‹ Le Sault-au-Récollet [microforme]Chapitre 12 sur 92 · TS PO TI AR · texte numérisé non relu

TS PO TI AR

les missionnaires qui les ont suivis, les Jésuites principalement, ont eu une large part de mérites dans l'œuvre d’évangélisation du pays, et je suis heureux de reconnaître, en passant, leurs immenses travaux. Je m’arrête pour le moment aux missionnaires Récollets, À cause de leurs rapports avec nos plages dans ces temps reculés.

Quand il s'agira de la formation proprement dite de notre paroisse, nous verrons que la gloire en revient aux enfants du vénérable M. Olier, dont le zèle et le dévouement prirent leur essor et se répandirent dans toute l’île de Montréal.

Ils ont même généreusement conquis les gloires de l’apostolat dans les diverses parties de la Nouvelle-France, au pays des grands lacs, en Acadie, ainsi que les palmes du martyre : MM. Lemaître et Vignal en font foi.

Toutes ces gloires doivent être réunies en un seul faisceau pour former une même couronne de gloire nationale, L’œuvre des premiers Récollets, si peu connue et si peu étudiée, a laissé sur les rives de nos fleuves, au sein des forêts profondes, sur les bords de nos grands lacs, des souvenirs impérissables de zèle et de dévouement. Saluons donc ce départ héroïque des premiers missionnaires de la patrie, et Dieu soit béni d’avoir encore une fois

ramené parmi nous leurs descendants !

Voici comment l’historien Sagard raconte ce premier départ: “ Ces bons Pères, s'étant tous disposés par fréquentes orais ins et bonnes œuvres

à une entreprise si pieuse et méritoire, se mirent en chemin pour commencer leur glorieux voyage, à

pied et sans argent, à l’apostolique, selon la coutume des vrais frères Mineurs, et s’embarquèrent } Honfleur, l’an 1615, le 24 avril, environ les cinq heures du soir, que le vent et la marée leur était favorable. Dieu, qui leur avait donné ce bon sentiment et la volonté d’entreprendre ce pénible voyage, leur fit aussi la grâce de passer ce grand Océan et d’arriver heureusement à la rade de Tadoussac, où ils prirent quelques heures de repos, et de là coulèrent dans le port à la faveur de la marée où ils mouillèrent l'ancre le 25 de mai, jour de la translation de notre Père saint François, qui fut pris à bon augure ” (Sagard, Histoire du Canada, t. III, p. 36).

C’est le lieu de citer les beaux vers du poète lauréat canadien :

On n'avait guère vu spectacle plus étrange

Que cette courageuse et modeste phalange Pleine d’ardeur mystique et de projets virils, Qui, nouveaux messagers de la parole sainte, Traversaient l’univers pour se jeter sans crainte Au-devant des plus grands périls.

Louis FRÉCHETTE,

(Missionnaires et Martyrs.)

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