‹ Le sarcome primitif de l'estomacChapitre 16 sur 23 · Czerny. — Wicn. rned. Woch., 1884, n° 19, p · texte numérisé non relu

Czerny. — Wicn. rned. Woch., 1884, n° 19, p

2. Baldy. — Journal of lhe Amer. med. Assoc., 1898, T. I, p. 523.

un mésentère et à l’intestin que l’on commença à libérer très péniblement de différents côtés; on ne s’aperçut qu’à la fin de l’opération qu’il s’agissait d’une tumeur gastrique. 11 fut impossible de refermer l’estomac réséqué et de faire une bonne anastomose œsophago-intestinale. Le malade mourut trente-six heures après l’opération.

L’examen microscopique montra qu’il s’agissait d'un sarcome de l’estomac.

Observation VIL Arnold1. Homme de quarante-sept ans, se plaint de souffrir depuis deux mois de douleurs épigastriques et de faiblesse générale. Ces symptômes Font forcé à interrompre son travail. Il a maigri en deux mois de 22 livres : depuis quelque temps, il a noté l’existence d’un nodule douloureux à la pression dans la région épigastrique. 11 y a de l’anorexie, des éructations et des nausées, mais pas de vomissements; constipation. Jamais d’autres symptômes. Le malade est cachectique, son abdomen est distendu et légèrement tympanique; on sent dans l’hypocondre gauche et dans l’épigastre une tumeur dure, nodulaire, étendue du rebord costal à l’ombilic en dedans et s’arrêtant en bas de quelques centimètres au-dessus de la crête iliaque gauche. La tumeur est mobile avec la respiration. On crut à l’existence d’une grosse rate. Rien dans l’urine : l’examen du sang montra 4.400.000 globules rouges et 15.600 leucocytes en proportion normale. On fit le diagnostic de tumeur maligne probablement de la rate. Une laparotomie exploratrice fut pratiquée et montra une volumineuse tumeur envahissant la rate et le côlon. On referma le ventre en faisant l’entérostomie sur l’intestin grêle. Mort au bout de vingtquatre heures.

À l’autopsie on trouva que la tumeur avait son point de départ dans l’estomac, au niveau de la grande courbure, qu’elle avait envahi secondairement le côlon transverse et le grand épiploon : la rate était normale ainsi que les autres viscères. Quelques métastases ganglionnaires dans l’épiploon gastrosplénique. La tumeur était ulcérée du côté de l’estomac. Il s’agissait histologiquement d’un sarcome à cellules mixtes.

Observation VIII. Goullioud et Mollard2 . Femme de trente ans, entrée dans le service du professeur Laroyenne pour une tumeur abdominale. Depuis six mois, développement progressif de la tumeur abdominale sans douleurs, mais avec accompagnement d’une anémie profonde. La tumeur est située au milieu du ventre, mobile, bosselée, dure, rappelant un fibrome. Indolence absolue. Aucun rapport avec les organes génitaux. Etat fébrile léger (37°9 à 38°2). Ni constipation, ni diarrhée, ni vomissements, mais anorexie et digestions pénibles. Emaciation considérable, perte des forces. L’opération montre une tumeur du grand épiploon que l’on énuclée en faisant l’hémostase succes-

1. Arnold. — Reports oT the Boston city Hospital, 1900. Vol. XI, p. 227.

2. Goullioud et Mollard. — Lyon médical , 1889, 18 Août, T. LXI, p. 545.

REVUE DE GYNÉCOLOGIE. — VIII

P. LE CÈNE ET J. PETIT

sive ; malheureusement on est amené à réséquer une partie du mésocôlon transverse; la malade meurt six heures après l’opération de choc; le côlon transverse, au niveau de la section de son méso est cyanosé, livide. On trouve sur l’estomac, en un point où la tumeur épiploïque adhérait, une tumeur pariétale de l’estomac qui semble bien être le point de départ de la tumeur épiploïque secondaire. Celle-ci pèse 2,650 grammes et ressemble à du fibrosarcome. Il n’y a pas de métastases viscérales ni ganglionnaires. L’examen histologique de Bard conclut à « cancer à fibres musculaires lisses » primitif de la paroi stomacale, avec généralisation épiploïque. « Beaucoup d’histologistes, dit Bard, feraient de la tumeur, du fîbro-sarcome. »

Observation IX. Ehrendorfer1 2 . Femme de cinquante ans, remarqua, il y a trois ans, le développement, dans la région ombilicale, d’une tumeur grosse d’abord comme un œuf qui possède actuellement le volume d’une tête d’enfant. Il n’existe comme troubles gastriques qu’une sensation de pesanteur après les repas. La tumeur, grosse comme une tête d’enfant, hémisphérique, lisse, de consistance dure, assez mobile, s’étend de l’ombilic jusqu’au petit bassin. On fait le diagnostic de tumeur de l’ovaire. A l’opération, on trouva une tumeur, placée au-devant du grand épiploon, auquel elle adhère en bas, insérée d’autre part en haut sur la paroi antérieure de l’estomac. L’estomac était dilaté et attiré en bas, si bien que la grande courbure atteignait le petit bassin. La tumeur s’insérait en réalité sur la petite courbure, près du pylore. On parvint à libérer et à extirper la tumeur, sans ouvrir l’estomac; la mort survint le quatrième jour, par pneumonie et péritonite circonscrite. L’examen histologique montra qu’il s’agissait de fibrosarcome, avec des hémorragies interstitielles abondantes.

Observation X. Cantwell*. Femme de cinquante-deux ans, se plaignant d’amaigrissement et de la présence d’une grosse tumeur abdominale. En ouvrant l’abdomen, on découvrit une volumineuse masse, recouverte par l’épiploon et le mésentère. On fendit l’enveloppe de la tumeur et on se mit à l'énucléer : cette manœuvre fut rendue difficile par la consistance gélatineuse de la tumeur et par un suintement sanguin abondant : une fois la tumeur complètement énucléée, on vit qu’elle s’insérait sur la face postérieure de l'estomac et qu’elle avait provoquée l’abaissement de cet organe. On réséqua alors la tumeur avec son point d’implantation gastrique, et la perte de substance fut refermée par deux rangs de suture. La malade guérit, mais fit une parotidite le dixième jour. La tumeur enlevée pesait 12 livres, et on avait réséqué 15 centimètres carrés de paroi stomacale. La récidive survint huit mois après l’opération.

Il s’agissait histologiquement d 'un sarcome faso-cellulaire.

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