‹ Le savant du foyerChapitre 74 sur 114 · L'ÉCLAIRAGE · texte numérisé non relu

L'ÉCLAIRAGE

durant sa combustion, son hydrogène et son carbone sont entièrement brûlés sans laisser de résidu solide. L’éther sulfurique brûle avec une flamme éclatante, parce qu’il renferme plus de carbone que l'alcool, et qu’une partie du carbone non brûlé se dépose à l’intérieur de la flamme. Le phosphore répand en brûlant à l’air un éclat extraordinaire, parce que le produit de sa combustion est un corps solide et non volatil, l'acide phosphorique. Le zinc, comme le phosphore, brûle à l'air avec un éclat extraordinaire, parce que le produit de sa combustion est un corps solide et non volatil, l’'oxyde de zinc. Le gaz de l'éclairage est très-lumineux, parce qu’il renferme beaucoup de carbone, et qu’une portion de ce carbone se dépose dans la flamme; au contraire, l’oxyde de carbone brûle avec une flamme très-pâle, parce que tout le carbone qu'il renferme disparaît pendant sa combustion. Tous ces exemples prouvent que l'éclat d’une flamme ne dépend pas uniquement de sa température, mais bien de petits corps solides | qui se déposent dans sa masse. | | Dans une flamme, ce n’est guère que la surface [À extérieure du gaz qui soit en ignition; le reste A] du corps gazeux est peu échauffé. Il y a dans une flamme trois espaces, trois zones, qui diffèrent par leur température : la zone intérieure A est tout à fait obscure; elle est formée par le gaz ou les vapeurs du corps gras qui échappent à la combustion, parce que les gaz étant mauvais conducteurs du calorique, la chaleur de la zone extérieure ne pénètre pas jusqu'à cette couche. (est pour cela que la zone intérieure A est obscure et }| à peine chaude. Ce qui le prouve, c’est que si l’on | || introduit dans l’intérieur de cet espace un peu de ‘| poudre à canon, au moyen d’une petite cuiller de fer fermée par un petit couvercle, que l’on retire après l'introduction de la poudre au milieu de la RUE DE À flamme, cette poudre s’y maintient sans prendre d'une bougie. feu. La zone extérieure G est celle qui jouit de la température la plus élevée; c’est en effet la partie qui se trouve de toutes parts en contact avec l’air, et qui, par conséquent, subit une

combustion complète. Ici, la température est très-élevée, mais le pouvoir éclairant est faible, parce que tout le carbone est brûlé, et qu'il ne se dépose au milieu de la flamme aucun. corps solide qui puisse ajouter à son éclat. La zone moyenne B est moins chaude que la zone extérieure, parce que l'air n'y pénètre qu’en partie, et que la combustion est incomplète; mais son pouvoir éclairant est considérable, parce que, en raison même de cette combustion incomplète, un corps solide, c’est-à-dire le carbone, se dépose dans cette partie de la flamme, ce qui la rend lumineuse. |

D'où provient la forme conique que présentent toutes les flammes? Elle provient de ce que le corps qui brûle est un gaz, ou bien des vapeurs combustibles s’échappant du corps gras qui imprègne la mèche. Le gaz qui, en se dégageant, traverse la zone enflammée, brûle en ce point, tout en continuant à s’élever dans l’air; mais, à mesure qu’il s'élève, la combustion qu'il subit diminue à chaque instant sa masse; cette espèce de cylindre de vapeurs combustibles se réduit de plus en plus, son diamètre diminue sans cesse, jusqu'à ce qu'il devienne nul. De là la forme conique que présentent toutes les flammes.

Si l’on tient une cloche de verre, ou un verre à boire, au-dessus d’une flamme, de la flamme d’une lampe, comme de celle d’une bougie, du gaz, etc., on s'aperçoit bientôt que les parois intérieures du vase se recouvrent d’eau liquide. Cela tient à ce que les produits résultant de Ia combustion des matières qui servent à nous éclairer, sont l’acide carbonique et la vapeur d’eau : l'acide carbonique, corps gazeux, se répand dans l'air sans laisser de traces; mais la vapeur d’eau, rencontrant un corps froid, s'y condense, et produit à l’intérieur du vase de verre les souttelettes observées.

Diverses substances communiquent à la flamme une couleur : particulière : les sels de strontiane la colorent en rouge, les sels de cuivre en bleu, les sels de baryte en jaune verdâtre, l’acide borique en vert. C’est en mêlant aux pièces d'artifice des sels de strontiane, de cuivre, etc., que l’on produit ces feux colorés en rouge, en bleu, etc. L’habileté de l’artificier consiste dans l'emploi judicieux de ces sels pour colorer diversement les flammes.

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