‹ Le savant du foyerChapitre 108 sur 114 · S NN Ÿ SNS N NS LA · texte numérisé non relu

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Fig. 201. Fourneau pour l'extraction de l’etain.

fois par le charbon et l’oxyde de carbone produit de la combustion qu’active l’air lancé par une machine soufflante. Le métal coule d’abord sur la dalle de granit inclinée, qui forme le fond du fourneau AC, puis dans le bassin de réception B. Les scories, très-fusibles, surnagent l’étain, et sont enlevées à mesure de la surface du bain métallique. Comme elles retiennent mécaniquement une assez forte proportion d’étain, on les mêle au minerai dans les opérations ultérieures. On fait passer enfin le métal fondu, par le trou de coulée que l’on débouche, dans

le bassin de solidification D. On achève d’épurer l’étain par des fusions successives qui le débarrassent des autres métaux moins fusibles.

L'étain est mou, malléable, très-fusible, puisqu'on peut le couler sur du papier ou du linge sans les brûler ; il s’altère peu par l'air et les différents liquides; aussi sert-il à confectionner des cuillers, des assiettes, des vases, en un mot une foule d’ustensiles appropriés à l'usage domestique. Pour en diminuer le prix et rendre son travail plus facile, on allie souvent le plomb à l’étain. Il existe un titre légal pour cet alliage, qui doit être de 18 centièmes de plomb et de 82 d’étain. Mais de tous les alliages de l’étain, celui qui est employé en plus grande quantité, c'est la soudure des plombiers, qui se compose de 25 centièmes d’étain et 75 de plomb.

Le plomb. — Le plomb, que les alchimistes désignaient sous le nom de saturne, a été de bonne heure employé par les hommes. Dès la plus haute antiquité, on savait le laminer ou le convertir en feuilles. Des bandes de plomb ornaient la cuirasse et le bouclier d'Agamemnon. Pausanias nous dit que les livres d’Hésiode furent écrits sur des lames de ce métal ; selon Dion Cassius, le consul romain Hirtius, assiégé dans Modène, écrivit à Décimus Brutus sur des lames de plomb : enfin , Pline rapporte que les actes publics des plus anciens peuples de l'Italie furent consignés dans des volumes composés de feuilles de plomb.

C'est surtout à l’état de sulfure, de carbonate, de phosphate, d’arséniate de sulfate, que le plomb se rencontre dans la nature. On le trouve dans les terrains anciens, principalement en Angleterre, en Saxe, au Hartz, en Prusse, en Autriche, en Carinthie, en Savoie, en Espagne. La France possède aussi des minerais de plomb, et les exploitations les plus importantes de ce méta, en France, se trouvent dans les départements du Finistère, du Puy-de-Dôme et de la Lozère. Le sulfure de plomb ou galène estle minerai presque exclusivement exploité. C'est un composé noirâtre, doué d’un bel éclat métallique, et qui cristalise en cubes. La galène contient toujours de l'argent, surtout lorsqu'elle est en petits cristaux, Aussi ce dernier minerai est-il traité à la fois pour l’extraction du plomb et celle de l'argent,

On extrait le plomb de la galène en la traitant par le fer, qui lui enlève le soufre et laisse le plomb pur.

Tout le monde connaît les principales propriétés physiques du plomb. Récemment fondu, il est assez éclatant et d’un blanc bleuâtre; mais sous l’influence de l’air, il devient terne et grisâtre. Très-mou et très-malléable, il n’est ni sonore ni ductible. Ses usages sont très-multipliés. Réduit en lames minces, il sert à couvrir nos édifices; on en fait des tuyaux de conduite, des chaudières, des réservoirs, des balles de fusil, etc.

Chautfé au contact de l’air, le plomb se transforme en protoxyde de plomb, vulgairement connu sous le nom de massicol. Plus fortement chauffé, le massicot fournit un autre oxyde de plomb, le #inium, qui est d’une très-belle couleur rouge. Le minium sert à colorer les papiers de tenture et les cires à cacheter ; il entre dans la fabricätion du strass, du flint-glass et du cristal, qu’il rend pesants, fusibles, très-limpides, très-réfrangibles et susceptibles d’être taillés aisément. Le minium sert encore à faire le vernis des poteries communes et, mêlé avec l’oxyde d’étain, les faïences proprement dites.

On appelle lüharge le protoxyde de plomb fondu et réduit par la demi-cristallisation qui s'opère pendant son refroidissement, en petites lames brillantes, d’un jaune rougeûtre. La litharge est la base des emplâtres pharmaceutiques; elle sert à rendre l'huile de lin plus siccative, et à préparer plusieurs belles couleurs jaunes, telles que le jaune minéral, le jaune de Naples.

De tous les sels de plomb, celui qui reçoit les plus nombreuses applications, c'est la céruse, ou carbonate de plomb. La céruse est la base blanche par excellence dans les différents genres de peinture. Elle sert à étendre les autres couleurs et à leur donner du corps. La céruse est encore employée pour faire le vernis ou couverte de la faïence, pour donner aux cartes de visite l'apparence de l’émail ou de la porcelaine, etc.

Il importe de faire remarquer que la céruse et tous les composés plombiques sont vénéneux, et exercent sur nos organes une action très-nuisible. Aussi les personnes qui préparent la céruse ou qui en font usage, sônt-elles expostes à la grave maladie connue sous le nom de colique des peintres. Dans ces derniers temps, on à judicieusement remplacé la céruse, pour les

Rbéesses—,

travaux de la peinture, par l’oxyde de ZINC, Ou blanc de zinc, qui n’a aucune action nuisible sur la santé. Il est bon qu'on sache, dans tous les cas, que le plomb est un métal dangereux. Les ustensiles de plomb, dont on faisait usage autrefois, sont aujourd'hui remplacés par des ustensiles en étain soit pur, soit allié à une petite quantité de plomb.

L'argent. — Le nom de ce métal dérive d’un mot grec qui veut dire blanc. En raison de sa couleur et de son éclat, les alchimistes lui donnaient le nom de Lune et de Diane. L'argent a : été connu et mis en usage dès la plus haute antiquité. Sa couleur, son éclat, le beau poli qu'il peut prendre, son inaltérabilité, sa malléabilité et sa ductilité, en font un des métaux les plus utiles à l’homme. {

On trouve dans la nature l'argent à l’état natif, et en combinaison à l’état de sulfure et de chlorure. C'est au Mexique, au Pérou , à Buenos-Ayres , au Chili, aux États-Unis, en Colombie, qu'on trouve les mines d'argent les plus renommées et les plus riches. La Hongrie, la Transylvanie, la Norvége, la Suède, la Saxe, le pays de Mansfeld, la Westphalie, etc., en possèdent aussi de fort importantes.

La méthode d'extraction de l'argent consiste à transformer le sulfure d'argent en chlorure, puis à décomposer ce chlorure par le fer et le mercure, et à enlever ensuite l'argent au mercure par la distillation de l’amalgame. C’est une des opérations les plus compliquées de la métallurgie.

Les propriétés physiques de l'argent sont connues de tout le monde. Il est si malléable qu'on le réduit, au moyen du Marteau, en feuilles qui, superposées au nombre de 8000 , ne forment pas une épaisseur de plus de 2 millimètres et demi; si ductile, qu’un gramme de ce métal peut être tiré en un fil de 2550 metres de longueur. L'argent pur est mou, aussi faut-il l'allier avec une certaine quantité de cuivre pour le durcir lorsqu'on l’emploie pour en faire des monnaies, des bijoux, ou des ustensiles quelconques devant offrir une certaine résistance.

De tous les sels d'argent, le plus important c’est l’azotate, ou nitrate, qui, fondu et amené à la forme de cylindre, est continuellement employé en chirurgie ; on le connaît vulgairement

sous le nom de pierre infernale. Nous avons parlé de l’azotate d'argent à l’occasion des médicaments. Les coiffeurs emploient ce sel dissous dans l’eau, pour teindre en noir les cheveux blanes ou rouges. Pour comprendre le mode d’action de l’azotate d'argent dans la teinture des cheveux, il faut savoir que les cheveux renferment naturellement un composé sulfuré. Quand on les imbibe d’un sel d'argent, ce composé forme du sulfure d'argent, composé d’un noir intense, qui produit sur les cheveux la coloration désirée. On se sert encore de l’azotate * d'argent dissous pour marquer le linge. Sous l'influence du soleil, ce sel se réduit, et laisse de l’argent métallique qui, à l'état de division, est noir; ces caractères sont ineffaçables.

Le chlorure d’argent exposé à la lumière, bleuit, devient violet et même noir. C’est sur cette propriété du chlorure d’argent, que présentent, d’ailleurs, la plupart des sels argentiques, que repose la photographie. Au reste, un effet de même ordre se produit pour ainsi dire journellement dans nos ménages. Tout le monde a remarqué que nos pièces d’argenterie qui sont assez longtemps en contact avec le sel marin, se ternissent et brunissent d’une façon très-sensible. Il se forme dans ce cas une mince pellicule de chlorure d’argent aux dépens du chlore que renferme le sel marin (chlorure de sodium). Ce chlorure d'argent noircit rapidement sous l'influence de la lumière, et donne à l’argenterie cette coloration noire accidentelle.

L'or. — Les anciens tiraient l'or de l’Inde, de la Thrace, de la Macédoine, du Caucase, de l'Arabie, etc. L'histoire sainte nous apprend que ce métal était connu et employé dès le temps d'Abraham. La nature a pour ainsi dire semé l'or partout, mais toutefois avec une grande réserve. L'or est cher parce qu’il est rare, et précieux parce qu’il est inaltérab'e à l’air. C'est en Amérique qu'on trouve les mines d'or les plus abondantes ; l'Europe en possde d’assez riches, surtout dans l’Oural et l'Altaï (Russie). L'or de la Russie représentait il y a quelques années le sixième de 11 production totale du monde entier; mais, par suite de la découverte des admirables gisements aurifères de la Californie et de l’Australie, ce rapport a bien changé.

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