‹ Le Sarcome Ostéogénique des Os du Chien et du ChatChapitre 28 sur 28 · AUTRE SARCOME OSTÉOGÉNIQUE DU TIBIA CHEZ UN CHIEN · texte numérisé non relu

AUTRE SARCOME OSTÉOGÉNIQUE DU TIBIA CHEZ UN CHIEN

Caractères macroscopiques. — Par suite du développeau niveau de l’épiphyse inférieure du tibia gauche d’un vieux chien, avec généralisation aux poumons et aux reins.

Caractères microscopiques. — Par suite du développement de la tumeur, le jarret a doublé de volume, la surface extérieure du néoplasme est ulcérée. Sur une coupe

Fi. 17. — Sarcome ostéogénique de l’épiphyse inférieure du tibia (chien) ; coupe longitudinale.

1. Tumeur ossifiée. — 2. Ulcération 3. Ganglion poplité ossifié.

Tr

longitudinale (fig. 17), on aperçoit le périoste soulevé sur une longueur de huit centimètres environ par la production néoplasique. La moelle est restée intacte : l’origine périostique dans ce cas n’est donc pas douteuse.

Le ganglion poplité est hypertrophié et envahi par le processus ossifiant, à tel point qu'on a peine à le couper au couteau. Les poumons sont parsemés d’une multitude de noyaux secondaires blanchâtres, durs au toucher ; leur volume varie de celui d’une tête d’épingle à celui d’une lentille.

Dans le rein, on relève la présence de plusieurs métastases de la grosseur d'une lentille, disséminées dans la substance corticale et médullaire.

Caractères histologiques. — a) : Tumeur primitive :

Fig. 18. — Coupe d'une métastase rénale : Détails histologiques.

1. Le sarcome fortement imprégné de sels calcaires. 2. Glomérule de Malpighi.

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Sur une coupe d’un fragment pris à la périphérie, on voit que la tumeur est séparée de la peau par du tissu conjonctif très vascularisé et une mince trame fibreuse. L'’aspect est celui du sarcome à cellules fusiformes. L’ossification néoplasique est à divers stades.

En certains points, on ne trouve qu'une substance amorphe, rose pâle, séparant les cellules sarcomateuses ; en d’autres, elle est imprégnée de sels calcaires et les ostéoblastes sont plus ou moins sertis dans cette substance.

Dans quelques champs microscopiques apparaissent des îlots de cellules frappées de dégénérescence.

b) Métastases

Les métastases pulmonaires sont très nombreuses et à divers stades de leur évolution : les unes ne sont représentées que par quelques cellules sarcomateuses en amas, les autres révèlent l’aptitude de ces éléments à se transformer en ostéoblastes. L'aspect histologique de ces métastases ne diffère donc en rien de celui de la tumeur primitive.

Dans le rein (fig. 18), les noyaux secondaires sont surtout abondants à la limite de la zone corticale et de la zone médullaire ; leur structure est la même que celles des noyaux du poumon et il est même curieux de constater qu'à l’intérieur de ces métastases, les glomérules de Malpighi sont restés intacts.

Conclusions

I. — Le sarcome primitif des os, bien connu chez l’homme et décrit sous divers noms ($. ostéoïde, s. ossifiant, ostéosarcome, s. ostéoblastique, s. ostéogénique, qui est l'appellation que nous préférons), s’observe également chez les animaux. Du reste, on peut dire que toutes les tumeurs humaines, malignes et bénignes, se retrouvent en pathologie comparée et particulièrement chez le chien.

Le sarcome des os est, chez cet animal, une entité à caractères nettement définis.

IT. — Tous les os du squelette peuvent en être le siège, mais ceux des membres et de la tête sont plus iréquemment atteints, l’épiphyse supérieure ou inférieure des os longs étant initialement touchée 9 fois sur 10. L’articulation correspondante demeure presque toujours intacte.

IIT. —— Ces tumeurs peuvent se généraliser, ce qui est néanmoins plutôt exceptionnel.

Les symptômes qui les accompagnent varient suivant la localisation, la tumeur se traduisant par une tuméfaction dure, plutôt sensible que vraiment douloureuse. A cet égard, les sarcomes des os des membres s'opposent nettement aux arthrites aiguës.

La tumeur refoule toujours à sa périphérie et envahit plus ou moins les masses musculaires adjacentes, qu’on trouve infiltrées et sclérosées.

IV. — L'évolution des sarcomes des os semble plus rapide chez le chien, du moins en ce qui concerne le fémur et le tibia, qu'elle ne l’est chez l’homme. Elle ne s'étend guère au delà de quelques mois. La période terminale peut s'accompagner de fracture spontanée de l'os détruit, d’œdème de l’extrémité inférieure du membre et, bien entendu, de généralisations ganglionnaire et viscérale.

V. — Le sarcome « ostéogénique » que nous avons spécialement en vue, est la variété la plus fréquente. L'âge et surtout le sexe, ne sont pas à considérer.

VI. — L'influence de la croissance, des traumatismes, des irritations diverses, etc..., est, d'autre part, aussi énigmatique en pathologie comparée qu'en pathologie humaine et il n’y a pas lieu de s’en préoccuper.

L'’étiologie du sarcome des os nous est inconnue, comme celle du reste des autres tumeurs, et nos observations chez l'animal n'apportent à cet égard aucune lumière.

VIT. — L'examen clinique et radiologique, l'examen histologique (biopsies) permettent le diagnostic du vivant du sujet. À fortiori, ce diagnostic est-il des plus aisés sur le cadavre ? Il est impossible, à un examen attentif, de confondre macroscopiquement un sarcome avec une arthrite, et moins encore avec une entorse donnant lieu à une tuméfaction.

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VIIT. — Le pronostic est très grave, encore que la généralisation soit plutôt exceptionnelle. Plus le sujet est jeune et plus l’évolution semble rapide.

IX. — Le traitement se résume dans l'intervention chirurgicale, c’est-à-dire l’amputation, pour ce qui est des sarcomes des membres. La cautérisation est sans effet, ou plutôt elle détermine une aggravation. La radiothérapie n'a pas été éprouvée chez les animaux. Il est a priori douteux qu'elle offre une efficacité quelconque.

X. — L'anatomie pathologique démontre que les sarcomes des os en pathologie comparée ne diffèrent pas de ces tumeurs en pathologie humaine.

Ils sont enveloppés à leur périphérie d’un tissu fibrolardacé d'aspect, ou parfois encéphaloïde ; le doigt promené sur leur coupe révèle des points d’ossification ou de calcification ; le centre (plus ancien) est plus franchement ossifié que la surface d'extension et parfois creusé de cavités anfractueuses pleines de sang.

XI. — L'histologie fait mieux ressortir le polymorphisme structural de ces néoplasmes, justifiant les divers noms qui leur ont été donnés. Les cellules sarcomateuses sont plus volontiers fusiformes que polyédriques, elles donnent de l’os d’emblée ou d’abord du cartilage, du tissu ostéoïde plutôt, ou cartilaginiforme, les auteurs discutant d’autre part que la qualité des cellules géantes à noyaux multiples, qu'il n'est pas rare de rencontrer et qui ressemblent tout à fait, reconnaissons-le, à des myéloplaxes.

Lire

XII. — Sans invoquer d'autre processus pathogénique, pour nous, l’élément sarcomateux (d’origine périostique ou médullaire) évolue, c’est-à-dire se transforme, en ostéoblaste, comme est capable de le faire, sous certaines conditions d’origine et de potentialité, et par métaplasie, toute cellule conjonctive embryonnaire.

Vu : le Doyen, Vu : le Président de la Thèse, BALTHAZARD. ROUSSY.

Vu et permis d'imprimer, LE RECTEUR DE L'ACADÉMIE DE PARIS, CHARLÉTY.

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