‹ Le Sault-au-Récollet [microforme]Chapitre 69 sur 92 · CP À · texte numérisé non relu

CP À

le zèle supplée à la santé, que vous vous partagiez en deux, et que vous régliez votre desserte selon les besoins plus ou moins grands de chacune de ces deux paroisses, les dimanches et fêtes seront alternatifs. Dans la semaine vous verrez auquel des deux endroits il faudra donner plus de temps et de soins. C’est assurément au Sault. Vous y transporterez donc votre demeure. Quand nous vous verrons ce printemps, il faudra calculer les moyens de vous donner un successeur à la Rivière-des-Prairies. Rien ne me sera plus agréable que d’adoucir un fardeau que vous redoutez avec raison, mais que vous acceptez par obéissance et avec une bonne grâce qui m'édifie.

‘Je suis, etc., « + J.-0., Évêque de Québec.” (Archives de l'arch. de Québec.)

Les prédécesseurs de M. Périnault avaient réussi, à force de zèle et d'économie, à compléter l’intérieur de l’église. Pendant ces longues années l’extérieur s'étant détérioré, il fallut faire des réparations considérables. Ce fut la tâche imposée à M. Périnault, et, en l’accomplissant avec succès, il lui donna la physionomie extérieure qu’un grand

que

nne

nombre de paroissiens actuels se rappellent parfaitement.

Il ne sera pas sans intérêt de citer quelques passages de la requête présentée par les paroissiens du temps à leur évêque au sujet des travaux en vue.

Elle porte la date du 20 mai 1814. Les paroissiens représentent à Sa Grandeur que “ la couverture actuelle de leur église aurait été posée, il y a déjà plus de quarante ans, qu’elle serait aujourd’hui dans le plus grand désordre, faisant eau de toutes parts, que le mal est si grand qu’ils ont vu M. le curé incapable de célébrer le service divin sur le maître-autel, pendant des temps d’orage... Que par vétusté, la charpente du clocher actuel est aussi tellement gâtée que pour prévenir les accidents qui pourraient en résulter, il devient nécessaire de l’abattre, et de reconstruire et élever un autre clocher avec deux lanternes, de le couvrir en fer-blanc, et les ponts en tôle peinturée avec des balustrades en fer à chaque lanterne, dont la charpente sera partie en chêne, et partie en épinette blanche, au jugement d'ouvriers experts.”

es experts furent MM. Charles et Louis Laporte, maîtres charpentiers, demeurant alors à la Rivière-des-Prairies, et ils certifièrent que les allégués de la requête étaient parfaitement justifiables. Toutes les formalités en rapport avec la construc-

tion ou la réparation des églises étaient déjà en usage depuis bien des années ; à l’époque où nous sommes, elles font encore partie de la législation paroissiale. Par la simple lecture de la requête, nous pouvons reconstruire l’ancien clocher avec la plus parfaite exactitude.

Ceux qui l’ont vu avant 1851, le reconnaîtront avec plaisir et ils en feront comprendre aux plus jeunes les beautés.

M. Périnault venait d'accomplir ces travaux importants à l’église du Sault, quand, au mais d'octobre 1815, Mgr Plessis le désigna à la mission de Kingston.

C'était alors un voyage très pénible et très long, et il fallait déployer beaucoup de zèle pour aller au secours des âmes en danger de se perdre ; aussi Monseigneur écrivait-il à M. Périnault (16 octobre 1815) :

‘ La portion la plus nécessaire de votre bagage pourra vous accompgner en traînes. Le reste vous sera mené par eau au printemps, suivant M. Mc- Donell, s’il y a urgence, et j'espère que les mêmes glaces qui vous conduiront à Kingston vous donneront la facilité d’en parcourir les alentours, et de vous faire juge des besoins de ces pauvres brebis,

LE SAULT-AU-RÉCOLLET 359 ‘à à qui deviennent protestantes faute d’avoir des pas- Du: teurs catholiques ” (Arch. de l'arch. de Québec). 37

La peine de se séparer de ses chers paroissiens, lee difficultés d’un long voyage, n’empêchèrent Ce 4 pas M. Périnault d’acquiescer au désir de son $ évêque. RE

Il lui écrivit aussitôt son consentement dans une lettre où son zèle apparaissait dans toute son ardeur. Aussi Mgr Plessis lui répondit :

‘ Monsieur,

“ Votre dernière ne sert qu’à me faire applaudir d’avoir jeté les yeux sur vous pour la mission de Kingston. La manière édifiante dont vous l’acceptez, nonobstant certaines répugnances de la na- NT ture, deviendra exemplaire pour d’autres à la suite qui, avec moins de motifs, seraient peut-être tentés 3 de résister aux ordres de leur supérieur, par des AS objections qui ne mériteraient point d’être considérées.

“ Votre successeur n’est pas encore connu, ni peut-

être encore rendu dans le pays. Dès qu’il sera possible de vous l'envoyer, sa présence vous mettra en liberté d’aller voir M. McDonell, peut-être Kingston même, car quand vous êtes une fois à

Glengarry, vous avez fait la partie du chemin la

plus pénible.

Je suis bien parfaitement, etc.

“ + J.-0., Évêque de Québec.”

(Arch. de l'arch. de Québec.)

M. Périnault fut forcé, par le retard de la nomi-

nation de son successeur, de ne partir qu’à la fin

de janvier pour se diriger vers sa lointaine mission:

Il allait contempler les plages où les enfants de

M. Olier avaient naguère tenté d’établir leur pre-

mière mission sauvage de la baïe de Quinté.

Là fut construit le fameux fort Katarakoui ou

de Frontenac. Le souvenir des anciens mission-

naires devait l’encourager dans l’accomplissement

de la tâche ardue qu’il avait si généreusement

acceptée.

Au moment de son départ, Mgr Plessis lui

écrivit avec une bonté toute paternelle. Entre

autres excellentes choses, il lui disait :

Biract ‘ Qui sait si, au printemps, je n’irai pas vous voir

HTUNE dans votre nouveau poste? Les brebis éloignées

RE ont pour moi je ne sais quel attrait, que je ne sens

‘à pas également pour celles qui sont sous mes yeux.

‘“ Apparemment il y a plus de bien à faire avec celles-là qu'avec celles-ci. J’aime à voir des prêtres

EE bn setentiiten anses

partager cette sollicitude ” (Archives de l’arch. de Québec).

M. Périnault se livra avec le plus grand zèle aux travaux de ses missions ; mais sa santé ne put résister longtemps aux fatigues de ce pénible ministère. Il fut obligé d'abandonner la tâche au bout de deux ans, et il revint À Montréal au mois d'octobre 1818.

Il fut le premier prêtre nommé à la cure du Saint-Esprit, mais l’état de sa santé s’étant beaucoup aggravé, il se fit transporter à Montréal.

Il y mourut le 29 juin 1821, jour de la fête de saint Pierre, son glorieux patron.

Il avait gardé un tel attachement pour le Sault, qu’il voulut être inhumé dans son ancienne église. Le service funèbre eut lieu le 2 juillet 1821, et fut céiébré par M. Ignace-Raphaël Leclerc, curé de Saint-Laurent à cette époque, ‘au milieu d’un grand concours,” disent les registres ; en présence de M. Charles Bégin, curé de Saint-Vincent, Michel Brunet, curé de Saint-Martin, Joseph Boiïssonnault, curé de Saint-Joseph, et François-Mathias Huot, curé du Sault. Il était âgé de 50 ans moins 18 jours (Registre de 1821, p. 109, R.).

Il fut le premier prêtre inhumé au caveau de l’église. Ses restes reposent sous le plancher du sanctuaire, près du mur, du côté de l’évangile.

Mgr Plessis écrivait à M. Périnault, le 6 novembre 1815: ‘ C’est l’abbé Huot qui doit finalement être votre successeur dans vos dessertes. Il ne s’y rendra que dans le cours de janvier, aux approches de votre départ pour Kingston ” (Archives de l'arch. de Québec).

Vers la mi-janvier, en effet. M. François- Mathias Huot prit possession de son nouveau poste.

Il avait quitté la cure de Sainte-Anne des Plaines, où il avait été remplacé par M. Saint- Germain (Lettre de Mgr Plessis, Arch. de Québec).

Né à l’Ange-Gardien, près de Montmorency, le 25 février 1784, ordonné prêtre à Québec, le 11 octobre 1807, il y exerça les fonctions de vicaire jusqu’au mois d’octobre 1810.

Après avoir été envoyé missionnaire à Caraquette et à Miramichi, il revint de ces postes éloignés, au commencement de décembre 1813 (Noiïseux, J. Viger).

Nommé alore à Sainte-Anne des Plaines, il en partit en décembre 1815, pour venir prendre possession de la cure du Sault-au-Récollet, dont il devait avoir la direction pendant onze ans.

Un des premiers actes d'administration de M. Huot fut de faire construire un jubé avec des bancs pour y do”ner place aux paroissiens, dont le nombre s’était. considérablement accru. Le

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recensement de 1790, assignant à notre paroisse une population de 1017 âmes (Benj. Sulte, Hist. des Canadiens-Français, VII, p. 149), il est évident qu’elle dépassait de beaucoup ce chiffre à l’époque ‘où nous en sommes (1816).

Aussitôt que ces travaux furent accomplis, M. Huot fit construire une nouvelle voûte à l’église.

L'entreprise fut confiée au sieur David-Fleury David, sculpteur émérite du temps, dans une assemblée régulièrement convoquée à la date du 16 mars 1816, moyennant la somme de vingt-trois mille livres, ancien cours, comme on peut le voir au livre des délibérations de la fabrique (I° vol. p. 13).

Les marguilliers Laurent Turcot, Jean-Charles Guiïlbault et François Dagenais furent désignés “ pour faire passer la convention par-devant notaire sous la surveillance de M. le curé ”.

Mgr Bernard-Claude Panet, étant alors coadjuteur de Mgr Plessis, approuvait le projet de restauration de l’église dans les termes suivants : “ Nous avons autorisé le marché passé entre Fleury David, architecte et sculpteur, et les marguilliers, en date

du 16 mars de la présente année, pour une voûte

et un jubé dans l’église de cette paroïsse ; en con-

séquence d’une assemblée de maguilliers, tenue le

364 LE SAULT-AU-'tÉCOLLET

29 février dernier, et en outre la résolution prise dans l’assemblée, le 26 mai dernier, de faire mettre dans le mur de la sacristie le coffre-fort de la fabrique, à condition qu'on fera préalablement poser des barres de fer aux croisées de la sacristie, et qu’on en renforcera les portes, ce que nous recommandons aux soins de M. Huot, curé de cette paroisse, et des trois marguilliers de l’œuvre.

‘ Donné au Sault-au-Récollet dans le cours de nos. visites, le 15 juin 1816.

“ Berx.-C., Évêque de Saldes.”

L'endroit qui parut le plus favorable pour le coffre-fort, fut le mur qui sépare le sanctuaire de la sacristie. Le vestiaire actuel fut construit de façon à être facilement retiré. Le coffre-fort fut inséré dans le mur avec une bonne porte en fer, et du moment qu’on n’avait pas besoin d’y arriver, le vestiaire était soigneusement ramené dessus.

Cette voûte dissimulée et ces barres de fer recommandées par l’évêque, indiquent qu’il y avait de bonnes raisons de se mettre à l’abri du brigandage. Les injonctions de Sa Grandeur ont été bien suivies ; les barres de fer, les forts volets intérieurs.

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des croisées et les robustes doubles portes sont encore là de nos jours pour l’attester.

M. Huot fit à ce temps l’acquisition d’une cloche.

D’après un acte du registre (15 juillet 1816), elle fut bénite par M. Bégin, alors curé de St-Vincent de l’île Jésus, le 15 juillet 1816, et reçut les noms de Marie-Charles. Elle pesait 504 Ibs.

Avec les deux autres cloches dont nous avons parlé plus haut, il y eut donc au clocher trois cloches en tout.

Marie-Charles a disparu un jour pour aller je ne sais où.

Peut-être a-t-elle été remplacée par la fameuse cloche fondue à Rome par ordre de Mgr Vinet, et donnée à quelque paroisse pauvre. Il nous est impossible de vérifier le fait.

Les travaux de la nouvelle voûte, avec toutes ses ornementations, ses dorures, la corniche et sa frise, les colonnes corinthiennes du sanctuaire, les arceaux tout le long des murs, donnèrent à l’église ce beau cachet d’architecture religieuse qui mérite l'admiration et inspire la piété.

Mgr Plessis écrivit à M. Huot, le 26 décembre 1815 :

“ Il serait désirable que les laïcs ne passassent pas par le sanctuaire pour aller à la sacristie. La disposition des gens et celle de l’église ne favori-

sent pas toujours ce désir. [1 faut de longue main faire sentir aux paroissiens l’indécence qu’il y a dans ces allées et venues, puis du moment que les esprits seront suffisamment préparés, proposer aux marguilliers un chemin couvert, qui partant de porte extérieure de la sacristie, passerait le long du mur, et aurait son entrée par la chapelle la plus voisine, C’est, je crois, celle de St-Michel,

‘“ Wil n’est pas possible d’y pratiquer ce chemin couvert, il faudra prendre patience jusqu’à ce qu’il se présente quelque autre moyen d’accommoder la chose” (Arch. de l’arch. de Québec).

li ne fut pas possible à M. le curé de se rendre au désir de son évêque avant 1823.

Cette construction, une fois accomplie, met sous nos yeux l’église, sauf le frontispice, telle qu’elle existe présentement.

M. Huot se distingua ar sa tendre dévotion à la sainte Vierge, en obtenant l’érection canonique de la confrérie du Carmel.

Il est facile de voir par les lettres échangées à ce sujet entre Mgr Plessis et M. Huot, que cette fa “eur était, à cette époque, beaucoup plus rare que de nos jours. Elle constituait un véritable privilège attaché à une église importante, vers laquelle les fidèles se portaient en grande foule, le jour du Mont-Carmel. Il y avait concours de tous

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ées à cette rare » prirs lae, le tous

LE SAULT-AU-RÉCOLLET 367 les prêtres des environs, prédications, confessions, communion générale des plus édifiantes. Le doux souvenir de ces fêtes est resté profondément gravé dans l’Âme des anciens.

Nous touchons à l’époque où la ferveur et la piété s’affirment de plus en plus par les œuvres

dans nos campagnes.

Jusqu’à présent, la lutte pour l’existence, les défaites sanglantes de la patrie, le changement d’allégeance avec ses sacrifices, tout cela avait absorbé le temps et les ressources.

Lu nation, assise désormais À ombre de ses clochers, va accroître ses pratiques ‘eligieuses pour assurer son vrai progrès et mettre le nom catholique en grand honneur.

Dieu lui avait ménagé pour sa gouverne un des hommes les plus illustres du pays dans l’auguste personne de Mgr Plessis.

Parmi les plus belles dévotions du temps, il faut mentionner l’adoration du Saint-Sacrement, que Sa Grandeur cherchait à répandre le plus possible dans son immense diocèse. Elle l’établit dans la paroisse du Sault, par la lettre suivante adressée à M. Huot en date du 31 mai 1821 :

“ Un indult que j’ai obtenu du saint-siège, m’autorise à attacher une indulgence plénière à une exposition du Saint-Sacrement, que je permet-

trai dans les églises les premiers mardi, mercredi et

vendredi du mois de juillet, en faveur de ceux qui

pendant ces trois jours se seront confessés, auront

communié et prieront à l’intention du souverain

pontife, dans telle église où cette exposition aura

lieu pendant les jours ci-dessus désignés. Cette

exposition que je permets dans votre église de la

Visitation, pour cette année et les autres indéfi-

niment, doit avoir lieu depuis le matin jusqu’au

soir. Il est laissé à la discrétion du curé de décider

À quelles heures elle doit commencer ét finir.

«+ 5.-0., Évêque de Québec.

(Arch. de l’arch. de Québec.)

Ce fut le commencement, pour les paroisses de la

campagne, de la belle dévotion des 40 heures, qui,

avec le temps, devait se généraliser, et produire

des fruits abondants de sanctification.

Il est aisé de comprendre que les travaux du

saint ministère s’accrurent considérablement à

cette occasion, d'autant plus queles prêtres avaient

À leurs charges des dessertes populeuses. M. Huot

écrivit à son évêque pour lui représenter l’impossibilité où il était de faire face à tant d'obligations.

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Mgr Plessis lui répondit dans les termes les plus touchants :

‘“ Vous m'êtes présent À l'esprit, mon cher fils, comme tous les autres bons prêtres de mon diocèse, Scio opera tua, et laborem et patientiam. Priez Dieu qu'il m'envoie des ouvriers, je vous soulagerai, vous et bien d’autres. Les bornes d’une lettre seraient insuflisantes pour vous donner le tableau de tous ceux qui sont surchargés et dont les lamenta- ‘ me déchirent le cœur” (Arch. de l’arch. de Lt te)

aelles consolantes paroles pour le prêtre, au s . de ses rudes labeurs. Comme elles sont propres à raviver son zèle, surtout quand elles tombent des lèvres d’un homme comme Mgr Plessis, dont la constante énergie et le courage À toute épreuve, étaient universellement reconnus.

Un des derniers actes d’administration de M.

Huot fut de s'occuper de l’érection canonique de sa paroisse, avec les limites qu’elle a toujours eues, jusqu’au démembrement de St-Léonard de Port- Maurice; mais elle ne fut régulièrement érigée qu'en avril 1834, par un décret de Sa Grandeur Mgr Signay.

M.Huot,sentant les atteintes d’une maladie grave, quitta le Sault au mois de mars 1827, pour aller chercher quelque soulagement à l'hôpital général

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de Québec ; ce fut inutile, le mal augmenta de plus en plus et il mourut le 6 août 1827, à l’âge de 43 ans. Suivant son désir, il fut enterré à l’Ange- Gardien, sa paroisse natale (Noiseux, J. Viger).

En jetant les yeux sur l'approbation des comptes par Mgr Lartigue, le 30 juin 1822, il apparaît un nom auquel se rattachent les plus beaux souvenirs.

C'est celui d’un jeune lévite qui accompagnait Sa Grandeur en qualité de sous-secrétaire. Il commençait dès lors à parcourir nos belles campagnes et à visiter ces paroisses qui, plus tard, devaient être confiées à sa tendre et ferme sollicitude.

Il était appelé à devenir lillustre évêque Ignace Bourget ; et par une coïncidence d’événements des plus glorieux pour le Sault-au-Récollet, il débute dans ses premiers travaux, en juin 1832, dans cette paroisse où, 63 ans plus tard, retiré à.la maison Saint-Janvier, il rendra sa belle âme à Dieu, en juin (8) 1885.

Dès que la nouvelle de la mort de M. Huot arriva au Sault, une assemblée fut convoquée, le 12 août, dans laquelle MM. les marguilliers s’empressèrent d'exprimer leur reconnaissanc pour les services qu’il leur avait rendus.

Une résolution passée à l’unanimité décida :

‘ Qu'il était juste et à propos de faire chanter, aux frais de la fabrique, un service pour le repos

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de l’âme de feu F.-M. Huot, leur curé, décédé le 6 du présent mois (août 1827), à Québec, et inhumé dans l’église de l'Ange-Gardien ” (Livre des dél., II, 7).

M. Georges-Antoine Belcourt, ayant été ordonné prêtre, le 10 mars 1827, avait été nommé vicaire de M. Huot.

Mgr Lartigue, qui se trouvait en visite pastorale au Sault, le 8 août de cette année, deux jours après la mort de M. Huot, lui confia la desserte dans l’ordonnance suivante :

‘ Nous autorisons, par les présentes, M. Belcourt, vicaire de cette paroisse, à convoquer et à présider, en l’absence de M. le curé, les assemblées de paroisse ou de fabrique qu’il jugera à propos de faire, et de dresser les actes authentiques de leurs délibérations.

‘“ Sault-au-Récollet, le 8 juin 1827.

“J.-J., Ev.de Telmesse.” (Liv. des dél., I, p. 8.)

C’est ce même M. Belcourt qui se dévoua, en 1831, aux missions de la Rivière-Rouge.

Mgr Tanguay dit à son sujet (Répert. du clergé can, p. 197) :

M. Belcourt est le premier missionnaire cana-

dien qui ait fait une étude spéciale de la langue sauteuse ; il est l’auteur de la grammaire et du dictionnaire sauteux-trançais.”

M. Laurent Aubry, à la mort de M. Huot, fut nommé curé du Sault-au-Récollet.

Il naquit à Montréal, le 17 juillet 1756, de François Aubry et de Cécile Groulx. Ordonné prêtre, le 15 août 1784, il fut, après deux ans de vicariat, nommé curé de Sainte-Geneviève. Il passa en 1796 à la cure de Contrecœur où il demeura jusqu’en 1808. A cette époque, il fut nommé curé de Soulanges.

Après avoir exercé le ministère pendant 9 ans, il revint à la cure de Contrecœur en 1817, et y demeura jusqu’en 1827.

Ce fut au mois d’août de cette année, que Mgr Bernard-Claude Panet le nomma curé du Sault-au-Récollet (18 août 1827) (Archives de l’arch. de Québec). Mais M. Aubry ne put prendre possession de sa nouvelle cure qu’au mois de septembre suivant. A la fin de décembre de cette même année, M. Aubry fut nommé archi-prêtre du diocèse par la lettre suivante :

‘ Monsieur,

‘ Ayant succédé à M. Huot dans sa cure, la présente est pour vous informer que vous allez

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lui succéder comme archi-prêtre. Je vous adresse donc des patentes avec les pouvoirs que vous pouvez exercer dans les lieux qui vous sont marqués, et cela sur la recommandation de Mgr de Teliesse,

“ Je suis, ete., “ Bern.-Cl.., Evôque de Québec.”

(Arch. de l’arch. de Québec,)

M. Aubry n’exerça ces fonctions que trois ans, après quoi il quita le Sault pour la cure de Sainte-Anne du bout de l’île ; mais son Âge avancé ne lui permit pas d’y rester longtemps.

Il dut se retirer complètement du ministère en

1831, et il mourut le 7 août 1839, à l’âge de 83 ans.

Suivant son désir il fut inhumé dans le caveau du sanctuaire de notre église, où ses restes reposent à côté de ceux de M. Périnault.

M. Barthélemy Fortin succéda à M. Laurent Aubry, au mois d’octobre 1830.

Il naquit à l’Islet, le 22 mai 1779, de Charles Fortin et Madeleine Pin.

Ordonné le 24 septembre 1808, il fut nommé vicaire à Saint-Hyacinthe et, au bout d’un an, il fut desservant de Notre-Dame de Foye, de 1809 à 1812.

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Il devint alors chapelain de l'hôpital général de Québec jusqu’en 1815. Après avoir été, à cette époque, chargé de la cure de Saint-André, pendant une année, il passa aux cures de la Pointe-Claire et de Sainte-Anne du bout de l’île en 1816.

Il desservit ces deux paroisses jusqu’en 1830. En octobre de cette année, il fut nommé caré du Sault (Noïiseux, J. Viger, Mgr Tanguay).

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Sous son administration, l’école du village, connue aujourd’hui sous le nom de Saint-Gabriel, a été définitivement placée à l’endroit qu’elle occupe aujourd’hui.

La paroisse lui est redevable de la solution d’une difficulté financière qui aurait pu entraîner de graves conséquences.

Nous avons vu que sous l’administration de M. Huot, la fabrique avait voté une somme considérable pour décorer l’intérieur de l’église. Malheureusement, l’entreprise n'avait pas été suivie d'assez près; certains travaux avaient été accomplis sur parole, et sans fixer le prix; le sculpteur David présentait À la fabrique un compte considérable que les marguilliers n’étaient pas d'humeur À payer.

M. le curé réussit cependant à apaiser les esprits, et l'affaire fut définitivement réglée par une quittance où le sieur David reconnut avoir reçu en

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LE SAULT-AU-RÉCOLLET 310 divers temps une somme de 43,701 livres, et comme dernier paiement 2,298 livres, ce qui met sous nos yeux, pour la décoration intérieure de l’église, telle qu’elle existe présentement, une somme de 46,090 livres ancien cours.

M. Fortin présenta une nouvelle requête pour l’érection canonique de sa paroisse. En voici quelques extraits ; ils nous feront comprendre l’état exact de la paroïsse en 1830.

‘ Les habitations et terres comprennent une étendue de territoire de cent arpents de long au nord-est et de trente-huit seulement au sud-ouest, et de soixante-dix-sept arpents de large au nordouest, et de cent trente-deux au sud-est.

‘ Ce territoire est borné au nord-ouest par la rivière des Prairies et autre partie par la paroisse de Montréal, et autre partie par celle de la Longue-Pointe, et au nord-est, partie par Saint- Joseph de la Rivière-des-Prairies, et autre partie par la dite paroïsse de la Longue-Pointe, et au sud-ouest par la dite paroisse de Saint-Laurent.”

Après cette description générale du territoire de la paroisse, la requête déclare que, “ dans l’espace compris entre ces quatre lignes contenant le dit espace de la côte du Sault et celle de Saint-Michel, et une île appelée île de la Visitation, il se trouve cent trente-cinq terres, les terres et emplacements

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