‹ Le Sault-au-Récollet [microforme]Chapitre 38 sur 92 · PERMETTRE ARE · texte numérisé non relu

PERMETTRE ARE

% Non, son cœur y voit l'héritage

% Des Français qui viendront un jour !

À L.-J.-C. FISET. . L’onde furieuse de notre rapide venait de + recueillir le corps meurtri, ensanglanté du héros,

premier martyr canadien ; peut-être at-elle recélé

quelques jours ce trésor d’humilité et d’abnégation, jusqu’à ce qu’une poignée d'amis, mêlant leurs larmes au bruissement des feuilles et aux échos des ‘ascades, aient confié au sol de la Nouvelle-France les restes de celui qui venait de mourir pour elle! Mystère des secrets du passé! manteau d'oubli dont un coin a surgi pour répandre de ses doux rayons sur nos Âmes émerveillées !

Désormais le silence se fera sur le mort gisant dans ce sol fertile, et comme recouvert de cette nature robuste et appelant toutes les énergies.

De temps à autre l’écho de nos plages redisait le bruit mesuré des pagaies ; et les canots d’écorce tiluient le long des bords au chant des refrains monotones des Indiens, où mieux des hymnes de l’Église et de la mère patrie.

Oh ! quelle poignante impression de douleur et de sainte envie vint étreindre les cœurs des Pères de Brébeuf et de La Roche Daillon, quand ils purent entin :contempler ces rives d’où une voix semblait dire: Sta, viator, heroem calcas ; arrête, voyageur, tu foules aux pieds un héros.

(Ce fu épitaphe de François de Mercy, général de Bavière, blessé à la bataille de Nordlingue, contre Condé, le 3 août 1645.)

Sans doute ils s’arrêtèrent, comme aussi un

grand nombre après eux.

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Une prière ardente s’échappa du cœur du grand de Brébeuf pour obtenir la grâce de passer à sa chère compagnie les palmes du martyre. Déjà, il s'était oftert ; plus tard, il sera placé sur lPautel de l’immolation, avec son digne confrère le Père Gabriel Lalemant : ‘“estant encore tous pleins de vie, on enlevait des morceaux de chair de leurs cuisses, du gras des jambes et des bras, que des bourreaux faisaient rôtir sur des charbons et qu'ils mangeaient à leur vue.” relations de 1649.

Depuis le martyre du Père Nicolas Viel, envi-

Voilà ce que disent les

ron 71 ans s’écoulèrent avant qu’il fût question d’un établissement religieux À l'endroit témoin de son sacrifice.

Le cadre de mon œuvre ne me permet pas de m'occuper de tous les événements religieux et patriotiques qui ont parsemé ce laps de temps. Je choisis certains faits glorieux ayant quelque rapport avec notre plage, et je présente ce chapitre comme un lien historique destiné à nous attacher de plus en plus à la patrie en admirant la vertu et le courage de ses héroïques fondateurs.

Québec est notre berceau, le foyer merveilleux des premiers événements.

Au haut de ce cap altier et comme triomphant de nature, l’aigle divin a placé son nid.

Il a étendu son vol dans tous les pays d’alentour; et À mesure que ses aiglons ont paru, il a essayé leurs yeux à la lumière de la vraie civilisation, puis il les a lancés pour aller répandre au loin les bienfaits, et protéger de nombreuses peuplades.

Aujourd’hui les sentiers innombrables et éloignés, les portages arrosés des sueurs et du sang de nos aïeux, les tempêtes essuyées, les nuits de froid intense, les privations de toutes sortes de nos héros, leurs supplices effroyables, leur mort tragique ; toutes ces choses, vrais diamants de notre couronne nationale, ne sont-elles pas beaucoup trop ensevelies, pour ne pas dire ignorées ?

Il est un nom que je tiens à mentionner, puisque j'écris l’histoire d’une de nos paroiïsses rurales, c’est celui du sieur Louis Hébert.

Il fut le premier à cultiver le sol de la patrie, il est le père de nos cultivateurs, comme aussi leur modèle de vertu, d'énergie et de parfaite honorabilité.

Il se livra cependant à l’agriculture d’une manière bien restreinte, “ à demi-lieue de l’habitation sur le bord de la rivière Saint-Charles, à son labourage, écrit Champlain (p. 988), tant était impérieux et exclusif le dessein de la compagnie des cent associés de profiter du commerce des four-

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