OBSERVATION Î
(Robert, cité par Lecène et Petit)
Sarcome pédiculé de l'estomac
Chez un officier atteint de fracture récente de la tête du radius, survint 15 jours après l'accident une hématémèse abondante ; un demi-litre de sang fut vomi en trois fois et une quantité égale de sang fut rendue par les selles. Quatre jours après, nouvelle hématémèse : deux litres de sang environ sont rendus. Le malade demanda une intervention, mais n'ayant pour toute indication que des renseignements insuffisants sur les troubles dyspeptiques antérieurs, el sachant le sujet hémophilique, on renoncça à pratiquer la gastrotomie et l'on s’en tint au traitement médical : glace, ergotine, ete. Le lendemain, deux nou- velles hématémèses emportent le malade. A l'autopsie, on trouve l'intestin grêle distendu par du sang mare de café ; l'estomac, très développé, renferme également une grande quantité de sang et présente à 10 cent. du cardia, sur la
grande courbure, en regard de l’épiploon gastro-splénique, une tumeur pédiculée grosse comme une pomme d’api. Son sommet présente une ouverture qui ressemble à l'orifice du col utérin et conduit à une cavité ampullaire remplie par un caillot en connexion avec un vaisseau profond de la tumeur. L'analyse histologique montra que celte tumeur était un sarcome plexiforme.
OBSERVATION ÎI (Cornil) Polypes de l'estomac
La nommée F..., âgée de 75 ans, est entrée à l'infirmerie des Incurables, dans le service de M. Charcot, le 9 octobre 1863. Elle était en démence sénile, parlait peu et déraisonnait. Ses membres étaient continuellement agités par des tremblements, et elle ne pouvait ni se soutenir, ni se lever ; elle était entrée à l'infirmerie avec de la fièvre causée par uae escarre au sacrum. L'infirmière qui la faisait manger nous dit qu'elle prenait très peu de nourriture, que les matières liquides où demi-liquides, telles que la soupe, la bouillie, étaient les seules qui pussent passer. Elle refusait la viande et le pain, etde plus il fallait lui donner sa nourriture par petites gorgées. D'après Îles renseignements des gens de service el de ses voisines, 1l paraît qu'elle se plaignait souvent de souffrir de l’estomae.
Elle n’a présenté ni nausées, ni vomissements, pendant un mois et demi qu'elle a passé à la Salpêtrière ; elle avait une seule selle involontaire par Jour.
Elle mourut le 17 décembre 1863.
À l’autopsie on trouva le cœur normal, l'aorte athéromateuse.
Sur la muqueuse de l'estomac, on voit 4 ou 5 petites saillies de la grosseur d’une lentille à un petit pois, rondes, hémisphériques, saillantes, vascularisées ; elles siègent à la moitié droite ou pylorique de lestomac. D'autre part, un très gros polype, long de 5 cent. sur 3 cent. de largeur, ovoide, pédiculisé, mobile, bouche complètement l’orifice pylorique ; sa position est du reste variable ; ainsi, on peut le relever du pylore où 1l est engagé, et alors il est flottant dans la cavité stomacale ; la muqueuse le recouvre partout, excepté à sa base ou extrémité Hbre ; en ce point, la muqueuse est interrompue brusquement, et on voit la substance du polype qui présente là une surface de coloration ardoisée.
Sur tout le reste de son étendue, il est recouvert par la muqueuse, qui est elle-même hypertrophiée. Elle a une épaisseur de [à 2? millimètres.
ën examinant à l’état frais des coupes minces de cette muqueuse, on voit que sa surface possède un riche réseau de capillaires injectés et des villosités courtes. La partie centrale, fondamentale du polvpe, est un tissu cellulaire et élastique, fibreux, gris, composé d'éléments de tissu cellulaire et élastique et de noyaux. Les ganglions lymphatiques de la région sont gros, blancs sur une coupe et mous.
Les autres organes de l'abdomen sont normaux.