CHAPITRE HUITIÈME
La Rivicre-des-Prairies et le Sault desservis par le même prêtre jusqu'en 1814.—Manoir seiygneurial.—M, Noël Pouvet.— Sa nuissance.—$Ses travaux.—Anciens candélabres, — M, Jean-Marie Fortin.— M, Esprit-Zéphirin Chenest. ml — Premier presbytère.— Grande charité de M, Chenest,. Sue vi M. Amable Prévost.— Le sculpteur Hébert.— M, Auguste $ Chaboillez.— IT meurt du choléra en 1854— M. Pierre- di Joseph Périnault.— Ses études à Paris, — à Baltimore. — GA — Lettre de nomination au Sault, de Mgr. Plessis.—M, Pé- ES rinault se rend à St-Raphaël de Kingston.—Lettres édifiauntes de Mgr Plessis.-— Mort de M. Périnault. Il est inhumé dans l’église du Sault.—M,. Huot succède à M. dau Périnault.— L'intérieur de l’église est réparé comme il EN LD existe encore. —Dévotion de M. Huot pour la sainte Vierge et pour le Saint-Sacrement.—Belles paroles de Mgr Plessis EE à M. Huot.—Commencements de Mgr Bourget.— Mort de CE M. Huot.— M. Belcourt vicaire et desservant.— M. Lau- “ rent Aubry.— M. Barthélemy Fortin.— École du village. rs — Érection canonique de la paroisse.— Mort de M. Fortin Nat aux Ursulines des Trois-Rivières.— M. Pierre Mercure. NE —M, Remi Gaulin lui succède.— Ses travaux. Il devient 18e 1 évêque de Kingston.— M. Thomas Papin.—M., Vincent à fi}
Plinguet,. Ç
** J'ai vu tout près, assise, une femmeplus blanche ‘ Que l’écume des flots où la lune 3e penche,
‘* Plus belle que la fleur éclose le matin !
‘Son langage, plus doux qu'un chant d'oiseau lointain, ‘‘ Faisait au loin vibrer le verdoyant feuillage :
‘‘ Ses vêtements de neige et son divin visage
‘‘ Brillaient commeun foyer allumé sous les bois ;
‘* Ses bras avec amour enveloppaient la croix.
PAMPHILE LEMAY (Ze Chef indien el la croix).
RO Dr ee
Depuis 1775 jusqu’à 1814, les paroisses du Saultau-Récollet et de la Rivière-des-Prairies étaient desservies par le même prêtre.
Le manoir seigneurial des MM. de Saint-Sulpice, dont les vieux murs subsistent encore, a toujours servi de résidence aux desservants depuis la mort de M. de Perthuis (1775) jusqu’à la construction du premier presbytère sous l’administration de M. Chenest, en 1787.
Au ler octobre 1775, M. Noël Pouget fut nommé curé de notre paroisse. Il naquit : Montréal le 25 décembre 1745. Cette date nous explique parfaitement le nom qu’il reçut au saint baptôme. Ordonné prêtre à Québec le 19 septembre 1772, il y demeura vicaire jusqu’au 12 octobre 1773. Il fut alors nommé à la cure de St-Cuthbert.
Après deux années de ministère, il passa à celle du Sault-au-Récollet.
Dès son arrivée, il s’occupa de l’ornementation intérieure de son église, moyennant le fonds laissé par M. Chambon pour cette fin.
L'entreprise fat con. ee À un sculpteur du nom d’'Hébert, pour le montant de 14,201 livres.
Toutes les boiseries furent peinturées pour une somme de 700 frs.
Unitem de 300 livres est mentionné au livre des comptes : “ Pour compagnons pour le retable.”
étaient deux petites statues en bois, l’une représentant l’évangéliste saint Jean, et l’autre saint Étienne.
Placées dans les petites niches du maître-autel, elles ont heureusement gardé leur position jusqu’à nos jours.
Les anciens se rappellent les fameux candélabres di temps passé, en bois habilement tournés, aux couleurs voyantes, et munis de nombreux bras en broches de fer symétriquement disposés tout autour.
Il y en avait dans toutes nos vicilles églises, et d’habiles ouvriers avaient réussi à leur donner une jolie apparence; un certain nombre, en petit format, descendaient des rosaces décorant les voûtes surbaissées, pendant qu’un ou plusieurs À proportion plus imposante, présidaient à éclairage du saint lieu.
C’est avec peine qu’on a vu supprimer ce lumi-
naire chéri de nos ancûtres.
Ces anciens candélabres, au nombre de cinq, sont portés äu chapitre des dépenses du sieur Laurent ssagenet (fils) “ rendant compte en la maison curiale, le 7 septembre 1777,” pour la modique somme de 40 livres.
M. Poujet quitta le Sault au premier octobre de la même année, pour aller desservir les paroisses de Berthier (en haut) et de Lanoraie.
En 1785, il alla établir une paroisse sous le vocable de sainte Élisabeth, et c’est 1à qu'il termina ses jours, le 17 mai 1818, à l’âge de 72 ans et cinq mois.
Comme tous les confrères de son temps, il avait bien raison de signer prêtre-missionnaire. Leur vie étant parsemée de courses longues et pénibles, leur ministère ne leur laissait aucun repos.
Aussi ils arrivaient au bout de leur carrière bénis de Dieu et des hommes, et léguaient à leurs successeurs au sanctuaire, l'héritage le plus précieux de leurs vertus héroïques et de leurs œuvres indestructibles.
M. Jean-Marie Fortin succéda à M. Pouget au commencement d'octobre 1777, et il fut chargé de l'administration de notre paroisse, ainsi que la desserte de la Rivière-des-Prairies, jusqu’au mois de juillet 1787.
Il était né à Saint-Joachim, côte de Beaupré, le 6 novembre 1751. Il recut l’onction sacerdotale à Québec, le 17 août 1777, et dès le mois d’octobre suivant, il fut nommé curé du Sault-au-Récollet.
Notre église était dans un bon état de prospérité,
et sans aucune dette.