérant jusqu'à ce qu'elle fût devenue aussi dure qu'une planche, je remarquai qu'elle fut plu» longue à se dégeler que dans l'expérience précédente, et qu'il s'écoula beaucoup plus de temps avant que sa température s'élevât; cependant, au bout d'environ deux heures, elle devint un peu chaude, et le jour suivant sa' chaleur ;<était ;oonlsidérable, puis elle se tuméfia.
Dans le printemps de l'année 1776, je remarquai que les crêtes des coqs que j'avais à la campagne étaient molles; que leur bord était uni, et qu'elles étaient moins larges qu'auparavant, de sorte qu'il semblait qu'on en eût excisé près de la moitié. Je
m'informai de la cause de cette particularité, et mon domestique me dit que cela avait ét^ commun pendant l'hiver, au ^moment de (La forte giel<^ H 'ia9 fit observer que les crêtes avaient été en partie frappées de mort, et que la partie morte avait fini par tomber; la crête d'un de ces coqs était même tombée entièrement. Je ne pus m'assurer par moimême de cette dernière circonstance, parce que le coq, par suite d'im accident, s'était brûlé et était mort. J'expliquai naturellement cette altération en admettant que les crêtes avaient été gelées an moment du grand froid et avaient en conséquence perdu leur vitalité. Je voulus éprouver par la voie expérimentale la solidité de mon raisonnement. J'essayai de geler la crête d'un jeune coq très fort; mais je ne pus gel^r de cette crête, qui avait beaucoup de largeiu', que le rebord 'dentelé, dont lesi dents avaient bien un demi-pouce de long. Quant à la crête elle-même, comme elle était très épaisse et très chaude, elle résista au froid. Les parties gelées devinrent blanches et dures, et, lorsque j'en coupai un petit morceau, il ne s'écoula point de sang, et l'animal ne manifesta aucun signe de douleur. Je plaçai ensuite dans le mélange réfrigérant un des barbillons charnus du coq qui étaient très larges et très minces; il gela très facilement. Lorsque les parties gelées de la crête et le barbillon hb dégelèrent, ils devinrent chauds, mais ils prirent une couleur pourpre, et avaient ,perdu la transparence qui persistait dans les autres parties de la
crête et dans l'autre barbillon: la plaie de la crête saigna alors largement. jCes deux parties se rétar blirent parfaitement dans l'espace d'un mois: la coloration naturelle reparut d'abord auprès des parties saines, et fit graduellement des progrès jusqu'à ce (que le tout eût repris un aspect noimal. Voyant que la congélation des solides et du saug ne détruisait la vie ni dans les premiers ni dans le second, qu'elle ne rendait point impossible le retour des actions liées à l'organisation, et qu'elle n'empêchait point le sang de recouvrer sa liquidité, je pensai qu'il devait en être de même de la vitalité, de chaque partie du corps. Ainsi donc, ce qui affecte la vie dans une partie doit aussi l'affecter dans une autre, bien qu'à des degrés différents sans doute; car, dans ces expériences, le sang était dans les mêmes conditions que les solides, et il conserva sa vitalité, c'est-à-dire que, quand les solides et le sang eurent été gelés et ensuite dégelés, ils se trouvèrent capables d'accomplir leurs fonctions.
J'ai fait les expériences suivantes de la même manière sur des muscles vivants, afin de voir s'il en est pour les contractions des muscles vivants, après la congélation de ces muscles, comme pour la coagulation du sang.
Un muscle de la cuisse d'une grenouille ayant été enlevé avec une portion de son tendon, fut placé immédiatement entre deux pièces de plomb et exposé à un froid d'environ dix degrés au-dessous de zéro (Fahr.). Au bout de cinq minutes, il
fut retiré; il était alors entièrement dur et blanc Ayant été dégelé graduellement, il devint plus court et plus épais que tandis qu'il était gelé; mais il ne se contracta point lorsqu'on l'irrita; cependant, pour peu qu'on l'allongeât mécaniquement, il se contractait de nouveau, et l'expansion aponévrotique qui le recouvrait présentait des rides: quand le stimulus de la mort eut lieu, il devint encore plus court.
Une portion longue de trois pouces fut prise sur l'un des muscles droits -du cou d'un jeune bœuf, immédiatement après le coup qui venait de l'assommer, et on l'exposa pendant quatorze minutes entre deux pièces de plomb à un froid au-dessous de zéro (Fahr.). Après cet espace de temps, elle était gelée au point d'être extrêmement dure, elle était devenue blanche, et n'avait plus que deux pouces de long. On la fit dégeler graduellement, et environ six heures après qu'elle eut été dégelée, elle se cofntracta au point de îne plus avoir qu'un pouce de longueur; mais, en l'irritant, on ne déteimina aucun mouvement sensible de ses fibres.
Ainsi, les liquides de ces muscles furent gelés de manière à faire cesser tout pouvoir de contraction dans leurs fibres, sans cependant détruire leur vitalité, car, après qu'ils eurent été dégelés, ils manifestèrent la même vitalité qu'auparavant. Cela est exactement semblable à ce qui a lieu quand on fait geler du sang avant qu'il soit coagulé; le sang se coagule ensuite après avoir été dégelé. Dans le
premier cas, si les muscles se contractent, et dans le second, si le sang se coagide, cela dépend de ce que la vie de la partie n'a pas été détruite.
Dans l'histoire de la coagulation de la lymphe, j'ai fait remarquer qu'une chaleur de 120<» (Fahr.) fait naître cette action dans ce liquide: pour m'assurer si la contraction musculaire est semblable, sous ce rapport, au phénomène de la coagulation, j'ai fait l'expérience suivante.
Sur un mouton qui venait d'être tué, j'excisai, dès qu'on eut enlevé la peau, un fragment musculaire carré, qui fut ensuite divisé en trois^ morceaux dans la direction des fibres; ces trois morceaux furent plongés dans trois bassins pleins d'eau, à des températures différentes, savoir: l'un à 125^ (Fahr.), environ 23® au-dessus de la température de l'animal; le second à 98®, température égale à celle de l'animal; et le troisième à 55®, euAnrou 43® au-dessous de cette température. La portion musculaire placée dans le premier bassin, dont l'eau était à 125®, se contracta immédiatement, devint plus courte d'un demi-pouce que les deux autres, et se montra dure et roide. La portion placée dans le bassin dont l'eau était à 98®, conmiença à se contracter et à devenir roide au bout de six minutes; après vingt minutes, elle était presque aussi dure que la précédente; mais il y avait encore une différence. La portion placée dans le bassin dont l'eau était à 55". commença, au bout de 15 minutes, à se raccourcir -et à devenir dure; au bout de 20 minutes, elle était
presque aussi courte et presque aussi dure que la seconde. Après vingt-quatre heures, elles offraient toutes trois la même longueur et la même rigidité.
On voit donc encore ici la coagulation du sang et la contraction des muscles se comporter de la même manière sous Tinfluence des mêmes circonstances, et cela, selon toute apparence, en vertu du même principe, la vie.
S'il était encore difficile de concevoir comment peut être doué de ,1a vie un corps qui est à l'état liquide, dont les parties sont constamment en mouvement les unes sur les autres et changent sans cesse leurs rapports, soit les unes à Tégard des autres, soit avec les diverses parties du corps, et qui peut perdre une partie de sa propre substance sans être affecté lui-même et sans que l'écononde le soit, voyons s'il est difficile aussi de concevoir im corjis qui soit composé de telle sorte qu'il fasse an tout parfait de lui-même, n'ayant point de parties dissimilaires, et présentant dans une petite masse les mêmes propriétés que sous un gros volume. Enlever une certaine quantité d'un, corps qui présente de telles conditions, ce n'est point le priver d^une partie constituante, c'est-à-dire, d'une partie dont l'existence du tout dépende, dont la présence soit nécessaire pour constituer le corps en question, c'est seulement retrancher \me portion de la masse totale, ce qui n'empêche point que la masse restante ne présente les mêmes qualités que l'ensemble, et, sous ce rapport, il n'y a ici rien qui dif-
fère de Topération par laquelle on retranche d'un tout, qiuelle qu'en soit Ja nature, une quantité plus ou moins grande. On peut, sans efforts pour Pimagination, trouver une « illustration )> parfaite des considérations qui précèdent, dans le phénomène de la réunion par prendère intention. La réunion par première intention est une harmonie sympathique immédiate qui naît entre des parties divisées, lorsqu'elles sont mises simplement en contact; c'est cette sympathie que j'appelle <c sympathie de contiguïté ». Dans ce cas, il n'est pas nécessaire que les pai-ties de même nature soient opposées les unes aux autres, car, s'il en était ainsi, l'harmonie, et par conséquent la réunion, ne se produiraient jamais. Il est seulement nécessaire que les deux parties soient vivantes, et qu'elles puissent être transportées définitivement d'un être vivant à un autre, sans qu'il en résulte aucune lésion pour l'un ou pour l'autre, c^est-à-dire sans exciter aucune irritation, et sans que l'ensemble cesse d'être aussi parfait qu'auparavant. Le corps ne peut point non plus être affecté par le mouvement d'une partie vivante sur )une autre, parce que toutes ses parties bont semblables et en harmonie les unes avec les autres. Il en est exactement de même pour le sang: les mouvements qu'il exécute, soit sur lui-même, soit sur le corps, ne peuvent affecter ni le corps ni lui-même, parce que toutes ses parties sont semblables entre elles.; C'est ce qui a jlieu pour toute substance dont les propriétés dépendent de la com-
position (intime, et non de la structure ou de la* conflgnration; en effet, l'eau est toujours de l'eau, soit que ses parties se meuvent l'une sur l'antre, soit qu'elles restent en repos; nne petite portion de ce liquide jouit des mêmes propriétés que la masse totale, et est, dans le fait, nn tout plus petit. Une des grandes preuves de la vitalité du sang se puise dans les circonstances qui affectent sa coagulation. Pour le moment nous avons seulement à expliquer les principes sur lesquels ces circonstances sont fondées, et il sera nécessaire jusqu'à un certain point de les récapituler. Mais ce qui sans doute fera naître dans l'esprit la plus forte conviction. ce sera l'application du principe de la vitalité du sang & l'étude des maladies, et spécialement à celle de l'inflammation. Tant que le sang circule, il est soumis à certaines lois qui ne le régissent point quand il n'est pas en circulation. Il a la faculté de conserver sa liquidité; j'ai fait connaître ce fait lorsque j'ai traité de la coagulation du sang; en d'autres termes, le principe vital du corps a le pouvoir de conserver le sang dans l'état de liquide. Ce phénomène n'est pas l'effet du mouvement seul; car, cliea les animaux dont la température est plus basse, lorsque pendant l'hiver ils sont dans un état presque semblable à la mort, que leur sang se meut avec une extrême lenteur, et paraît se borner à conserver la simple vie animale dans toute l'étendue du corps et à entretenir la dépendance qui existe entre le sang et le corps une fois formé, le sang
ne se coagule point pour accomplir ces objets. Si le sang n'était pas doué du principe vital, il serait à regard du (corps vivant comme une matière étrangère. Le sang n'a pas seulement la vie pour luimême, il est encore le soutien de ia vie dans toutes les parties du corps, car, dès que la circulation s'arrête dans une partie quelconque, cette partie est prise immédiatement de gangrène. Or, cette gangrène n'est rien autre chose que la mort des tissus vivants par suite de la cessation du renouvellement du sang. Ce fait démontre qu'il n'est aucune partie du corps que l'on puisse considérer comme ime substance vivante complète, capable de produire et de continuer la simple vie, sans le sang; de sorte que le sang est une paiHe de l'ensemble^ sans laquelle la vie ne commencerait ni ne serait continuée.
C'est une chose qui peut paraître extraordinaire au premier aspect, quand on considère que les jjarties, aussi bien que le tout, sont complètement formées en elles-mêmes et reçoivent des nerfs qui sont supposés donner la vie animale. Et pourtant cette partie vivante parfaite, ou ce tout vivant parfait, ne tarde point à mourir, par cela seul que le sang cesse de se mouvoir à travers les vaisseaux; toutefois, je ne saurais dire lequel des deux meurt le plus promptement, ou du sang soustrait à l'influence du corps, ou du corps privé de sang. La vie est donc conservée par la réunion de ces deux éléments, et un animal n'est point parfait sans le sang. Mais
Cliez les animaux tués par la foudre, et ches ceux qu'on tue au moyen de l'électricité, les muscles ne se contractent point. Cela provient de ce que la mort est produite à l'instant même dans le» muscles, qui, en conséquence, ne peuvent plus être aiïectés par aucun stimulus, et, en particulier, par le stimulus de la mort. Dans ces cas, le sang ne se coagule point. Chez les animaïux que l'on chasse à courre avec beaucoup de vigueur, et que l'on tue dans cette chasse, ou, ce qui produit un effet encore plus évident, chez *ceux que Von court jusqu'à la mort, les muscles ne sont point contractés, et le sang ne se coagule point. Cet effet, tant pour les muscles que pour le sang, est en proportion de l'intensité de la cause.
Je fis courir deux daims jusqu'à ce qu'ils vinssent à tomber de fatigue et à mourir. Chez aucun des deux les muscles n'étaient contractés ni le sang coagulé.
Il est plusieurs genres de mort après lesquels on ne voit ni les muscles se contracter, ni le sang se coaguler. Dans quelques cas, les muscles se contractent, tandis que le sang reste liquide; dan» quelques autres, c'est le contraire; dans d'autrea enfin, le sang se coagule seulement jusqu'à la consistance de crème.
Un coup violent porté sur l'estomac tue immédiatement; alors les muscles ne se contra^^tent point: et le sang ne se coagule point. Les morts qui sont, de nature à empêcher soit la contraction des mus-
clés, soit la coagulation du sang, sont, je croîs, toujours subites. La mort qui est causée par un accès subit de colère est de cette espèce. Dans tous ces cas, le corps se putréiie peu de temps après la mort. Dans beaucoup de maladies, si Ton obsei*ve avec soin, on trouve cette corrélation entre les muscles et le isang; en effet, dajis les cas où il 3' a une grande énergie d'action, les muscles se contractent énergiquement après la mort, et le sang se coagule fortement.
Je ne pense pas qu'il soit nécessaire de rappor- 4ier des exemples particuliers des effets de chacune de ces causes; il suffit que j'affirme que je les ai tous vus. n est une évacuation sanguine naturelle, la menstruation, dans laquelle le sang ne ressemble ni au sang tiré d'ime veine de la même personne, ni à celui qui s'extravase, par l'effet d'une lésion accidentelle, dans toute autre partie du corps, maïs constitue une espèce de sang modifié, séparé ou rejeté de la masse conmiune par une action des vaisseaux de l'utérus, action qui paraît semblable à celle de la sécrétion, et par laquelle le sang perd lo principe de la coagulation, et, je le suppose, sa vitalité.
La déduction naturelle de tous ces faits et de toutes ces considérations me paraît parfaitement claire; il est impossible de ne pas la saisir.
Ce principe vital du sang, que je me suis efforcé de démontrer semblable dans ses effets au principe vital des solides, doit son existence à la même ma-
tière qui appartient à ce dernier, c'est-à-dire, au « materia vitsB diffusa », dont chaque partie de Véconomie vivante a sa part. Cette matière est, en quelque sorte, répandue dans tous les solides et dans tous les liquides; elle en est une pai*tie constituante nécessaire, et forme avec eux un tout parfait; c'est à elle qu'ils doivent leur force de conservation, leur susceptibilité pour les impressions; elle leur donne, en raison de leur structure, leur action réciproque consécutive. C'est cette matière qui compose principalement le cerveau; or, lorsqu'il y a un cerveau, il faut nécessairement qull y ait des parties qui le mettent en connexion avec le reste du corps: ce sont les nerfs; et, conmie les usages des nerfs sont de continuer, et, par conséquent, de porter l'impression ou l'action du « materia vitae » qui est répandu dans tout le corps à, celui qui est amassé dans le cerveau, ces parties de communication doivent nécessairement t>tre de la même matière; car toute autre matière serait impropre à continuer la même action.
On voit que les nerfs ne portent rien de matériel, soit du cerveau au corps, soit du corps au cerveau; car, s'il en était ainsi, il ne serait pas nécessaire que les nerfs fussent composés de la même substance que le cerveau. Cette dernière circonstance est im puissant motif pour qu'on admette qu'ils ne font que continuer l'action qu'ils reçoivent à l'une ou à l'autre de leurs extrémités.
Le sang possède le « materia vit«e » au même de-
gré que les solides; telle est la source de riiarmonîe qui règne entre eux et lui. Or, comme toute partie douée de ce principe est susceptible de devenir, par le simple contact, le siège d'ime affection sympathique, affection que je désigne par le nom de « sympathie de contiguïté », et en vertu de laquelle les parties qui se touchent s'affectent Tune Fautre, il en résulte que le sang et les solides de Péconomie sont susceptibles de s'affecter réciproquement; et ce lien sympathique rend compte de l'influence que le sang exerce sur les solides, et les solides sur le sang. Le sang, qui est évidemment composé des mêmes matériaux que le corps, qui est doué des mêmes forces vitales, mais qui, à raison de sa mobilité, n'a aucune communication avec le cerveau, offre ime des preuves les plus solides que le « materia vitaB » fait partie de la composition du corps, indépendamment des nerfs, et il ressemble sous ce rapport aux animaux des clauses inférieures qui n'ont point de nerfs, et où tous les autres principes de l'animalité sont répandus dans tout l'ensemble. Cette opinion ne peut être démontrée par des expériences; mais je crois que l'observation de chaque jour nous montre que le principe vital du corps agit exactement d'après les mêmes lois que le cerveau. Chaque partie du corps est susceptible d'impression, et en vertu de cette propriété le « materia vitae » de chaque partie devient le siège d'une action, qui, si elle est continuée jusqu'au ceriveau, produit la * sensation; mais le
« materia vitae » doit éta« nécessairemeat de telle nature, qu'il ne îas/s^e naître dans la partie qui reçoit l'impression que les actions dont elle est susceptible, en raison d'ailleurs de l'esi)èce d'impression; c'est ainsi qu'agit le cerveau ou l'esprit Le corps cesse d'être sensible à l'impression par l'habitude, il en est de même pour le cerveau; il continue l'action par habitude, le cerveau paiement. Le eorps, ou une partie quelconque du corps, a le souvenir des impressions anciennes quand il est soumis de nouveau à ces mêmes impressions: c'est ce qui a lieu pour le cerveau; mais il n'a pas la mémoire spontanée comme le cerveau, parce que le cerveau est de lui-même un tout complet, et que, par conséquent, ses actions sont complètes en ellesmêmes. Le « materia vitaB » du corps étant disséminé, et faisant seulement partie du corps dans lequel il existe, n'agit probablement, dans chaque partie, que pour cette partie seule. Le corps, pris dans son ensemble, ne peut pas même être considéré comme un tout, comme constituant ce qu'on pourrait appeler un organe, l'action d'un organe ayant toujours une destination étrangère à l'organe lui-n^ême; mais il n'en est point ainsi pour le cerveau.
Le cerveau est une accumulation du « materia vit» », qui, ici, n'est point réparti à une substance quelconque pour l'usage de cette substance, mais qui constitue en lui-même un organe dont les actions ont pour objet des fonctions qui ne s'appli-
^uent point à lui, comme de recevoir, par le moyen des nerfs, le nombre immense d'actions variées qui naissent de l'impression et de l'habitude dans le « materia vit» diffusa » de combiner ces actions et •de distinguer la partie d'où elles viennent. L'esprit •est constitué par l'ensemble de ces actions, qui, en raison du résultat, réagissent de manière à produire en retour imé impression plus ou moins marquée sur le « materia vit«e » du corps, et à faire naître consécutivement des actions dans telle ou telle partie. Le cerveau est donc subordonné au corps quant à ses impressions propres, qui constituent la « sensation»; l'action qui en est la con- 43équence est 1' « action » de l'esprit. Le corps, do «on côt<.^, relativement à l'impression qui le met en ■action, est subordonné à la conséquence de cette perception, ou à l'effet de l'esprit, que l'on nomme la <c volonté », Mais cette sensation et cette action ne se dépensent pas directement sur le corps; elles sont destinées à d'autres usages, et on les appelle « volontaires ».
Le mode de composition de la matière ne confère point à lui seul la vie, car le corps, après la mort, présente la mome composition que pendant la vie. La vie est une propriété que nous ne comprenons point; nous ne pouvons voir que les degrés nécessaires qui y mènent.
Si les nerfs conféraient la vitalité aux solides, «oit par eux-mêmes, soit par leur connexion avec le cei'veau, comment un solide pourrait-il continuer
à vivre après la destruction du nerf qui s'y rend, ou, mieux encore, quand il est paralysé? car la nutrition de la partie continue à s'accomplir, bien que ce ne soit pas d'une manière aussi complète que lorsque l'action volontaire existe: et le principe de cette nutrition, c'est le sang; en effet, privez c^tte partie du sang, elle se gangrène.
Dans le temps de la grossesse, l'utérus acquiert une augmentation de substance et de volume, et dépasse bien de cinquante fois ses conditions naturelles, et cet a<;croissement se fait par l'addition d'une matière animale vivante, qui est susceptible d'action dans sa structure intime. Je pense qu'on peut admettre que l'action de l'utérus est alors plus que doublée, car l'action de chaque partie de ce viscère prise isolément a subi une augmentation considérable, qui s'élève au delà de son accroissement de volume. Cependant nous voyons que les nerfs de cette partie ne sont pas augmentés le moins du monde. Ce fait démontre que les nerfs et le cerveau ne sont pour rien dans les actions des pai*ties, tandis que les vaisseaux, dont tes usages sont évidents, s'accroissent en proporiion de l'augmentation de volume des parties auxquelles ils se distribuent. S'il en était ainsi pour les nerfs, nous eussions raisonné d'après l'analogie. H est probablement impossible d'assigner l'époque précise à laquelle le sang conmxence à devenir vivant. Est-ce quand il est encore à l'état de chyle, ou bien le principe vital ne se surajoute-t-il qu'au moment où le chyle, s'unîs-
sant avec le sang qui est déjà en circulation, reçoit sa part de l'influence des poumons? Toutefois, je suis porté à croii'e que le chyle lui-même est vivant, car il se coagule .quand il est extravasé; il jouit de la même fa<^ulté que le sang de se sé^ parer en ses principes constituants, et il reçoit sa force d'action dans les poumons, conmie le sang veineux. Ce phénomèine ^'iaction de l'air sur le chyle) me parait semblable à celui qui consiste dans l'influence que le mâle et la femelle exercent sur un (Buf , qui a besoin d'air et d'une chaleur convenable pour que le principe .d'action y soit produit, et à celui dans lequel le sang veineux, en traversant les poumons, reçoit une vitalité nouvelle, qu'il communique au corps.
Voulant prouver que le chyle a la puissance d'action en lui-même, ainsi que le sang, j'ai fait l'expérience suivante.
^yant ouvert l'abdomen d'un chien, je fis une ponction à l'un des vaisseaux lactés les plus volumineux, à la naissance du mésentère, et il s^en écoula ime assez gi*ande quantité de chyle. Je mis alors cette partie en contact avec ime autre partie du mésentère, afin de voir si elles s'uniraient, comme cela a lieu par l'intermédiaire du sang extravasé; mais aucune adhérence ne s'effectua. Toutefois cette expérience, bien qu'exécutée deux fois, n'est point concluante: car les expériences de ce genre, dans lesquelles on agit sur le sang, ne réusfdssent pas toujours.
Ihilsqne le sang, ainsi qu'il a été dit, se transforme en un solide quand il est extravasé dans rintérieur du corps, on doit en conclure que ce phénomène répond à quelque usage important; car si le sang ne pouvait être utile qu'à l'état liquide, la nature ne se serait pas autant occupée de sa solidification. H me parait évident que la liquidité du sang n'a pas d'autre objet que le mouvement de ce liquide, et qu'il ne se meut que pour poi'ter la vie et des matériaux vivants à toutes les parties du corps. Ces matériaux, parvenus à leur destination, deviennent solides; de sorte que l'objet final du sang, comme sang, c'est sa solidification.
On peut dire que le sang est extravasé, dans le moment où, en vertu de l'acte naturel de la nutrition, il ajoute à la masse totale du corps ou opère la réparation d'une partie, bien que ces phénomènes ne rentrent point dans l'idée qu'on se fait généralement de l'extravasation du sang : ce qu'on entend ordinairement par ces mot», c'est l'écoulement du sang hors de ses vaisseaux, soit consécutivement à une lésion traumatique, soit par suite d'une maladie des vaisseaux, d'où il résulte que le sang devient accessible à la vue. L'extravasation du sang, môme dans cette acception, a son but d'utilité., par suite de la coagulation de ce liquide, quoiqu'il arrive trop souvent qu'elle produise une perte de isàng trop considérable. La cause vulnérante ne calcule point le volume du vaisseau lésé, de manière que la quantité de sang extravasée soit en rapi)ort
exact avec ce que réclame la lésion ; mais la nature a sagement préparé im emploi à l'excès de sang qui s'écoule.
L'extravasatîon du sang étant l'effet de la solution de continuité des parois d'un vaisseau, elle sert à la réunion des parties divisées de ce vaisseau. Lorsque, indépendamment du vaisseau, d'autres parties solides se trouvent divisées, comme dans la fracture d'un os, le sang devient un moyen d'union entre ces parties; c'est ce qu'on peut appeler <c réunion par première intention » ; ce n'est point Funion des deux parties divisées Tune avec Tautre, mais celle de ces parties avec 'le salage }3x;t3iiar vase et interposé entre elles. De sorte que ce qui constitue la réunion par première intention, c'est Tunion des parties divisées avec le sang.
!Le sang, ainsi extravasé, forme des vaisseaux dans son épaisseur, ou bien reçoit, de la surface divisée, des vaisseaux qui pénètrent dans sa substance en s'allongeant par une sorte de végétation, ainsi que cela a lieu, selon toute apparence, dans le développement des granulations. Toutefois, je pense que le coagulum a, sous l'influence de la nécessité, la puissance de former dans son épaisseur des vaisseaux qui naissent de sa propre substance; en effet, ainsi que je l'ai déjà fait observer, le caillot sau guin, quoique non organisé, présente cependant une forme, une structure ou un arrangement particulier, en vertu duquel il contracte une action nécessaire, qui me parait avoir quelque ressemblance
avec Taction musculaire. Je crois être parvenu à injecter ce que je présumais être le commencement d'une formation vasculaire dans un coagulum san guin, dans des cas où le coagulum ne pouvait recevoir aucun vaisseau des parties environnantes. En injectant Tartère crurale d'un Moignon, après une amputation du membre inférieur au-dessus du genou, j'ai rempli un caillot de forme conique qui était situé dans le bout de l'artère, icomme si ce caillot eût été celluleux; mais il n'y avait aucune structure vasculaire régulière. Quand je compare cette apparence avec celle que produit quelquefois une inflammation violente sur certaines surfaces, où l'on voit le sang rouge exti*avasé former des espèces de taches en forme d'étoile, qui, après l'in jection, offrent un aspect semblable à celui que je viens de décrire dans le coagulum en question, et à ce qu'on observe dans le développement des vaisseaux des membranes du poulet, pendant lequel on peut voir, an delà de la surface occupée par les vaisseaux réguliers auprès du poulet, une série de taches semblables à celles que produit Textravasation du sang, qui au bout de quelques heures deviennent vasculaires, je suis poi*té à admettre que ces diverses substances ont la faculté de former des vaisseaux dans leur épaisseur, et qu'elles agis? sent en vertu du même principe. Mais, dans les cas où 11» caillot sanguin peut s'unir immédiatement avec les parties qui l'environnent, ou bien il reçoit des vaisseaux de la surface avec laquelle il est en
contact, pu bien il forme d'abord, au niveau du point d^union, des vaisseaux qui se mettent en communication avec ceux de la sui'face voisine, et ces vaisseaux pénètrent de plus eu plus profondément, on donnent naissance à des vaisseaux de plus en plus profonds, jusqu'à ce que tous ces vaisseaux se rencontrent dans la partie centrale du coagulum. Si cette formation vasculaire s'opère par le mécanisme indiqué le premier, c'est-à-dire si des vaisseaux provenant des surfaces environnantes pénètrent dans le. caillot, il est possible, dans les cas de lésion traumatique, que ce soient les vaisseaux di\dsés qui se prolongent dans l'épaisseur du caillot; et lorsqu'un coagulum ou ime extravasation <ie lymphe coagulable est épanché entre deux surfaces ^saines) qui ne sont que contiguës, il est possible que ce soient les vaisseaux exhalants de ces surfaces qui constituent alors l'appareil vasculaire de la nouvelle partie. De quelqne manière que ces «aisseaux se rencontrent au centre du coagulum, ils ^embrassent à l'instant môme et s'unissent par inosculation. Or, ce phénomène se conçoit parfaitement et facilement au sein des parties vivantes, mais non dans d'autres conditions.
Gonmie le coagulum, soit qu'il se trouve entièrement formé j)ar du sang, soit qu'il se compose seulement de lymphe coagulante-, possède, dans sa constitutiou intime, le « materia vit^e », qui est la cause de toutes les actions ci-dessus décrites, il se met bientôt en communication avec l'esprit ou le sen-
fiorium, en formant des nerfs dans son tissu. Les nerfs n'ont pas la faculté de s'allonger, comme nous le concevons pour les vaisseaux; car on sait que la réimion d'un nerf divisé, lorsqu'un fragment en a été enlevé, se fait au moyen d'un caillot sanguin qui vienti s'interposer entre les deux bouts du nerf, et que la texture de ce coagulum, qui se modifie gradiiellement, se rapproche de plus en plus de celle des nerfs, dont il rrjmplit, par conséquont, de plus en plus la fonction; transformation qui présente quelque ressemblance avec la transformation graduelle du sang en tissu osseux dans les fractures. Il parait donc que le sang remplit deux usages dans l'économie animale: l'un est le soutien ou le renouvellement « support » de la substance même du corjjs, après la formation de celui-ci; l'autre est le soujbien ou la continuation « support » des différentes actions du corps.
§ VII. De quelques ecvpériences isolées sur
J'ai plutôt conçu qu'exécuté <i'une manière complète les expériences suivantes, et ce sont des sujets que je n'ai fait qu'effleurer; mais, comme je n'ai pas le temps de poursuivre ces expériences de manière à pouvoir arriver à quelque résultat géuéral, j'ai pensé qu'il valait mieux signaler ce
quiy dans mon opinion, doit être fait, que de passer entièrement ces notions sous silence.
Je roulais savoir si le sang qui, dans sa coagulation, se recouvre d'une couenne inflammatoire, se putréfie moins vite que celui qui se coagule sans en présenter. Je concevais, en effet, que l'énergie de la coagulation du sang pouvait être assimilée à l'énergie de la contraction musculaire, et donner comme ellç une plus grande force de résistance à la putréfaction. Dans ce but, je fis faire les expériences saivantes.
On tira du bras quatre onces de sang; le caillot se recouvrit d'ime couenne inflammatoire et se forma en coupe. Le même jour, on tira du bras d'un autre sujet quatre onces de sang qui, en se coagulant, ne présenta aucune couenne inflaumiatoSre à sa surface. On conserva ces deux quantités de sang, afin de voir laquelle des deux résisterait le plus longtemps à la putréfaction. Le quatrième jour, le sang privé de couenne était putréfié; mais le sang couenneux ne se putréfia que le septième jour. Ici, le sang infiammatoire fut celui qui se conserva le plus longtemps; mais, cette expérience ayant éjté répétée, il ne parait pas, en sonmie/ qu'il y ait une différence bien marquée.
Afin de voir si le sang d'un jeune sujet se putréfie plus ou moins vite que celui d'uu sujet âgé, je fis faire les essais suivants.
Le 24 juin, une certaine quantité de sang fut tirée des veines d'une femme âgée de vingt ans; après
la coagulation, ce sang présentait une couenne^ inflammatoire à sa surface. Le même jour on enleva à une femme âgée de 60 ans une pareille quantité de sang, dont le coagulum se montra également couenneux. Ces deux quantités de sang furent conservées. Le sang de la vieille fenmie se putréfia en deux jours; .celui de la jeune femme resta parfaitement intact jusqu'au cinquième jour, époque à laquelle il conmiença à exhaler ime odeur désagréable; il resta encore deux jours dans cet état, et ensuite répandit Podeur ordinaire du sang putréfié. Plusieurs expériences semblables furent faites dans le courant de Tété, et, dans toutes, le sang des jeunes sujets se conserva intact plus longtemps que celui des personnes âgées.
En octobre 1790, par une basse température, on tira environ six onces de sang à deux hommes dont l'un avait jsoixante-quinze ans et l'autre Iquatrfevingt-trois. Le sang de l'un et de l'autre resta intact jusqu'au cinquième jour; mais, le sixième, les deux quantités de sang exhalaient également l'odeur de puti'éfaction, résultat qui s'accorde avec ceux des expériences précédentes.
Pour constater lequel, du sang récenmient tiré de ses vaisseaux ou du sang coagulé, perd le plus promptement sa chaleur, on chauffa quatre onces de sang, après la coagulation, jusqu'à ce que le mercure d'un thermomètre placé au milieu du caillot marquât 98° Fahr. Le thermomètre fut alors placé dans une quantité égale de sang, immédiate-
ment après sa sortie de la veine, et dans ce demiei le mercure s'arrêta à 90®. Ces deux quantités de sang forent placées l'une à côté de l'autre, et le theimomètre fut plongé alternativement dans l'une et dan» -l'autre, afin qu'on pût voir comment elles perdaient leur chaleur.
sang sang
coagulé. récemment — tiré.
Au commencement de l'expérience , . 98° Fahr. 90°
Après deux minutes 97 89
Après quatre minutes de plus 93 88
Après deux minutes de plus 92 87
Après deux minutes de plus ..:... 91 86
Cette expérience n'a pas été faite d'une manière correcte; il aurait fallu que les deux sangs fussent à la même température; car plus un corps est chaud et plus il perd rapidement sa chaleur par le contact d'un corps plus froid; cependant je crois que le sang coagulé perdit sa chaleur plus vite que le sang liquide.
Voulant savoir si l'on peut appliquer au sang mi stimulus au moyen duquel on puisse le faire se coaguler plas vite qu'il ne le fait naturellement, je prescrivis l'expérience suivante.
On tira trois onces de sang à un jeune garçon d'environ dix ans, et inmiédiatement après, le vase fut placé dans de l'eau chauffée à 150" Fahr. Au même moment, on tira au même enfant une quantité égale de sang dans une autre coupe qui fut
placée dans de l'eau seulement à 48^. La première portion se coagula complètement dans l'espace de cinq ndnutes, mais la dernière resta entièrement liquide pendant vingt minutes; alors elle commença à se coaguler, et sa coagulation n'était pas complète cinq ndnutes plus tard. Lorsqu'on examina ces deux portions de sang au bout d'une heure, le sang qui s'était coagulé le plus vite parut avoir plus de sérum et moins de coagulum que l'auti'e; mais le lendemain matin la quantité de sérum était la même pour l'un et pour l'autre, et les deux coagulum étaient d'égal volume.
C5itte expérience démontre qu'une température plus élevée que la température naturelle du corps agit comme un stimulus sur le sang et le fait se coaguler beaucoup plus rapidement que ne fait le froid, quoique le coagulum ne soit pas plus ferme. Cette chaleur agit sur le sang non comme chaleur, mais seulement comme stimulus; car, si elle eût agi comme chaleur, elle eût aussi coagulé le sérum, ce qui n'eut point lieu- Cette expérience, ou une pareille, comparée avec une expérience semblable faite sur des muscles vivants, constitue une des preuves qui ont été avancées en faveur de la vitalité du sajjg.
Je voulus savoir si le sang, après avoir été mêlé avec diverses substances qui paraissent empêcher la coagulation, et qui lui sont ajoutées sous forme de solution concentrée, redevient susceptible de se coaguler quand il est étendu d'eau.
Dans le mois de décembre, une once de sang, immédiatement après sa sortie du bras, fut mêlée avec une livre d'eau. Ce mélange était destiné à servir de terme de comparaison pour juger les autres. Une nouvelle quantité de sang fut tirée de la même personne au même moment, et mêlée avec une forte solution de sel de Glauber; cette addition fit passer la couleur du sang au rouge vermeil, et empêcha la coagulation. Ainsi donc, une forte solution de s^ de Glauber a la propriété d'empêcher la coagulation du sang. Dix minutes après qu'on eut fait ce mélange, on en prit une demi-once qu'on mêla avec une livre d'eau; une demi-heure après, une autre demi-once fut mêlée avec une livre d'eau; au bout (J^une heure le même mélange fut fait de nouveau, puis au bout de deux heures; on laissa reposer tous ces mélanges pendant vingt-quati^e heures. A cette époque, le mélange de sang pur et d'eau avait déposé un sédiment noir considérable, et tenait en suspension un sang d'une couleur claire, qui avait commencé à se précipiter, de manièi*e à laisser la couche supérieure du liquide parfaitement transparente et d'une belle couleur rouge. Les différentes portions du sang qui avaient été mêlées d'abord avec du sel, puis avec de l'eau, offraient un nuage entièrement semblable à celui que présentait le mélange d'eau et de sang pur, mais il n'y avait aucune espèce de sédiment au fond du vase; ce nuage se précipita graduellement, et laissa les couches su- I»érieares du liquide d'une belle couleur rouge et
tout à fait transparentes. A cette époque, savoir, vingt-quatre heures après le mélange du sel avec le sang, une autre demi-once de ce sang fut mêlée avec une livre d'eau, et le jour suivant les apparences étaient exactement semblables à celles qui viennent d'être décrites. Le sédiment fourni par le sang pur était très probablement de la lymphe coagulante; et, comme il n'y en avait point dans les autres mélanges, il est très vraisemblable que dans ces derniers la lymphe ne s'était point coagulée.
Les substances médicamenteuses produisant des effets très prononcés sur la constitution quand elles passent dans la circulation, soit par l'estomac, soit par la peau, je voulus savoir quel effet elles peuvent produire sur le sang, en ce qui concerne le phénomène de la coagulation et l'énergie de ce phénomène.
Deux onces de sang furent tirées du bras et recueillies dans un vase, conmie terme de comparaison sous le rapport de la coagulation naturelle. Deux autres onces furent reçues dans un autre vase, et on y ajouta une once d'eau. L'objet de cette addition était de mettre ce sang dans les mêmes conditions, sous le rapport de la présence de l'eau, que le sang employé dans les autres essais comparatifs, de telle sorte que la différence, s'il y en avait, dut être attribuée à la substance mêlée au sang, indépendamment de l'eau. Deux autres onces de sang furent reçues ''dans un autre vase, et on y ajouta une once de décoction de quinquina.
C5es diverses quantités de sang furent prises sur la même personne, l'une après l'autre, dans Tordre où elles sont indiquées ici. Au bout de six minutes, celui qui avait été mêlé avec la décoction de quinquina forma un ooagulum mou; après douze minutes, le sang tiré le premier se coagula; le coa^gulum du sang tiré le premier et celui du sang tiré le second étaient également fermes, parce que l'eau mêlée au second avait été chafisée hors du caiUot en même temps que le sérum; mais le caillot du sang mêlé avec la décoction de quinquina l'était beaucoup moins. Il parait, d'après ces expériences, que l'eau hâte un peu la coagulation, mais qu'elle ne rend le caiUot ni plus ferme ni plus mou dans sa texture.
Dans les expériences suivantes, le sang fut reçu en totalité dans un seul vase, et agité avant d'être mêlé avec les différentes substances. On avait ainsi pour but de mettre les trois portions de sang exactement dans les mêmes conditions.
Deux onces de ce sang furent versées dans un vase conune type de la coagulation naturelle. Deux antres onces furent versées dans un autre vase, et on y ajouta deux onces d'eau, comme dans l'expérience précédente. Deux autres onces furent mêlées avec deux onces de décoction de quinquina. Au bout de douze minutes, les deux premiers sangs étaient coagulés, et les deux caillots étaient également fermes; après quatorze minutes, le sang mêlé à la décoction de quinquina se coagula, mais le coagu-
lum était très mou. Les trois caillots ayant été comparés le lendemain, celui qui avait été mêlé avec la décoction de quinquina se montra de beaucoup le moins ferme.
Cette expérience fut répétée, et le résultat fut à peu de chose près le même; elle prouve qu'en mêlant le sang avec Feau, même à parties êgsleB, on ne change ni l'époque de la coagulation, ni la fermeté du caillot, mais 'que l'addition de la décoction de quinquina modifie évidemment ces deux circonstances.
Une certaine quantité de sang fut tirée du bras et recueillie dans un bassin; on l'agita, et ensuite on la mêla avec différentes infusions, de la manière suivante.
Deux onces de sang furent mêlées avec deux onces d'infusion de racine de colurabo; doux autres, avec deux onces d'infusion de gentiane; deux autres avec deux onces de solution aqueuse d'opitun; et deux autres furent conservées sans mélange dans un vase. Les portions de sang qui avaient été mêlées avec les infusions amères, et le sang non mélangé, se coagulèrent en même temps, savoir, au bout de six minutes; la portion unie à l'infusion de gentiane donna un caillot plus ferme que celle qui avait été unie à l'infusion de racine de colombe, mais seulement ^al, sous ce rapport, à celui du sang non mélangé. Le sang qui avait été mêlé avec une solution d'opium ne se coagula qu'au bout, de douze minutesi et le coagulum était très mou..
Cette expérience ayant été répétée, le résultat fut exactement le'même.
I Vin. Le la présence de substances étrangères
dans le sang.
Tout ce qui est dissous dans le sang doit être seulement à l'état de mélange dans ce liquide, et Bon chimiquement combiné avec lui; autrement la nature même du sang serait altérée, et l'effet du médicament détruit. Le sang peut recevoir et conserver des substances étrangères qui sont capables de détruire les solides en faisant naître une action de nature destructive.
La présence d'ime substance étrangère dans le sang peut altérer les propriétés chimiques des solides chez les sujets qui travaillent le plomb, comme on le voit évidemment dans le cas suivant.
Morgan, peintre en bâtiments, qui était depuis longtemps paralysé des mains et des jambes, fut renversé et se fractura le fémur immédiatement au-dessous du petit trochanter. L'extrémité supérieure du fragment inférieur s'était placée au côté externe du fragment supérieur et suivait les mouvements du genou, de sorte qu'elle fut prise pour le grand trochanter; mais, ayant découvert la fracture au moyen de l'extension de la jambe, je replaçai les fragments dans leur position naturelle,
et j'entourai le membre d'une bande. Le malade alla bien pendant une quinzaine de jours; seulement ses mains se tuméfiaient de temps en temps; mais cette tuméfaction cédait à l'emploi des fomenta»tions. Dans la troisième semaine, son état devint très grave; il s'affaissa, tomba dans ime sorte de léthargie, rendit une grande quantité de sang par la bouche, s'affaissa encore davantage, et mourut enfin, environ trois semaines après son accident.
A l'examen du corps, on remarqua que les muscles, particulièrement ceux du bras, avaient perdu leur coloration naturelle; mais, au lieu d'être ligamenteux et demi-transparents, comme on l'observe dans la paralysie ordinaire, ils étaient opaques, et ressemblaient exactement à des parties qui ont macéré dans une solution d'extrait de Goulard. Ainsi le plomb avait été évidemment porté avec le sang jusque dans le tissu des muscles.