LISÉRÉ ET TATOUAGE DES MUQUEUSES
Grisolle, Thèse, Paris, 1835. — Burton, Gaz. méd. de Ports, 1840, p. 470. — Schebacb, n° 246, De Florieps mue notizm, 1839. — Grégory Smith, Soc. méd. Westminster, janvier 1840. — Cras, RêfÀerrhes sur la colique sèche, Thèse, Paris, 1863 ; Archives de médeeim navale, 1875, 1876, 1882; Bulletin et Mémoires de la Société de chirurgie de Paris, 1878. — Jules Lecoq, Sur les lisérés. Bull. thèrap., 1859, t. LVII, p. 341. — Gubler, Dict. encycl. sciences méd., art» « Bouche », 1869. — Magitot. Dict. encycl. se. méd., art. ■ Bouche », 1869; art. « Gencives », 1881. — J. Renaut, Thèse 1875; Gazette méd., 10 août 1878. — P. Lemaistre, Académie de méd., 19 juin 1900. — Mesny, Thèse, Bordeaux, 1893, n° 48, Liséré de Burton. — Bunelle, Coupes histologiques de gencives avec liséré, Bull. méd. du Nord, 1894. — Lemoine, Liséré gingival consécutif à l'ingestion du borax. Bull. gén. de thérap., 30 mai 1892. — Launois, Soc. de biologie, 1903.
Action du plomb sur le tissu musculaire et sur le tissu osseux. — Laissant de côté les lésions locales correspondant à certains troubles fonctionnels, nous rappellerons brièvement les lésions constatées sur l'ensemble des tissus musculaire et osseux.
Tissu musculaire. — Gusserow admettait une localisation élective du plomb sur les muscles avec dystrophie consécutive à cette imprégnation. Heuby détruisit cette théorie en
établissant à la suite de ses recherches une échelle inverse de gradation.
Nous rappellerons d'autre part que nous avons signalé la présence dans les muscles des animaux à sang froid de la moitié environ du plomb fixé par l'ensemble des tissus. Pour Hitzig Faction du plomb sur les muscles serait subordonnée à l'irrigation plus ou moins complète du territoire examiné. Nous placerons ici une deuxième observation personnelle ayant trait à la localisation élective du plomb sur un organe temporaire, riche en vaisseaux et en fibres lisses, le placenta, dont l'irrigation est toujours des plus actives.
Quoi qu'il en soit de ces faits et des théories qui peuvent en découler, l'organisme des saturnins est le siège d'une dégénérescence musculaire en rapport avec l'anémie au début de l'intoxication, avec la cachexie dans la période ultime.
Nous verrons plus loin, en parlant des muscles atteints de paralysie, que le processus de dégénérescence s'exagère sur ces derniers sans dépasser en général le stade granulograisseux.
La dystrophie musculaire frapperait non seulement les muscles de la vie de relation, mais encore les fibres lisses des vaisseaux et du tube digestif ainsi que le myocarde lui-même. L'altération du myocarde est contestée par Debove, mais les observations de cet auteur paraissent avoir porté principalement sur des cas de saturnisme subaigu, à marche rapide (intoxication par les accumulateurs).
Nous avons montré que le muscle cardiaque contenait toujours chez les animaux intoxiqués une quantité appréciable de plomb. Nous citons ce fait à titre documentaire sans y attacher une signification pathogénique.
Les muscles lisses de la vie organique subissent au début de l'intoxication saturnine une hypertrophie réactionnelle passagère à laquelle succède une involution atrophique prématurée. Cette sénilité précoce de la musculature des intestins et des vaisseaux, qui retentit sur les fonctions correspondantes, est une des caractéristiques de l'intoxication saturnine.
Système osseux. — Le système osseux est plus particulièrement atteint dans son élément myéloïde (voir Anémie saturnine). L'envahissement du sang par les hématies nucléées est évidemment lié à une poussée normoblastique médullaire analogue à celle qui se produit dans les infections. Les manifestations osseuses du saturnisme sont d'ailleurs mal connues. La littérature médicale ne possède sur ce point que les observations de Lewy. La localisation manifeste et particulièrement tenace du plomb sur le système osseux compromet la vitalité de ce dernier et provoque des nécroses (23 cas obse*" fAQ c, t- { *86 saturnins). C'est par un processus analogue, d'ailleurs entretenu et aggravé par la stomatite concomitante, que les dents des saturnins sont atteintes d'ostéite raréfiante, de carie et de périostite alvéo-dentaire expulsive. Nous avons d'ailleurs montré que le plomb s'éliminait en partie par la pulpe dentaire en même temps que le fer mis en liberté par la destruction des globules (Meillère et Richer). La présence du plomb dans les dents de saturnins avait déjà été constatée par G. Pouchet.