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CHAUFFAGE PAR L'EAU LIQUIDE

Le chauffage des habitations par la circulation d’un courant d’eau chaude dans des tuyaux, était connu des Romains, qui l'employaient dans leurs étuves et thermes. Mais l'appareil, vraiment remarquable dans son principe, qui consiste à faire circuler de l'eau chaude dans une série de tuyaux ascendants, et à ramener la même eau liquide dans la même chaudière par une autre série de tuyaux faisant suite aux premiers, de manière à opérer une véritable circulation d'eau continue, est la propre invention de l’architecte Bonnemain. C’est vers la fin du dix-huitième siècle que ce système fut établi pour la première fois par l’architecte français. De 1830 à 1836, ce procédé de chauffage a reçu de nombreuses applications en Angleterre. 11 a été de nouveau perfectionné en France par M. Léon Duvoir.

Concevons une ligne de tuyaux s’élevant d’un point donné jusqu’à une certaine hauteur, et descendant ensuite pour venir se terminer à ce même point. Si un tel système, qui forme un cercle continu et complet, est entièrement rempli d’eau à la même température, il est évident que toute cette masse liquide se tiendra en équilibre et immobile. Mais qu'en un point donné du circuit, l’eau soit échauffée au moyen d’un foyer, l'équilibre primitif sera rompu, la couche liquide échauffée deviendra plus légère, s’élèvera et sera remplacée par une même masse d’eau froide, laquelle s’échauffant à son tour, s’élèvera comme la première, et ainsi de suite. Un courant continu se produira de cette manière dans l’appareil, les parties échauffées gagneront la partie supérieure, descendront, après s’y être refroidies, et seront finalement ramenées vers le foyer.

Tel est le curieux principe du chauffage par l’eau liquide. Voici maintenant comment est disposé l'appareil. Il se compose d’abord d’un foyer, sur lequel est placée une chaudière de métal. Du haut de cette chaudière, part la branche ascendante du système de tubes qui, après un parcours plus ou moins prolongé , retourne à la chaudière et vient s'ouvrir

vers son fond. C’est au point le plus bas du circuit qu'est situé le foyer. La branche ascendante de tuyaux transporte la chaleur, la branche descendante la répand dans la pièce à chauffer.

Les appareils de chauffage à l’eau sont de deux sortes : 1° ceux : dans lesquels le circuit ne s’élève pas à une grande hauteur et où la pression exercée sur l’eau de la chaudière par la colonne ne dépasse pas la pression atmosphérique : on les nomme à basse pression; 2° ceux dont le circuit est très-long et dans lesquels la charge supportée par la chaudière est considérable et la température bien supérieure à 100 degrés : ce sont les appareils à haute pression.

Dans les appareils à basse pression, le liquide est en relation avec l’air extérieur, soit par la chaudière quand elle est ouverte, soit par un appendice, nommé vase d'expansion , qui sert à recevoir le trop-plein des tuyaux, quand l’eau qui y est contenue se dilate par suite de l’échauffement. On emploie la chaudière ouverte lorsque l’inclinaison du circuit est très-faible et ne dépasse pas un mètre. Pour le chauffage des serres, par exemple , où les tuyaux courent à peu près horizontalement un peu au-dessus du sol, la branche ascendante s'ouvre au-dessus du niveau de l’eau, et la branche descendante au-dessus de l’orifice de la première. La chaudière est fermée au contraire, lorsqu'on veut appliquer ce genre de chauffage à plusieurs étages à la fois, auquel cas l’eau communique avec l’atmosphère par le vase d’expansion.

Il faut distinguer parmi les tuyaux ceux qui servent au transport et ceux qui servent au chauffage. Les premiers, dont le diamètre est en général plus petit que celui des derniers, doivent être assemblés avec soin et disposés de manière à pouvoir supporter sans se rompre, les dilatations et les contractions auxquelles ils sont successivement soumis.

Comment la chaleur est-elle communiquée par l’eau à l’enceinte qu’il s’agit de porter et de maintenir à une certaine température? Le courant d’eau chaude traverse un vase de métal, nommé poële à eau, parce qu’il échauffe, en effet, la pièce à la manière d’un poêle, et qui est placée dans la salle même à chauffer. L'eau chaude arrive dans ce poêle par en haut

s'en échappe par en bas. De simples tuyaux remplacent économiquement les poêles à eau dans les serres, les ateliers et les salles où l’on peut les dissimuler.

La figure 159 représente le calorifère à eau à basse pression. AB est le tuyau de la cheminée du foyer qui chauffe l’eau contenue dans la chaudière dont la forme est concave; de

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Fig. 159. Calorifère à eau chaude, basse pression.

cette chaudière part le tube qui amène l’eau chaude dans les poëles D,E,F, et le ramène ensuite à la chaudière.

Dans les appareils à haute pression, le principe du système est le même, si ce n’est qu’au lieu de fonctionner à des tem-

pératures inférieures ou égales à celle de l’eau bouillante, l'eau chaude circule sous des pressions de plusieurs atmosphères, et par conséquent à une température bien supérieure à 100°. Ces appareils exigent moins de surface de chauffe, et occupent moins de place; mais ces fortes pressions et la haute température à laquelle sont soumis les tubes, exposent à des ruptures. C’est ce qui arriva, en 1858, dans l'église Saint-Sulpice, à Paris, où plusieurs personnes furent brülées grièvement par

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