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Fig. 160. Calorifère à eau chaude, haute pression.
la rupture subite d’un tuyau de chauffage plein d’eau bouillante. En outre, les tubes peuvent à la longue carboniser les
bois près desquels ils passent, ce qui a quelquefois causé des incendies.
La figure 160 représente un appareil à haute pression destiné au chauffage d'une maison à plusieurs étages. Il consiste, comme on le voit, en un long tube continu qui se replie sur lui-même en hélice quand il arrive dans le poêle à eau. Le fourneau en briques avec son foyer, est placé à la partie inférieure. Le tuyau s'élève directement jusqu’à l’étage supérieur qu'il s’agit de chauffer ; il forme là une nouvelle hélice, qui commence le tuyau de retour du circuit, et forme un poêle destiné à chauffer l’air de l'étage supérieur. Cette hélice enveloppée de bois, de pierre ou de métal, répand sa chaleur dans le poêle par de larges bouches grillagées. Après avoir ainsi chauffé l'étage supérieur, le tuyau descend à l’étage inférieur, pour y former un poële semblable, et ainsi de suite à chaque étage Jusqu'à ce qu'il revienne à son origine, complétant et parachevant le circuit.
La pression dans les appareils de ce genre, construits par Perkins en Angleterre , allait quelquefois jusqu’à 15 ou 20 atmosphères : c'était un danger permanant de rupture et d’explosions. En France, M. Duvoir installa, à la Chambre des Pairs, un système dans lequel la pression ne dépassait pas 5 atmosphères , mais qui était encore sujet aux ruptures.
Les avantages du chauffage par circulation d’eau ont été appréciés ainsi qu'il suit FE M. Grouvelle, qui en a établi plusieurs à Paris :
« Une simplicité remarquable de construction et de conduite. Pas d'alimentation, de surveillance ni de nettoyage; une régularité extrême dans le chauffage... Une répartition très-égale de chaleur sur de grandes longueurs. Une facilité très-grande de modérer le chauffage et de le régler suivant les besoins du moment par la seule conduite du feu... Un refroidissement très-lent. On emploie donc avec grand succès ce mode de chauffage dans les serres où il faut une chaleur réglée et parfaitement égale , dans les prisons, les édifices publics destinés à de grandes réunions. »
À côté des avantages de ce système, signalons ses défauts. Les hautes pressions que supportent les tubes et les chau-
dières, sont une source de dangers graves, et des accidents peuvent en résulter. La dépendance forcée des poêles d’eau, superposés d'étage en étage, et desservis par une seule circulation, fait que l’on ne peut jamais chauffer l’un sans l’autre, ni suspendre le chauffage d’une ou de plusieurs pièces : il faut que toutes les pièces soient chauffées, bon gré mal gté. Ces inconvénients sont graves. Ils font comprendre que ce système, autrefois en faveur, ait fini par faire place au calorifère à air chaud, si simple dans son installation et dans son entretien, qui n’exige pour sa construction qu’un travail de maçonnerie, et pour son entretien qu'un domestique.