‹ Le Sarcome Primitif du Poumon et sa Généralisation CardiaqueChapitre 8 sur 35 · ANATOMIE PATHOLOGIQUE · texte numérisé non relu

ANATOMIE PATHOLOGIQUE

D'une façon générale, nous l’avons vu, le sarcome primitif du poumon se développe dans le lobe inférieur du poumon gauche. Il est massif ou nodulaire.

La forme massive la plus fréquente se présente sous aspect d’une tumeur unique, de taille variable, souvent très volumineuse (tête d’enfant nouveau né, Rutimeyer). Elle est encapsulée par une coque fibreuse plus ou moins épaisse, son poids peut atteindre ou même dépasser 3000 grammes.

Elle déplace alors les organes du médiastin, comme cela se produit dans les grands épanchements pleuraux ; et même, quoique bien plus rarement, elle peut venir faire saillie au creux sous claviculaire ou à l’aisselle.

A la coupe, le tissu est blanc ou rosé, mou, cérébriforme le plus souvent. Parfois il existe des zones de consistance variable. Plus rarement, le tissu tout entier est dur et ligneux. On remarque assez fréquemment des géodes, des cavités kystiques remplies de sang ou d’un liquide puriforme ou purulent,.

Au râclage on obtient un suc laiteux.

La forme nodulaire, plus rare, est caractérisée par la

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présence de noyaux de forme variable, de consistancé plus ferme que les tumeurs volumineuses. Les uns sont sous pleuraux, les autres intra-parenchymateux. Quelques-uns semblent être des tumeurs primitives, les autres répondant à des greffes secondaires.

On a décrit aussi une forme infiltrée qui serait très exceptionnelle et où le parenchyme pulmenaire serait envahi de façon diffuse (Bocage).

Les métastases sont beaucoup plus rares que dans l’épithélioma. Les plus fréquentes sont celles qui atteignent les ganglions bronchiques. Les ganglions sousclaviculaires et sous-axillaires sont plus rarement pris.

Les autres dégénérescences de voisinage se font dans la plèvre, l’autre poumon, la colonne vertébrale, le cœur même, comme nous le verrons dans notre observation. La paroi thoracique, le foie et la rate peuvent être envahis. L’œsophage est généralement sauf.

La plèvre est fréquemment intéressée soit qu’elle devienne le siège d'une propagation (sarcome pleuro-pulmonaire) soit que sa cavité se symphyse ou devienne le siège d’un épanchement hémorragique ou suppuré.

Le poumon présente des lésions banales : congestion, atélectasie, broncho-pneumonie.

Les types histologiques sont représentés par le sarcome fuso-cellulaire, le sarcome à petites et à grandes cellules, le chondro-sarcome.

Le sarcome fuso-cellulaire est de beaucoup la formela plus souvent observée. La tumeur est formée par des cellules fusiformes ànoyauallongé,à protoplasma effilé groupées en faisceaux, que les coupes montrent tantôt coupé

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en long, Lantôt en travers. La masse néoplasique est de consistance ferme, et tend généralement à acquérir un volume considérable. :

Les sarcomes à petites ou à grandes cellules sont plus rares. « Ils sont formés d’une accumulation de petites cellules à noyaux polymorphes, présentant des figures de division, ou encore de grandes cellules volumineuses, polyédriques. Par places,on trouve des cellules à noyaux bourgeonnants, des plaques cellulaires à noyaux multiples, quelquefois dans le protoplasma, des vacuoles dans lesquels sont inclus des débris cellulaires, ou des leucocytes entiers » (Ribadeau-Dumas).

Les chondromes sont très rares. Ils constituent généralement des tumeurs limitées.

SYMPTOMATOLOGIE

La symptomatologie du sarcome primitif du poumon n’a, dans la grande majorité des cas, aucun symptôme qui lui appartienne en propre. Tantôt la tumeur se développe insidieusement, sans présenter pendant longtemps de signes manifestes, et elle n’est plus alors qu'une trouvaille d’autopsie. Tantôt il existe des signes pulmonaires plus où moins précoces, mais ils n’ont rien de caractéristique : ce sont ceux d’une congestion pulmonaire, d'une pleurésie séro-fibrineuse, hémorragique ou purulente, d'une tuberculose aiguë ou chronique, d’une {tumeur médiastinale.

Cependant, peut-être est-il possible de dégager de quelques cas plus typiques une allure clinique suffisamment tranchée pour permettre, sinon un diagnostic ferme, tout au moins une présomption.

Dans l’état actuel de nos connaissances, il nous parait difficile de décrire séparément une période de début, d'état, une terminaison. Il nous semble préférable d'isoler les divers symptômes qui peuvent éveiller l’attention sur celte affection, et de les analyser un à un.

Du début de Paffection, nous n’avons en effet rien à

ne

dire, sinon qu’il est toujours insidieux, et que, dans quelques cas, il peut être marqué par « une toux banale, des douleurs thoraciques diffuses, un essoufflement sans cause apparente, ou un épanchement leatement constitué » (Ribadeau-Danmas).

Signes fonctionnels

La dyspnée constitue souvent un symplôme précoce. D'abord passagère, ne se manifestant qu’à la suite des efforts, simulant ainsi la dyspnée cardiaque, elle devient graduellement plus intense, puis permanente. Des crises paroxystiques nocturnes, asthmatiformes, ont été notées. Les malades présentent parfois du cornage, du tirage sus et sous-sternal.

Cette dyspnée cadre mal avec des signes physiques peu en rapport avec son intensité. S’il y a épanchement pleural concomitant, la thoracentèse n’apporte qu’un soulagement léger ou nul.

La douleur est un phénomène presque constant, également précoce. Tantôt il s’agit d’une sensation diffuse, d’une sensation de poids, de barre, dans la région thoracique. Tantôt c’est une douleur térébrante, pongitive, pouvant simuler la névralgie intercostale et ses points d'élection douloureuse, ou bien le point de côté sousmamelonnaire de la pneumonie.

La persistance de la douleur, et surtout son accroisse ment, au cours d’une affection pulmonaire de longue durée doivent faire penser à une {tumeur maligne.

Tout à fait à la fin de la maladie, on peut observer

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des douleurs de caractère fort variable, dues à des compressions nerveuses (plexus brachial, moelle).

La toux ne présente aucun caractère particulier : elle est sèche, quinteuse, pouvant devenir coqueluchoïde.

L’expectoralion doit faire Pobjet d’un examen attentif. Nulle au début, elle est généralement peu abondante, même à la période d'état. Elle peut être banale : muqueuse, muco-purulente, purulente, et, elle n’est, en ce cas, d'aucune signification utile. Mais elle peut être sanglante.

L'hémoptysie est très variable. Très souvent, les choses se passent ainsi : Le malade jusqu'alors en bonne santé, rejette brusquement, sans quinte de toux, sans dyspnée et sans fièvre, une faible quantité de sang : un demi-verre, par exemple. Parfois aussi, les hémoptysies du sarcome ne se différencient en rien des hémoptysies tuberculeuses.

Hugues, puis Stokes, ont, successivement insisté sur Pexpectoration « gelée de groseilles » qu’ils considèrent comme caractéristique du cancer du poumon. Les crachats typiques auraient une consistance gélatineuse (à différencier de la viscosité du crachat pneumonique). Ils seraient d’une teinte homogène, noirs, rouges ou roses, jamais rouillés ni briquetés. Il semble que cette expectoralion ne soit pas rigoureusement spéciale au cancer, comme le fait observer Ribadeau-Dumas : elle peut se rencontrer dans d’autres affections où les crachats sont faits de mucus et de sang : on l’a rencontrée dans l'apoplexie pulmonaire, la dilatation des bronches, la tuberculose.

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