OBSERVATION V
(Hansemann, cité par Steiner. — Verhandlungen der Gesellschaft deutscher Nalurforscher und Aertte, t. 11, 2 S. S., 1895-96)
Le malade était un maçon âgé de 43 ans. On avait diagnostiqué un cancer de l'estomac avec métastase dans le foie.
A l’autopsie on trouva une ulcération profonde, cratériforme, avec des bords déchiquetés, qui commençait à trois doigts du cardia et s’étendait le long de la petite courbure jusqu'à 10 cm. du pylore. Elle était de la dimension d’une paume de main, l’estomac était dilaté. Le foie était le siège de tumeurs variant entre la grosseur d’une graine de chanvre et celle du poing.
A l'incision, ces tumeurs étaient tout à fait ramollies et renfermaient un liquide clair, jaunâtre, contenant des filaments. Deux autres tumeurs, de constitution semblable, siégeaient au pancréas et s'étaient unies à l’estomac en se développant : on trouva enfin une autre tumeur de
la grosseur du poing siégeant dans le péritoine et n’a- LA
— 46 = dhérant à aucun organe. Il était vraisemblable de penser à un carcinome avec métastases.
Le ramollissement des tumeurs sans hémorragie était non seulement surprenant, mais raré dans un carcinome.
L'examen microscopique donna pour toutes ces tumeurs la structure du myome avec développement cellulaire intense.
Le ramollissement est formé d'une substance mucilagineuse hyaline. Hansemann ne crut pas douteux que la tumeur primitive siégeat dans l'estomac et que les autres tumeurs ne fussent que des métastases. Cette intérprétation était la seule possible d'après les rapports d’autopsie.
Les tumeurs présentaient, d’ailleurs, une ressemblance frappante avec les myomes de l’estomac.