‹ Le Sarcome de l'EstomacChapitre 11 sur 28 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

Le traitement du sarcome de l'estomac, sous quelle forme clinique qu'il se présente, se résume en un mot: opérer, pourvu que l'état général du malade soit assez bon.

L'intervention opératoire n'offre dans tous les cas que des avantages.

S'il s’agit d’un sarcome siégeant au pylore et déterminant des phénomènes de sténose, même dans les cas où la tumeur sera inopérable, une gastro-entérostomie opportune soulagera beaucoup le malade, en supprimant les accidents dus à l’obstruction pylorique. Si au contraire le sarcome siège sur l’une des faces de l’estomac,ne donnant naissance qu’à des phénomènes dyspeptiques sans signe d’obstruction et qu'il soit inopérable, la laparotomie exploratrice faite aseptiquement ne nuira pas au malade. Et si dans un troisième cas enfin le sarcome est facilement extirpable et que l'intervention soit assez précoce, le malade pourra guérir à longue échéance.

On pourra dans quelques cas extirper la tumeur sans ouvrir la cavité gastrique, mais ce sônt là des faits exceptronnels we

Dans la grande majorité des cas, il faudra pratiquer des gastrectomies tout au moins partielles qui sont rendues inévitables par les adhérences intimes de la tumeur à la paroi gastrique.

Dans l'observation de Robert où 1l s'agissait d'un sarcome plexiforme ulcéré à son sommet, et qui avait occasionné des hémorragies mortelles, celui-ci prétendit que « la gastro-entérostomie serait restée sans résultat et que la gastrotomie n'aurait pas permis d'obtenir l’excision de la tumeur très élevée et dont le pédicule profond se confondait avec la séreuse stomacale qui aurait été assurément déchirée en un point presque inaccessible et très vasculaire. » Tuffier, au contraire, n’admet pas l'inefficacité de la laparotomie même en pareil cas.

«Je ne prétends pas, dit-il, qu'on aurait pu enlever celte tumeur, mais on aurait pu tout au moins explorer l'estomac el la reconnaître. »

Lecène et Petit ont réuni 24 observations où il y eut intervention chirurgicale parmi lesquelles il y eut 11 morts et 13 guérisons. Les résultats opératoires sont loin d’être brillants. Mais il faut remarquer que beaucoup de malades étaient trop cachectiques ou infectés au moment de l'opération, ce qui assombrit le pronostic opératoire. Si l'on fait exception pour ces cas désespérés, les résultats sont beaucoup meilleurs : d’après Lecène et Petit, sur 14 opérations, il n’y a eu que 2 morts et 12 guérisons opératoires.

En résumé, la résection gastrique partielle pour sarcome de l'estomac estune opération parfaitement légitime, lorsqu'il n'existe pas de métastases viscérales ni d’en-

vahissements ganglionnaires trop étendus. Le sarcome reste peut-être plus longtemps opérable que le carcinome, en raison de la moindre fréquence des métastases ganglionnaires. Nous verrons aussi, d'après les observations, que, malgré le volume souvent considérable des tumeurs sarcomateuses, Il n'y avait pas souvent d’adhérences étendues, et les difficultés opératoires n'étaient pas très grandes. Si l’on songe, d’ailleurs, à la fréquence relativement considérable de cette variété de sarcome gastrique inséré en un point limité de la paroi stomacale et à développement exogastrique, on verra le pronostic opératoire devenir plus favorable.

L'intervention n’en est que plus simplifiée, consistant simplement en une extirpation de la tumeur avec résection partielle de la paroi gastrique au point d'implantation du néoplasme. |

Que faut-il penser des résultats opératoires obtenus à la suite de ces résections limitées ou étendues de la paroi gastrique ? Le nombre des opérés qui ont été suivis après ouérison est trop petit pour qu'il nous permette d'émettre une opinion en nous basant sur lui.

Nous retiendrons cependant une observation de M. le professeur Tédenat, où le malade, opéré en juin 1902, pour un fibro-sarcome de la paroi antérieure de l’estomac . avec gastrectomie partielle, était encore en bonne santé, au mois de juillet 1905, c’est-à-dire plus de 3 ans après. C'est déjà un résultat très encourageant, mais le chirurgien doit s'attendre à des résultats opératoires éloignés encore meilleurs : le pronostic opératoire ne dépendra, à l’avenir, que de la précocité de l'intervention.

CONCEUSIONS

1. — Le sarcome de l’estomac est une affection relativement rare.

Il se présente sous plusieurs formes anatomo-pathologiques :

1° Sarcomes endogastriques (rares), 4 cas.

2° Sarcomes infiltrant la paroi, 32 cas.

3° Sarcomes exogastriques, 34 cas.

Histologiquement, les sarcomes exogastriques sont composés de fibres musculaires lisses mêlées aux cellules sarcomateuses (leiomyomes, myosarcomes).

Il. — En clinique, le sarcome de l’estomac affecte trois formes :

a) Forme latente (rare).

b) Forme à symptômes gastriques simulant le cancer simple ou la sténose pylorique.

c) Forme ne se manifestant par aucun phénomène gastrique simuülant une tumeur abdominale.

IIT. — Le diagnostic est le plus souvent impossible à faire. On ne peut l’affirmer que dans des cas extrêmement rares. Mais on pourra v penser plus souvent si on con-

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