LES APPAREILS D'ÉCLAIRAGE
L'huile brûlée dans les lampes, le suif ou l’acide stéarique moulés en chandelles ou en bougies, le gaz fourni par la décomposition de la houille, enfin des liquides combustibles connus sous le nom d'hydrocarbures, tels sont les divers produits qui servent à l'éclairage, public ou privé. Nous avons présenté l’histoire et la description de ces divers moyens d’éclairage dans un ouvrage antérieur, auquel nous sommes forcé de renvoyer le lecteur, pour ne point répéter ce qui s’y trouve développé‘. Nous avons donné dans cet ouvrage, l’histoire abrégée et la description des différents instruments ou procédés auxquels l’homme a recours pour se procurer une lumière artificielle. Pour compléter les renseignements contenus dans ce chapitre, nous considérerons à un point de vue général la question de l'éclairage, en portant notre attention sur l'étude de la flamme, c’est-à-dire du produit général, quelle que soit
1. Les Grandes inventions anciennes et modernes dans les sciences, l'industrie et les arts. 1 vol. grand in-8. Paris, 1861, chez L. Hachette, pages 327-348.
sa source particulière, dans lequel réside toute puissance éclairante.
Qu'est-ce que la flamme? On la caractérise au point de vue chimique, en disant que c’est un gaz chauffé jusqu’au point de devenir lumineux. Tous les corps, quelque soit leur état physique, deviennent lumineux, c’est-à-dire sont en ignition quand ils sont portés et maintenus à une température suffisante; quand un gaz est fortement chauffé, il rougit; d'invisible qu’il était, il devient visible et lumineux; il constitue alors la flamme.
La température rouge des corps gazeux, c’est-à-dire celle de la flamme, est supérieure à la chaleur blanche des corps solides. Ce qui le prouve, c’est que si l’on approche de la flamme d’une lampe un fil de platine ou d'amiante, ce fil rougit avant de toucher la flamme. Si l’on fait rougir par la chaleur un tube de verre, et qu’on fasse passer un courant d’air à travers ce tube, l’air ne rougit point; mais si l’on projette alors de petits corps solides dans cet air obscur, ces corps solides deviennent incandescents, ce qui prouve que le degré de chaleur qui suffit pour produire l’incandescence d’un corps solide, ne peut produire l’incandescence d’un gaz, ou, en d’autres termes, que la température de la flamme est supérieure à la chaleur blanche des corps solides.
La lumière étant le résultat de l'accumulation du calorique, il semble ,' à priori, que plus un gaz en brülant développe de chaleur, plus il doit être lumineux; en d’autres termes, qu'une flamme doit être d'autant plus éclairante qu’elle est plus chaude. L'expérience prouve néanmoins que cette relation n’est pas fondée. Ce qui produit surtout l'éclat d’une flamme, c’est le dépôt, fait dans son intérieur, d’un petit corps solide; dans ce cas, le corps solide devenant lumineux, ajoute son propre éclat à celui de la flamme. Citons quelques faits à l’appui de cette observation. L’hydrogène est de tous les gaz celui qui développe en brülant la plus grande quantité de chaleur; cependant la flamme du gaz hydrogène est à peine visible; cela tient à ce que le produit de la combustion du gaz hydrogène, c’est la vapeur d’eau, c’est-à-dire une substance non solide. L’alcool produit en brûlant une température extrêmement élevée; cependant la flamme de l'alcool est extrêmement pâle, parce que