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devaient consacrer le triomphe de la civilisation du pays, comme naguère le sang des victimes choisies montait avec l’encens vers le ciel, pour en faire descendre les plus précieuses bénédictions.
Les sauvages vinrent en bon nombre se réfugier au fort de Ville-Marie, et en dépit de nombreuses attaques, la jeune ville prenait un développement sensible. La sécurité qu'ils éprouvaient près de ce groupe de héros gagna leur admiration, leur amitié et leur contiance.
Tous les moyens furent mis en œuvre pour les secourir. Les bons Pères Jésuites donnèrent plus d’étendue à leurs courses et À leurs travaux, et un grand nombre des membres de leur compagnie ne cessèrent d'apporter leur contingent d'efforts pour remplacer ceux que le martyre venait couronner ou que l'épuisement enlevait à la lutte.
Le champ d’héroïsme était vaste alors: il a été bien glorieusement parcouru en tout sens, je puis dire, et tous les historiens s'accordent À reconnaître l'immense mérite de nos missionnaires.
Si l’on considère que la compagnie de Saint- Sulpice n’était alors qu’à son berceau, et qu’elle ne comptait qu’un nombre très restreint de sujets, il faut reconnaître qu’elle a fait généreusement sa part.
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Les Sulpiciens ont embrassé toutes les œuvres des missions sauvages, avec la consolation de les voir donner les plus précieux résultats. Cette œuvre d’évangélisation ne commença que vers 1668, vu que Mgr Laval ne le permit pas avant cette époque (Faillon, Vie de M. Bourgeois).
Ces messieurs fondèrent d’abord une mission au lac Ontario, à la baie de Quinté: elle eut bientôt deux succursales.
C’est dans cette mission que des hommes portant les noms les plus illustres, se dévouèrent avec Phumilité la plus parfaite et sassujettirent aux privations les plus pénibles. Nommons entre autres Messieurs les abbés Fénelon, demi-frère du célèbre archevêque de Cambrai, Lascaris, d’Urfé, issu de Pancienne maison impériale de Constantinople, Louis Armand de Cicé, devenu plus tard vicaire apostolique de Siam (Pabbé Cuoq, Mémoires ; Pabbé Casgrain, les Sulpiciens en Acadie, page 86). M. de Bretonvillier, successeur de M. Olier, supérieur général de Saint-Sulpice, fit de grandes dépenses pour lPentretien de ces missions, comme l’atteste M. Faillon (Vie de Mère Bourgeois, I, p. 274).
Ces efforts ne produisirent néanmoins que de faibles résultats et, “ après dix ans d'expérience,
écrit M. Faiïllon (même ouvrage, p. 273), on demeura
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convaincu que le fruit de ces missions errantes se réduisait presqu’à rien, et que pour travailler utilement à la conversion des sauvages, il fallait d’abord les rendre sédentaires et les attirer auprès des Français.”
Le Père Paul Le Jeune, bien des années auparavant, avait exprimé cette opinion (Rel. 1654, p.11). ‘“ On ne doit espérer grande chose des sauvages, tant qu'ils seront errants. Vous les instruisez aujourd’hui, demain la faim vous enlèvera vos auditeurs ;—de les vouloir suivre, il faudrait autant de religieux qu'ils sont de cabanes. De plus, je ne crois pas que de cent religieux, il y en ait dix qui puissent résister aux travaux qu'il faudrait eudurer à leur suite.”
C'est à Noël Brülard, sieur de Sillery, qu’appartient Phonneur d’avoir contribué à la première mission stable de sauvages à Saint-Joseph de Sillery près de Québec. L'acte de donation est de 1639, écrit le Père Rochemonteix (1, 248) ; mais le commandeur de Killery avait donné ses ordres deux ans auparavant.
En 1637 le Père Le Jeune jeta les fondations de la résidence des Pères, puis on y bâtit des maisons pour les néophytes, un hôpital, un fort destiné à protéger le village, et une chapelle sous le vocable
de saint Michel Archange, patron du commandeur.
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