‹ Le Sarcome Ostéogénique des Os du Chien et du ChatChapitre 4 sur 28 · BREVES CONSIDERATIONS SUR LES SARCOMES DES OS EN PATHOLOGIE HUMAINE · texte numérisé non relu

BREVES CONSIDERATIONS SUR LES SARCOMES DES OS EN PATHOLOGIE HUMAINE

Les tumeurs primitives des os sont généralement des sarcomes. Les chondromes sont bien plus rares. Ces sarcomes dérivent des parties les plus vivantes et actives des os : la moelle ou le périoste. On peut donc distinguer des sarcomes centraux ou myélogènes, les plus fréquents (MaucrAIRE), et des sarcomes périostiques.

SIEGE. —— Les maxillaires, supérieur et inférieur, le scapulum, l’humérus, l'os iliaque, le fémur et le tibia constituent les sièges les plus habituels des sarcomes osseux. Les autres os du squelette sont rarement atteints

(DELBET).

FORME ET DEVELOPPEMENT. — La forme du néoplasme dépend de son siège, de sa consistance et des parties avoisinantes. Développé sur une épiphyse, il augmente son volume ; développé à partir d’un diaphyse, l’ensemble prend la forme d’une massue. Quand la tumeur est de consistance dure, ce qui est de règle, elle refoule et comprime les parties molles voisines. Si, au contraire, elle est molle, elle se moule sur des organes périphériques et prend alors un aspect lobulé. Quand elle n’est plus encap-

sulée, elle s’infiltre dans les tissus voisins et sa forme échappe à toute description (MAUGLAIRE).

ETIOLOGIE. — Nous n'’envisagerons ici que les causes prédisposantes, qui se rapportent :

1° à l’âge et au sexe : Les sarcomes des os des membres peuvent se rencontrer avant trente ans et dès la toute première enfance-(ScHwaARTZz) ; ils seraient plus fréquents chez l’homme que chez la femme, sans qu’on puisse donner une explication plausible de ce fait.

2° à l'influence des traumatismes locaux : Ceîte action paraît certaine. Les sarcomes apparaissent souvent à la suite de fractures, de contusions, d’entorses, d'’ulcères et d’affections érysipélateuses des jambes. C’est ainsi que HABEREN a colligé 15 cas de néoplasmes primitifs du cal, soit D cas de sarcomes, 5 d’ostéomes et 5 de chondromes.

DIAGNOSTIC CLINIQUE. — Etant donné la gravité de cette affection, on comprend l'importance du diagnostic. Au début, on peut croire soit à une douleur rhumatismale, soit à l'existence d’une ostéo-myélite.

La palpation de la région douloureuse permet de reconnaître, au bout de quelque temps, un gonflement, une tuméfaction osseuse. Ce sont surtout les sarcomes juxtaépiphysaires qu'il est difficile de différencier des hydarthroses, des arthrites traumatiques ou inflammatoires et de l'ostéo-arthrite tuberculeuse. On retiendra que dans les cas de sarcomes des os, les mouvements articulaires sont en général conservés et nullement douloureux.

La suppuration est exceptionnelle. L'évolution est progressive et sans rétrocession. Enfin, en cas de doute, la ponction donne issue à du sang ; ce signe serait pathogno-

monique du sarcome encéphaloïde (MaucLAIRE). De plus, en présence d'une fracture spontanée, il faut toujours penser au sarcome primitif de l’os et en rechercher les symptômes.

La radiographie apporte également son aide, ainsi que l’histologie pathologique, par l'étude des biopsies.

PRONOSTIC. — Comme pour toute tumeur maligne, le pronostic est très grave. Pour Corniz et RANvIER, un sarcome est d'autant plus grave qu'il est constitué par des éléments moins différenciés, ce qui est hors de doute. Le sarcome à cellules embryonnaires, rondes ou fusiformes, est plus grave que le sarcome à myéloplaxes ; le sarcome central à myéloplaxes serait justement le moins grave. SCHWARTZ affirme que le sarcome périostique serait d’un pronostic très sombre. Le siège a, d'autre part, une grande importance au point de vue du pronostic, puisque, dans certains cas, l'intervention chirurgicale est impossible.

Depuis les travaux de MuzLcer et Wircnow, on admet la généralisation des sarcomes osseux, qui s'effectue aussi bien par voie sanguine que par voie lymphatique. Dans ce dernier cas, il n’est pas rare de trouver les glanglions lymphatiques, voisins et même éloignés, transformés en masses osseuses. Dans d’autres cas, les ganglions Ivmphatiques restent indemnes et les métastases se font d'emblée dans les poumons, principalement.

Pour Vircaow, le poumon est, en effet, l'organe de prédilection des métastases éloignées. Tous les observateurs sont d'accord sur ce point dans les deux médecines. La tumeur n'est pas dangereuse tant qu'elle est séquestrée par des couches du périoste et des aponévroses contiguës.

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TRAITEMENT. — Le traitement du sarcome ostéogénique chez l’homme est des plus décevants et des plus aléatoires.

Tous les moyens employés jusqu’à ce jour ont été suivis d'échecs à peu près constants. La présence de tissu ostéoïde rend la tumeur en partie réfractaire aux radiations.

La généralisation apparaît quoiqu’on fasse. J. SABRAzès, G. JEANNENEY et R. Marney-CornaAT disent ceci : « On ne peut même pas affirmer qu’un diagnostic pré- « coce, dans les limites où les examens cliniques radiolo- « giques peuvent l’établir, soit susceptible d'assurer une « survie quelque peu prolongée, c'est là une question « d'espèce. » Certains chirurgiens comme Broca et Fos- TER conseillent l’abstention pure et simple. Pour pallier aux résultats insuffisants de l’exérèse chirurgicale, on a préconisé et appliqué la radiothérapie ou curiethérapie. Les résultats de cette méthode sont précaires, mais elle a surtout été tentée dans les cas inopérables. La nature histologique n’est peut-être pas le seul facteur de cette faible radiosensibilité.

Quant au traitement médical, il n'existe pas.

Histologie des tumeurs humaines

Les sarcomes primitifs des os ont fait l’objet de multiples recherches. On a même proposé un certain nombre de classifications, qui ne diffèrent entre elles que par les appellations, vu la grande synonymie des termes employés.

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Gross, de Philadelphie, et Scnwarrz, divisent les sarcomes des os en :

Sarcomes myélogènes

à cellules giganto-cellulaires ou myéloplaxes ;

cellules fusiformes ;

cellules rondes.

Sarcomes périostaur

à cellules rondes ; à cellules fusiformes ; ostéoïdes.

En présence d’une tumeur suffisamment développée pour que l'os soit détruit, il n’est pas toujours facile de distinguer si l’origine est myélogène ou périostique. Aussi, abstraction faite de cette distinction, le Professeur Maurice LETULLE (1) s’est efforcé d'isoler quelques types, en reconnaissant qu'il est rare de les trouver à l’état pur. Ces types sont les suivants :

A) Sarcome chondroïde. — Les formations cartilagineuses au sein du sarcome ne sont jamais prédominantes. Surtout visibles à l’œil nu, sous l’aspect de placards d’un blanc bleuâtre, homogènes et durs.

B) Sarcome ostéogénique ou ossifiant. — Dans un tissu sarcomateux indiscutable, les masses bourgeonnantes sont découpées de place en place par un squelette osseux néoformé. Le trabécule osseux se compose d’une substance calcifiée contenant de l’osséine, au sein de laquelle sont

() M. Leruirze, Anatomie pathologique. Masson, éd. 1931, tome I.

incrustées, en désordre el sans jamais constituer des lamelles osseuses concentriques à un canal de Havers, des cellules osseuses ou ostéoblastes caractéristiques. Le terme « ostéogène » est d'autant mieux justifié que les embolies métastasiques s’édifient par le même procédé d'ossification insulaire.

C) Sarcome ostéoïide. — On ne trouve que des ébauches de néoformations osseuses. Le tissu sarcomateux est semé çà et là de blocs calcaires, d’îlots de nodules dont la substance homogène est infiltrée de sels de chaux. Les cellules enchâssées dans cette substance ont l'aspect d'ostéoplastes plus ou moins malformés.

D) Sarcome à myéloplaxes. — Cette variété est remarquable par l'abondance considérable, la dissémination, l'agencement de ces cellules géantes à noyaux multiples si caractéristiques. Ces éléments peuvent atteindre et dépasser 150 #. Les noyaux tendent à se grouper au centre, ce qui est différent de la cellule géante inflammatoire parasitaire et notamment tuberculeuse. Les sarcomes à myéloplaxes sont, d’autre part, habituellement bénins, ce terme s’entendant du défaut de généralisation, mais il n'y a rien d’absolu à cet égard.

Récemment, dans leur ouvrage « Les tumeurs des os », J. SABRAZES, G. JEANNENEY et R. MarHey-CoRrNaT {‘) distinguent dans le sarcome des os deux variétés. Au premier rang figure le sarcome ostéogénique ou ostéosarcome proprement dit. Sa structure, bien que composite, est grossièrement celle du sarcome fuso-cellulaire ; il élabore, plus

ou moins, du tissu ostéoïde ou osseux ; d’où son nom

(1) Masson et Cie, éditeurs, Paris, 1932.

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