OBSERVATION III
(SEDAN, PoursiNEs et OurGau», Marseille).
Homme de 62 ans, cultivateur, qui a toujours joui d'une excellente santé. Le seui antécédent signalé par le malade est un traumätisme (branche d'arbre) à l'âge de 17 ans, au niveau de l'œil droit, mais qui n’est suivi d'aucun trouble oculaire.
Histoire de la maladie. — En décembre 1942 est apparue une petite tache pigmentée au niveau de la conjonctive bulbaire de l'œil droit.
En septembre 1943 apparaît une seconde tache analogue, Iégèrement au-dessous de la première.
En décembre 1943, le malade vient consulter pour la première jois. [l existe deux laches mélaniques, strictement conjonctivales, situées sur le méridien de 9 et 7 heures. Aucune lésion irienne ni ciliaire n'est décelable à ce moment. Une biopsie est conseillée au malade, avec indication d’énueléation consécutive, Il n’en tient pas compte el ne rev:ent voir l’ophtalmologiste qu'en mai 1944.
Mai 1944 :
— Les taches conjonetivales ont peu changé d'aspect. La tache inférieure, seule, s’est légèrement étendue;
— Mais on note des signes nouveaux : épaississement irien entre 4 et 3 heures, derrière lequel apparaît une masse brun noirâtre, caractéristique;
— La tension est normale, la vision également;
— On décide l’énucléation immédiate pour le lendemain. Mais le malade n'entre pas à l'hôpital.
Aux environs du mois d'août 1944, va consulter l’ophtalmologiste d’une ville voisine.
Celui-ci pratique une large iridectamie, de 1 heure à 4 heures, sans intervenir sur les taches pigmentaires conjonetivales.
En novembre 1944, après une crise d'hypertension, la tension oculaire au Bailliart est de 40. La vision de l'œil droit est à 0,5. Une tumeur ovalaire brun noirâtre occupe le colobome opératoire (iridectomie). Elle semble s’insérer au niveau de la racine de l'iris. Une nouvelle tache conjonctivale (la troisième) est visible à ce stade de l’évolution, mais cette fois-ci, en regard de la tumeur, sur le méridien de 2 heures.
L’énucléation est pratiquée à cette date après deux ans d’évolution.
Les auteurs insistent, du point de vue clinique, sur « l’apparition isolée et primitive d’une métastase locale conjonctivale qui donne l'éveil cinq mois avant l’apparition de la lésion irido-ciliaire primitive », Et du point de vue anatomo-pathologique, sur la localisation des métastases conjonctivales, sur le méridien opposé
dy
(7 à 9 heures) à celui sur lequei s’est développée, par la suite, la
tumeur (4 heure à 3 heures).