‹ Le Sarcome Primitif du Poumon et sa Généralisation CardiaqueChapitre 7 sur 35 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Il nous semble qu'avant 1856, aucune observation vraiment précise de sarcome primitif du poumon n’a été publiée. C’est à celte époque, en effet, que Poisson et Robin ont donné, dans la Gazette Médicale de Paris, une description clinique, et surtout un examen histologique approfondi de cette tumeur. Les néoplasies décrites antérieurement sous le nom de sarcome primitif n’avaient pas été l’objet d'examens microscopiques : il est donc impossible de les retenir.

Demange en 1875, Colomiati en 1879, Klebs, Kronig, . Rutimayer, publièrent successivement des observations. Peu à peu, on parvint à isoler le sarcome primitif du poumon du cancer de la plèvre, des sarcomes du médiastin développés au niveau des ganglions bronchiques et propagés secondairement au poumon.

La thèse de Fuchs (1887) réunit 12 cas. Il ne décrit d’ailleurs aucune évolution clinique précise.

Spillmann et Haushalter (1891) puis Rondeau (1903), Pater et Rivet (1905), essayent successivement d’indiquer une symptomatologie. -

Bocage (Thèse de Paris,1905) rapporte 21 cas de cette

néoplasie. Cet auteur donne une étude fort complète, tant au point de vue clinique qu’au point de vue anatomo-pathologique.

Lubin en 1909 et l’article magistral de Ménétrier apportent une nouvelle contribution à cette étude.

Les plus récents travaux d’ensemble publiés sur la question sont : le livre d’Adler (1912), le travail de Boschowski (1912), la thèse de Chanard (Montpellier, 1913), celle d’Alliot (Paris 1921).

ÉTIOLOGIE

Le très petit nombre d’observations contrôlées par une méthode vraiment scientifique ne permet guère d'établir une statistique précise au point de vue de la fréquence de la tumeur. Les quelques chiffres indiqués ci-dessous n’ont donc qu’une valeur très discutable.

Sur 8716 autopsies, (1854-1885) Renhard donne 545 sarcomes et 5 fois seulement celui du poumon.

Ménétrier (1901) donne 0,009 de sarcomes primitifs sur 100 autopsies.

Un fait seul semble bien acquis, c’est l’extrême rareté de cette tumeur.

Le sexe semble avoir une certaine influence : le sarcome primitif serait trois fois plus fréquent chez l’homme que chez la femme.

L'âge où il se rencontre plus volontiers peut avoir quelque importance : le sarcome primitif est plus fréquent avant 40 ans. Bocage relate 9 cas avant, 5 après. Ménétrier 15 avant, 6 après. Il semble que l’âge d’élection soit entre 20 et 35 ans.

Au point de vue de la localisation, le sarcome primitif siège de préférence dans le poumon gauche, au niveau

No

du lobe inférieur, alors que les cancers, les lympho-sarcomes ou sont bilatéraux, ou siègent plutôt à droite, dans le lobe supérieur.

Il n’est guère utile d’insister sur des notions étiologiques qui n’ont pas plus de précision pour le sarcome primitif du poumon que pour les autres sarcomes viscéraux.

ITest classique de signaler la fréquence des tumeurs décrites par Haerting et Hess sous le nom de lymphosarcomes, chez les ouvriers des mines de cobalt arsenical de Schneeberg : il s'agirait, semble-t-il,d’un lymphosarcome primitif des ganglions du médiastin.

Bernouilli, en 1907, signale la fréquente union de la tuberculose et du sarcome.

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