‹ Le Sarcome Annulaire de L’Iris et du Corps CiliaireChapitre 18 sur 25 · OBSERVATION V · texte numérisé non relu

OBSERVATION V

(Aimablement communiquée par le D° Nicoras, chef de Clinique ophtalmologique à Bordeaux.

Il s’agit d'une jeune femme de 32 ans, Mme G..., qui est aliée consulter pour la première fois, le 6 novembre 1944, pour baïsse de la vision de l’œil droit, Elle raconte qu'en 1943 elle accusait de la photophobie de l'œil droit; la fiche d'examen de son médecin dit qu'il n'y avait pas de cercle périkératique, pas de douleurs nettes, et que ce n'est qu'au biomicroscope qu'on pouvait déceler des signes d'iridocyclite légère, sous forme de petits dépôts, sur la membrane de Descemet.

Réfraction

0,D5-90%200, 50 Vre 70/10 O. G., 10/10.

La tension oculaire était normale à: cette époque (on prescrit un collyre à l’atropine).

Les phénomènes durent s'’amender quelque peu, puisque ce n’est qu'un an après, exactement, que la malade se présente à nouveau.

6 novembre 1944 : Elle accuse une baisse progressive de la vision de l'œil droit, depuis près d’un an cependant. On note une mydriase moyenne, un très mauvais réflexe photomoteur et une cornée un peu trouble, On note aussi l'existence de soudure de Knies, et au iond de l'œil une excavation atrophique de la papille. La tension est de + 2 au doigt.

L'acuité visuelle est de 1 à 2/10 inaméliorable et de 10/10 à gauche.

Un collvre à la pilocarpine est prescrit et la malade est revue.

Le 13 novembre 194%, la tension est, au Baïlliart, de 110 à droite et de 20 à gauche. Le champ visuel de l'œil droit est nettement rétréci à 40° environ concentriquement,

O7 ane

On pratique une trépanation d’Elliot avec iridectomie totale et, tout s'étant bien passé, la malade quitte la clinique le 23 novembre.

Elle est revue

Le 13 décembre, l’acuité est de 1/10, mais on note déjà une coloration de l'iris un peu anormale. Le parenchyme paraît un peu plus foncé qu’à gauche.

Le 10 janvier 1945, la malade accuse de vives douleurs oculaires de type ciliaire, qui l’ont empêchée de dormir. L'ampoule de filiration est le siège d’une forte inflammation : elle est rouge, turgescente, très vascularisée, mais il n'y à pas de cercle périkératique.

La tension oculaire est de 60 au Bailliart. La pupille est excavée et atrophique.

On prescrit un collyre à l’ésérine-pilocarpine. Le lendemain, Ja malade souffre de plus en plus. Elle fait maintenant une cerise de glaucome suraigu.

L'examen au biomicroscope montre une teinte ardoisée de tout le parenchyme irien, alors que l'iris opposé est d’un bleu très clair. Il n’y à pas d’amas pigmentaires, pas de nævi pigmentaires, ni sur son congénère.

Mais on est frappé par une coloration plus foncée, plus brune, de la racine irienne sur toute sa circonférence, ou plutôt de ce qu'il en reste, puisqu'il y a un colobome opératoire en haut.

Cette coloration brune constitue dans son ensemble un anneau ouvert au niveau de ce colobome; elle paraît être due à la fois a une surpigmentation de toute cette région et aussi surtout à un épaississement de la racine de l'iris.

En effet, l’angle irido-cornéen est comblé par cette base irienne épaissie, qui est venue s’accoler à la face postérieure de la cornée et empiète même sur la cornée transparente.

La transillumination du globe avec un éclaireur de contact ordinaire ne donne pas de plus amples renseignements, le globe s’éclairant bien dans tous les secteurs. Il aurait fallu avoir un cône à extrémité punctiforme pour pouvoir le promener tout le long du limbe et en explorer les moindres détails. Quoi qu'il en soit, le

= des

diagnostie de tumeur, et vraisemblablement de sarcome de l'iris, est posé. Et le lendemain, on pratique l’énucléation. -

Le 1% mars, la malade est revue. On note une cavité conjoncelivale normale renfermant une prothèse aussi parfaite que possible. Pas de troubles apparents de généralisation somatique.

Décembre 1947 : L'état général et l’état local demeurent excellents.

En résumé, il s'agissait d'une jeune femme dans lPœil de laquelle une tumeur manifesta son évolution successivement par

L° une période indolore, sans troubles visuels, avec quelques signes d'irido-cyclite et photophobie:

2° une phase d'amblyopie progressive, avec apparition d'hypertonie ou d'une excavation atrophique de la papille.

C'est la phase classique du pseudo-glaucome chronique, celle à laquelle on opère, en général;

3° une phase terminale de glaucome irritatif, à la faveur de laquelle on fait le diagnostic de tumeur, ce qui nécessite l'énucléation.

Cette énucléation a duré quatorze à quinze mois. Elle n’a rien d'original en elle-même et suit typiquement les descriptions que l’on retrouve dans tous les traités classiques.

L'originalité réside dans la forme anatomique qu'a prise la tumeur, forme que l’on pourrait déceler cliniquement par un examen approfondi, et qui fut révélée par la suite par l’examen anatomique.

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