‹ Le Sault-au-Récollet [microforme]Chapitre 62 sur 92 · NA · texte numérisé non relu

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Notre-Dame, comprenant une superficie de 168 arpents, est concédée au sieur Joseph Arel, moyennant une rente annuelle de 10 sous et un demiminot de blé par 20 arpents. C’est la propriété sur laquelle est placé le noviciat des révérends Pères Jésuites. Elle fut achetée en grande partie par M. Berthelet, dont la générosité a donné naissance aux plus belles œuvres de charité, et puis par Mgr Vinet. (Ensaisiné gratis, le 11 septembre 1849, devant Mtre Lacombe, lit-on au livre terrier.)

Les registres et les archives conservés à la voûte du presbytère et qui nous ont été légués dans l’ordre le plus parfait, ne remontent qu’à l’année 1736; il ne faudrait cependant pas en conclure que origine de notre paroisse doive être fixée à cette date.

Nous venons de l'établir par le livre terrier des seigneurs de l’île, dès 1722, toutes les terres étaient concédées le long de la rivière des Prairies, et celles de la côte Saint-Michel, jusqu’au domaine des MM. étaient également livrées À la culture.

Ainsi la terre voisine du domaine en descendant la côte Saint-Michel, avait été donnée, en mars 1718, à un nommé Louis Lefèvre du Chonquet, ‘“ comme compensation, dit le livre terrier, d’un terain dont il se disait frustré sur la rue Notre- Dame, qu’il disait manquer à son emplacement et

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282 LE SAULT-AU-RÉCOLLET avoir été cédé par les seigneurs, à son préjudice, aux sœurs de la Congrégation.”

C’est aujourd’hui la terre paternelle de la famille Robin dit Lapointe.

Dès 1701 deux terres non loin de là étaient occupées par des habitants portant les noms de Michel Dizen dit Sans-Crainte, et de François Thévenin dit Rencontre. Il est permis de supposer que le premier avait affronté l’ennemi sans broncher, et que le second était bon à la rencontre.

Quoi qu’il en soit, À l’époque où la mission de la

PTE | Nouvelle-Lorette devait être transférée au Lac, ph à: il y avait dans tous les environs de nombreuses | RE familles de cultivateurs, trop éloignées des églises | sa it pour être privées des bienfaits du saint ministère 14 l: dans la chapelle.

Fo a fui Ajoutons à cela qu’un bon nombre de familles : Le indiennes restèrent en arrière, comme il arrive tou- À 388 f jours chez les sauvages, quand il faut les déloger ; | HER quelques-unes même vécurent dans le domaine A2, “HET FEU : à ; : ,

RU jusqu’à une époque assez rapprochée de la nôtre, 14 a jh: ce qui décida les messieurs de Saint-Sulpice à con- 1 € AL tinuer les « Bces à la chapelle pour Putilité de tous, | 4 He jusque vers 1730.

11} QUE Une heureuse trouvaille me mit sur la voie de: | qi recherches au sujet de la continuation de la des- | AE serte de la chapelle : c’est une vieille cloche mise

au rebut dans un coin où je ne m'attendais certes pas à la trouver.

Son aspect éveilla ma curiosité, je dois dire mon respect, surtout lorsque, en la retournant, je vis en lettres distinctes et fort bien gravées : ‘ Moyne m'a fait, 1732,—et plus bas, 350.”

On pourra peut-être dire que cette cloche, après quelques années de service ailleurs, aurait pu finalement être expédiée ici.

Après mûr examen, j'ai constaté que la plus petite cloche sonnant aujourd’hui en tête de notre carillon, est la plus ancienne cloche.

Elle a sonné à la chapelle de la mission.

Vers 1732, une plus grosse cloche a été ajoutée à cette petite, et quand la nouvelle église fut construite, elles furent toutes deux installées au clocher, en 1751.

Cent ans plus tard elles furent placées dans un des deux clochers (Est) remplaçant le clocher unique de l’ancienne église.

Dans la chronique paroissiale, rédigée par M. F. Rochette, curé de cette paroisse de 1870 à 1890, il est dit de cette cloche: ‘ Elle doit peser à peu près 200 Ibs. Elle a dû être donnée, car on ne

pu

trouve rien dans les comptes qui fasse voir qu’elle a été portée au chapitre de la dépense ; on ne peut trouver non plus l’acte de la bénédiction. Elle à

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pu avoir un assez joli son ; mais aujourd’hui (1878) elle semble annoncer qu’en sonnant depuis si longtemps, elle a fini par donner une note trop vieillie pour ne pas dire fêlée. Nous croyons qu’elle date depuis le commencement de la paroisse, après Île départ des sauvages.”

Quand les trois nouvelles cloches bénites le 18 août 1880 furent installées au clocher est, on ne voulut pas placer cette ancienne cloche au clocher opposé, parce qu’elle ne s’accordait pas avec Îles nouvelles, De IÀ sa condamnation au coin obscur, d’où il m'a été donné de la retirer.

Pleins de reconnaissance pour ses volées sympathiques aux anciens berceaux comme aux vieilles tombes, mes principaux paroissiens avec moi lPavons placée en un clocher voisin. LA elle est seule, élégamment logée, sonnant les heures de prière et de méditation des enfants du bienheureux de Montfort, au noviciat de Saint-Gabriel.

Mgr l’Evêque de Québec nomma successivement des prêtres pour desservir la paroisse du Sault depuis le déplacement définitif de la mission jusqu'à 1736, époque à laquelle Saint-Sulpice en reprit l’administration pour un bon nombre d’années. C’est ce qui appert par des lettres conservées aux archives de l’archevêché de Québec. La pre-

mière est datée du 20 septembre 1730 et est

adressée à M, Girouard, prêtre à Montréal ; la voici textuellement :

# Monsieur,

“ Puisque vous ne pouvez plus desservir les

habitants de la baie des Chaleurs, je vous contie

ceux des paroisses du Sault-au-Récollet et de la

Rivière-des-Prairies. J’espère que dans cette desserte, vous suivrez les traces de votre prédécesseur ; je ne puis rien vous demander de mieux, et que vous desserviez les deux paroisses ad furnum. Vous ferez en sorte d’y arriver au 1er d'octobre

prochain.

‘Je suis, etc., ‘* JEAN-FRaxçÇoIs, Ev. de Québec.” M. Girouard ne desservit cependant pas notre

paroisse. M. Prévost, curé de Saint-Nicholas, fut nommé à sa place.

‘ Québec, 25 sept. 1730.

‘“ À M. Prévost, prêtre, curé de Saint-Nicholas. ‘ Monsieur,

‘“ Vous serez curé dans l’île de Montréal, mais non pas à la Longue-Pointe ; un nouvel incident a

te em tee me - —

dérangé notre premier plan, Vous pourrez toujours vous rendre à Montréal et 1 M. le Grand

Vicaire vous donnera votre mission.

‘“ Je suis, ete., ‘JEAN François, Evêque de Québec.”

La lettre suivante indique clairement que M. Prévost fut nommé à la cure du Sault-au- Récollet.

“ Longueuil, 30 sept. 1733.

‘“ À M. Chaboillez, prêtre.

‘ Monsieur,

‘ La présente est pour vous apprendre votre nomination à la cure du Sault-au-Récollet, où vous remplacerez M. Prévost. Vous exercerez dans cette

cure révocable à volonté les pouvoirs communs aux

curés du diocèse.

“Je suis, etc.,

P., Evèque de Québec.”

Les deux premières lettres ont dû être rédigées

par Mgr Dosquet, qui administrait le diocèse par

procuration, puisque Mgr Mornay ne vint jamais à

Québec, Quant à la dernière, elle porte la signature de Mgr Pierre-Herman Dosquet, devenu titulaire du siège. Il était prêtre de Saint-Sulpice et fut sacré à Rome par Benoît XIII le jour de Noël

La première lettre prouve ce que nous avons dit

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