‹ Le Satiricon et ses originesChapitre 5 sur 21 · B. — LES ÉPISODES · texte numérisé non relu

B. — LES ÉPISODES

Telle est l'intrigue du Satiricon. Dans cette intrigue déjà complexe, l’auteur a inséré des épisodes ou digressions. Il est utile, pour rechercher par la suite le caractère général et les origines probables du Satiricon, d’en dire 1c1 quelques mots.

En voici d’abord la liste :

10 Conversation littéraire d’Encolpe avec le rhéteur Agamemnon dans le portique voisin de l’école d’Agamemnon (ch. 1-4) ;

20 Poème récité par le rhéteur Agamemnon et contenant des conseils au futur orateur (ch. 5) ;

30 Description du banquet chez Trimalcion (ch. 27 à 78) ;

40 Aventure scandaleuse d'Eumolpe avec un jeune garçon à Pergame (ch. 85-87) ;

50 Conversation d’Encolpe et d’'Eumolpe sur les beauxarts {ch. 88) ;

60 Description en vers du tableau représentant la prise de Troie (ch. 89) ;

70 Histoire de la matrone d’Ephèse, racontée par Eumolpe (ch. 110-113) ;

80 Discours d’'Eumolpe sur la poésie (ch. 118) ;

90 Poème sur la guerre civile, récité par Eumolpe (ch. 119- 124).

Ces passages, qui ont une unité propre, ont été par là respectés des abréviateurs par lesquels nous connaissons le Satiricon, et 1ls nous ont été transmis en entier, sauf le premier, dont le début est perdu.

Parmi eux, il faut mettre à part le banquet chez Trimalcion. C’est un récit imdépendant du reste du roman, et qui ne s’y rattache que parce que certains personnages lui sont communs avec le roman lui-même. Il a son sujet propre, un sujet souvent traité dans la littérature Cmimique » de l'antiquité, et sa composition propre. Si nous embrassons l'intrigue dans son dessein complet, tel que nous avons essayé de lentrevoir, 1l se plaçait probablement vers le milieu de l'ouvrage. Dans un ensemble deux ou trois fois plus long que la partie conservée de l’ouvrage, il ne donnait d’ailleurs pas l'impression de longueur disproportionnée qu'il donne aujourd’hui.

S1 l’on fait abstraction du banquet chez Trimalcion, les autres épisodes ne sont pas de nature à nuire gravement : au développement de l'intrigue et à l'intérêt du récit. D'abord leur étendue totale, comparée à celle de ensemble, ne paraît pas très considérable ; pour l’apprécier exactement, 1l faut, bien entendu, tenir compte du fait que les épisodes nous sont parvenus intacts, alors que le récit proprement dit se présente à nous abrégé et mutilé. De plus ils sont, autant que nous pouvons nous en rendre compte, disposés avec un certain souci de l’unité de l’ensemble,

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