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Fig. 253 à 258. — Rouble (4 fr.).
États-Unis. — Les monnaies d’or sont l'aigle et le double aigle, ou pièces de 5 et 10 dollars.
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Fig. 259 à 2€6. — Dollar (5 fr. 25).
Le dollar est la monnaie de compte des États-Unis. Il vaut
5 fr. 25 c. 11 se divise en cent cents ou centimes. Le tout est une monnaie de cuivre valant à peu près cinq centimes de France.
Les monnaies d’argent consistent en dollars, demi-dollars, quarts, dixièmes et vingtièmes de dollar.
La plupart des pierres dites précieuses se rencontrent en cristaux disséminés et implantés dans les roches primitives; on les trouve quelquefois en morceaux roulés dans les terrains de transport. Leur rareté, leurs belles couleurs, jointes à un vif éclat, et parfois à une limpidité parfaite, les ont fait de tout temps rechercher comme objet de luxe et de parure.
Turquoise. — C’est une pierre fine d’un bleu de ciel très-carastéristique, qui a cela de précieux pour la bijouterie et la joaillerie, qu’elle s’associe très-bien avec le diamant, la perle et l'or de couleur. Il y en a deux espèces : l’une est une véritable pierre alumineuse contenant des oxydes de fer et de cuivre, très-recherchée dans le commerce et qui se trouve sous forme de petites veines ou de petits rognons dans des matières argileuses à Nichapour, en Perse : c’est la turquoise de vieille roche ou orientale. L'autre espèce qu’on nomme de nouvelle roche ou occidentale, est un os fossile, pénétré de phosphate de fer; elle est beaucoup moins dure et beaucoup moins estimée. La turquoise, qu'on imite avec l'émail bleu, était gravée chez les Grecs et les Romains. Les Orientaux, de nos jours, se parent aussi de turquoises gravées.
Grenat. — Les grenats sont des pierres composées de silice, d’alumine, et d’une troisième substance qui varie selon leur couleur. Cette couleur est habituellement d’un beau rouge dont les teintes sont très-diversifiées. Le grenat syrien ou oriental, est d'une belle couleur rouge violacée, transparent et velouté: on croit que c'est l’escarboucle des anciens. Un grenat d’un rouge très-vineux est celui de Bohême et de Hongrie.
C'est dans les diverses roches de cristallisation et dans les
terrains volcaniques, qu’on rencontre les grenats qui alimentent l’industrie du Jura, de la Hongrie, du Tyrol et de la Bohême. On lesgrave en creux et en relief. On peut admirer deux de ces pierres gravées dans les collections de minéralogie du Muséum d'histoire naturelle de Paris.
Emeraude. — C’est une substance vitreuse, cristalline , com- posée de silice, d’alumine et de glucine. Elle est tantôt d’un vert pur, et doit sa couleur à l’oxyde de chrome : c’est alors l’émeraude proprement dite de la Colombie, de l'Égypte, du Pérou ; tantôt d’un bleu verdâtre qui rappelle la teinte de l’eau de mer, c’est l’aigue-marine de Sibérie; tantôt Jaune ou incolore, c’est le beril. Ces trois variétés sont employées dans la bijouterie, mais la première est la seule réellement estimée. La plus belle émeraude connue est celle du Cabinet impérial de Saint- Pétersbourg. Sa couleur et sa netteté sont admirables. Celle qui orne le sommet de la tiare du souverain-pontife est également très-belle.
L’émeraude se rencontre en cristaux implantés et disséminés dans les roches primitives.
Topaze. — C'est une substance vitreuse, dure, cristalline, se clivant facilement, composée de silice, d'acide fluorique et d’alumine. Le plus ordinairement elle est jaunâtre ; mais quelquefois elle est incolore et limpide. Dans ce cas, elle forme la goutte d’eau, et son éclat, lorsque la taille est parfaite, peut quelquefois la faire passer pour un diamant de qualité inférieure. 11 y a des topazes d’un bleu céleste qui ressemblent beaucoup aux aigues-marines. Les plus estimées de nos jours sont la topaze du Brésil, d'un jaune limpide et velouté tout particulier, et surtout la topaze orientale, qui vient des Indes et qui est d’un bleu jaune très-vif et très-animé. Les topazes de Saxe et du Mexique sont moins estimées.
On trouve les cristaux de topaze implantés dans les cavités des roches primitives granitoïdes, ou en morceaux roulés dans les alluvions anciennes.
Corindon. — C'est de l’alumine pure cristallisée. Parmi ses variétés, le corindon hyalin, qui est transparent, incolore, comprend toutes les pierres dites orientales. Grâce à sa dureté (il ne le cède sous ce rapport qu’au diamant), à l’intensité de son
éclat, à ses belles couleurs, le corindon fournit à la joaillerie un grand nombre de pierres fines des plus estimées. Telles sont : le corindon hyalin d’un rouge cramoisi ou rubis oriental, le corindon jaune ou topaze orientale; le bleu d'azur ou saphir oriental; le corindon violet où améthyste oriental. Un corindon bleu aux deux bouts et jaune au milieu, très-estimé à cause de ces deux couleurs et de son poids, fait partie des pierreries de la collection du Muséum d'histoire naturelle de Paris.
On n'a jusqu'ici trouvé le corindon hyalin qu’en cristaux roulés dans les sables des alluvions anciennes. C’est dans l'Asie méridionale que le corindon se trouve en plus grande quantité. On le rencontre aussi, mais en très-petite quantité, dans les granits des Alpes, dans le ruisseau d'Expailly, près la ville du Puy-en-Velay, où il provient des dépôts volcaniques de la contrée.
Une variété grossière de corindon, grenue, ferrifère, qu’on nomme vulgairement emeri, sert, lorsqu'elle est réduite en poudre, à polir les métaux, les glaces et les pierres fines.
Cristal de roche. — Cest de la silice pure régulièrement cristallisée en prismes hexaèdres réguliers, terminés par des pyramides à six faces. Le travail de cette substance formait autrefois une grande industrie artistique. On en faisait alors des vases, des coupes, des statuettes, des globes du plus haut prix. Mais cet art a presque été anéanti par la découverte des cristaux, c'est-à-dire des verres silico-alcalins à base de plomb. On imite si bien aujourd’hui le cristal de roche que les connaisseurs s’y trompent souvent. Mais on n’a pu atteindre encore à sa dureté, en sorte que la lime et la meule donnent les moyens de reconnaître d’une maniere infaillible le cristal de roche naturel.
C'est dans les terrains cristallisés, et spécialement dans les filons qui les traversent, qu’on trouve les plus beaux et les plus volumineux cristaux de quartz. Madagascar, le Brésil, les Alpes, le Dauphiné, etc., en possèdent des gisements très-riches. On en trouve aux environs de Givita-Vecchia, de splendides échantillons qui sont connus dans le commerce sous le nom de diamants de la Talfa.
Le cristal de roche n'est pas toujours limpide et incolore. Des matières étrangères en très-petites proportions, combinées avec
la silice, le transforment en pierres naturelles encore assez estimées. Le cristal de roche coloré prend les noms d’améthyste lorsqu'il est violet, de fausse topaze lorsqu'il est jaune, de rubis de Bohême lorsqu'il est rose. L'œil de chat est un quartz pénétré d'amiante , offrant à la suite de la taille des reflets nacrés qui semblent flotter dans l’intérieur de la pierre lorsqu'on la fait miroiter à la lumière. Deux autres variétés qui produisent des reflets particuliers de lumière, sont le girasol et l’aventurine. Le premier présente un fond laiteux d’où s’échappent des reflets bleus et rouges lorsqu'on fait tourner la pierre au soleil : la seconde, de structure grenue, a un fond brun parsemé d'une foule de points brillants.
Agate. — On réunit sous ce nom toutes les variétés de quartz demi-transparentes, compactes, à cassure terne, écailleuse ou conchoïdale. Ces pierres sont toujours sous des formes nodulaires, en rognons isolés, en masses irrégulières et mamelonnées. Leurs variétés forment deux sections : les unes sont grossières, ce sont les silex dont nous avons déjà parlé; les autres sont les agates fines ou calcédoines. Leur cassure est cireuse, leur transparence nébuleuse, leurs couleurs vives et variées. D’après leur diversité d'aspect, on en distingue plusieurs sortes : telles sont la calcédoine bleuâtre ou calcédoine proprement dite des lapidaires ; la calcédoine rouge ou cornaline ; la calcédoine jaune orangé, vert pomme, vert ponctué de rouge, blanche et opaque.
Comme les agates sont souvent composées de couches de diverses couleurs, l’art du lapidaire consiste à les présenter sous leur plus bel aspect. Lorsqu'’elles sont taillées de manière à présenter des bandes droites à bords bien tranchés, on les nomme agates rubannées. Quand les bandes:sont curvilignes ou concentriques, on les désigne sous le nom d’onyx. Enfin, il en est qui laissent voir dans leur intérieur des sortes de végétations moussues qui semblent nager dans l’eau : ce sont les‘agates arborisées. On trouve des agates onyx en Orient, en Allemagne, en France.
Les plus belles agates arborisées viennent d'Arabie. Leur prix varie suivant leur degré de beauté et d'originalité. Celles d’Allemagne ne se vendent à l’état brut que 8 à 12 francs le kilo: mais un travail bien réussi leur donne souvent une grande va-
leur. Tout le monde sait qu’on fait avec l’agate des camées, des coupes, des statuettes, etc. L’agate onyx a servi et sert encore spécialement à tailler les camées. Cette variété possède deux couches de la même nuance blanche, mais la supérieure est mate et l’inférieure translucide. Cette différence d’aspect est mise à profit pour faire ressortir le sujet sculptural gravé sur l’agate.
Jaspes. — Les jaspes ont été, de tout temps, employés à faire des objets d’art très-durables : des vases, des coupes, des statuettes ; aujourd'hui, on en fait surtout des bagues, cachets, bracelets, breloques de montre, etc. Ce sont des calcédoines opaques mélangées de diverses matières étrangères qui les colorent. Leur cassure est terne, leurs couleurs plus ou moins vives, sont souvent variées dans le même échantillon, comme elles le sont dans les agates.
Les jaspes se trouvent en amas ou en couches de peu d’épaisseur dans les terrains d’ancienne formation.
Opale. — L'opale est essentiellement formée de silice et d’eau. Avec ces deux substances et dans de certaines conditions de grandeur, de transparence et d'éclat, la nature a fait la plus splendide pierre du monde.
Il existe plusieurs variétés d’opale, mais on n’en emploie que trois dans la joaillerie : l’opale orientale, l’opale feu, et l’opale commune. La première est ordinairement taillée en amande, et offre l’aspect le plus éclatant et le plus varié. Elle réunit, sur un fond d’un blanc de lait, le rouge du rubis, le vert de l’émeraude, le bleu du saphir, le jaune de la topaze, le violet de l’améthyste. On la trouve en filons dans les porphyres argileux de la Hongrie.
L’opale feu a un fond d’un jaune de miel et des reflets d’un rouge de feu. On la trouve au Mexique ; elle est belle, mais peu durable. | |
L'opale commune ne présente que très-peu de feux et ses couleurs varient à l'infini. On la rencontre en filons mêlés à l’opale orientale.
Spinelle. — Le spinelle fournit à la joaillerie des variétés de pierres rouges ou de rubis qu’on nomme rubis spinelle et rubis balais. Elle occupe un des premiers rangs parmi les pierres pré-
cieuses à cause de sa grande dureté et de son vif éclat. Composé essentiellement d’alumine et de magnésie, les rubis se montrent en cristaux très-petits dans les terrains de cristallisation. Les plus beaux rubis viennent de Ceylan, de l’Inde et de la Chine.
En raison de leur dureté, les rubis de petit volume entrent dans la construction des montres; ils servent à composer les pièces destinées à un frottement constant.
Diamant. — De tout temps, le diamant a occupé la première place parmi les pierres précieuses en raison de sa rareté, de sa dureté, de son prodigieux éclat. Mais sa haute valeur ne date réellement que de l’époque où l’on a découvert la manière de le tailler.
Le diamant est un corps vitreux, transparent, ordinairement incolore, d’un éclat tout particulier, qu’on appelle adamantin. : C'est le plus réfrangible de tous les corps transparents. Il est si dur qu’il raye tous les corps sans être rayé par aucun, et qu'il ne peut être entamé que par sa propre poussière. Il pèse trois fois et demie autant que l’eau. Sa composition est très-simple : il est formé de carbone, c’est-à-dire de charbon pur. Depuis Newton qui, d'après des considérations tirées des propriétés optiques du diamant, devina qu’il était combustible, depuis Lavoisier et Davy, qui, par la combustion, le transformèrent en acide carbonique, jusqu'aux expérimentateurs de nos jours qui ont vu, sous l'influence d’un puissant courant électrique, le diamant se changer en un charbon analogue à celui que nous brülons dans nos foyers, tous les chimistes ont proclamé l’identité de nature du charbon et du diamant : ces deux corps ne diffèrent entre eux que par la disposition différente de leurs molécules.
Le diamant cristallise toujours dans la plupart des formes du système cubique, et particulièrement dans celles de l’octaèdre. Ses cristaux sont parfois irréguliers, à faces curvilignes.
On ne rencontre les diamants que dans l’Inde, le Brésil et la Sibérie. Ils se trouvent dans les terrains d’alluvion qui proviennent de la destruction de roches anciennes, dont les débris ont été transportés par les eaux. Les roches à diamants des grandes Indes, connues depuis très-long temps, ne sont régulièrement exploitées que depuis trois siècles. Les terrains dia-
LES PIÉRRES PRÉCIEUSES. h97
mantifères s’y rencontrent dans le Deckan, aux environs de Golconde, au Bengale et dans l’île de Bornéo. Les mines du Brésil qui ont été découvertes au commencement du dixseptième siècle, et qui sont situées dans la province de Minas Geraes, alimentent aujourd’hui de diamants le commerce du monde entier. Il en parvient annuellement en Europe 5 à 6 kilogrammes, poids que la taille réduit à 160 ou 180 grammes.
L’extraction des diamants au Brésil se fait de la manière suivante. Les blocs quartzeux à l’intérieur desquels on rencontre les diamants, sont brisés et amenés à l’état pulvérulent. Ce sable est lavé sur les bords d’un réservoir quadrangulaire, dont l’eau a un mètre de profondeur : chaque laveur est assis devant ce réservoir, tenant une sébile qui contient 2 ou 3 kilogrammes de sable. Grâce à la manière habile dont les esclaves indiens mouillent et agitent ce sable, aucun diamant, si petit qu’il soit ne peut échapper à la vue. Quand un des travailleurs a trouvé un diamant, il crie aussitôt : Loué soil notre Seigneur Jésus-Christ! et il le donne au surveillant. Si le diamant est d’une grande valeur, l’esclave reçoit une récompense, quelquefois il obtient sa liberté. Mais il faut surveiller de près ces travailleurs. Ils mettent souvent une adresse et une fécondité de stratagèmes incroyables pour dérober aux yeux leur riche trouvaille, et ne prononcer que tout bas et à leur prolit, Le fameux « Loué soit notre Seigneur Jésus-Christ! » |
Le diamant fut, pour ainsi dire, découvert une seconde fois, quand on apprit à le tailler. C’est, en effet, par le travail de la taille qu'il acquiert au plus haut degré la puissance réfractive et la propriété de diviser à l'infini le faisceau lumineux à travers ses facettes. Tout fait supposer que la taille du diamant a été connue de temps immémorial ; mais elle était alors facultative, irrégulière dans ses procédés. On a cru longtemps que Louis de Berquem, natif de Bruges, inventa, en 1476, la taille du diamant. Cependant on trouve mentionnés dans l’inventaire des joyaux de Louis, duc d'Anjou, dressé de 1360 à 1368, des diamants taillés. Ces pierres étaient toutefois taillées tant bien que mal, et d’une manière peu favorable au jeu de la lumière. Cet art fit de notables progrès, vers 1407, entre les mains d’un habile ouvrier nommé Kerman. Enfin Louis de Berquem
le perfectionna beaucoup en imaginant les procédés réguliers de la taille actuelle.
Cette taille se pratique au moyen d’une plate-forme horizontale d'acier doux, douée d’un mouvement rapide, couverte d’égrisée, c'est-à-dire de poudre de diamant, et sur laquelle on applique le diamant à tailler. L’égrisée s'obtient en frottant pointe contre pointe, deux de ces diamants bruts nommés diamants de nature, qui résistent à la taille.
On ne pratique aujourd’hui que deux sortes de taille: la taille en rose qu'on n’applique qu'aux diamants peu épais, et la taille en brillant qui est la plus recherchée. Dans la forme en rose, la partie apparente de la pierre est une pyramide garnie de facettes triangulaires, tandis que l’autre côté est parfaitement plat et caché par la monture. La taille en orilant est destinée à faire ressortir la puissance réfractive du diamant. Le côté supérieur de la pierre présente une face que l’on nomme table et que l’on entoure de facettes triangulaires et en losange. L’autre partie offre la forme d’une pyramide garnie également de facettes et tronquée par une autre petite table en culasse. Cette dernière forme est moulée à jour de manière à laisser voir la presque totalité de la pierre.
Les frais considérables d’exploitation des mines, la difficulté de la taille, la perte qui en résulte, élèvent considérablement le prix des diamants. Ce prix varie selon leur limpidité, leur grosseur et leur genre de taille. Les diamants bruts colorés ou tachés, qui ne sont bons qu’à faire de l’égrisée, valent de 30 à 36 francs le karat (le karat est un poids de 205 milligrammes $). Les diamants qu'on peut tailler se vendent 48 francs le karat (233 franes le gramme), lorsqu'ils ne dépassent pas ce poids. Mais s’ils le dépassent, on les estime par le carré de leur poids multiplié par 48. Quant aux diamants taillés, leur prix dépend de la forme de la taille et de leur grosseur.
Le plus beau diamant du monde est, sans contredit, le Régent. On l’a trouvé à 45 lieues au sud de Golconde. Il pesait 410 karats, et sa taille, qui exigea deux ans de travail, l’a réduit à 137 karats. Il est taillé en brillant. Son eau est pure, son éclat vraiment adamantin. Il a été acheté brut 312 500 francs. On dépensa pour le tailler 125 000 francs. En 1717, le duc d'Or-