SCÈNE III
Les mêmes, ÉTIENNE.
ÉTIENNE
Qui diable disait donc : Heureux en amour, malheureux au jeu... Voilà une heure que je suis au pharaon sans pouvoir y perdre un louis... Le proverbe est menteur, n’est-ce pas, ma Flora?
FLORA
Vous le savez bien...
ÉTIENNE
C’est égal, je gagne trop.
DE MARSY
Vous êtes bien heureux!.. Moi, mon cher, je ne peux plus gagner... parce que je ne peux plus perdre.
ÉTIENNE
Ah bah! vous êtes ruiné?
DE MARSY
Tout à fait ruiné.
lou yard.
La belle affaire!.. Vous savez Lieu, qu’avant huit jours, je vous aurai rendu dix fois plus que vous n’avez perdu.
TOUS
Vous?
LOUVARD
Moi-même.
BERNARD
En vérité?... Le chevalier sera en état d’acquitter...
LOUVARD
Je paye toutes ses dettes.
BERNARD
Et qui est-ce qui payera les vôtres, monsieur.... Dubreuil, je crois ?
LOUVARD
Oui, Dubreuil, pour quelque temps encore, mon cher.... Vous demandiez donc... qui payera mes dettes?
BERNARD
Oui...
Vous seriez bien étonné si je vous le disais.
BERNARD
Dites donc, alors.
LOUVARD
Eh bien, monsieur Bernard, ce sera vous.
BERNARD
Moi !
* ' LOUVARD
Vous nous compterez peut-être une fort belle somme... Qu’est-ce que... cinq cent miHe livres... placées dans des mains habiles, peuvent bien rapporter... en dix-huit ans?
BERNARD, troublé.
Cinq cent mille livres en dix-huit ans?
LOUVARD
Oui... cela doit faire quinze cent mille livres au moins?
BERNARD, troublé.
Que voulez-vous dire, Monsieur, expliquez-vous?... Vous connaissez donc la personne qui m’a confié...
LOUVARD
Peut-être !...
BERNARD
Serait-ce...
LOUVARD, bas.
Silence !.. pas ici, pas maintenant. (Bernard le regarde avec étonnement.)
* ÉTIENNE
Mais il est bien tard... Est-ce que ce n’est pas l’heure du souper?