‹ Le savetier et le financierChapitre 1 sur 11 · PLET D^ANNONCE · texte numérisé non relu

PLET D^ANNONCE

par h Citoyen Carpentier avant la

C R E P I N 5 Savetier. ( Le C. Carpentier. )

M O N D O R , Financier. . ( Le C. Chapelle. )

B L A N C tî E T T E , Cuisinière de Mondor. ( La Cm. Laporte. )

Am : Du vaudeville de la Soirée Crasseuse.

La pièce annoncée en Réclamé une indulgence extrême, L’Auteur, travaillant sur du \?ieux, A fait le Savetier lui-même,

Et moi ceignant le tablier 5’6n vais tenter l’emploi comiique , L’Auteur et moi, dans ce métier, Nous demandons votre pratique.

Comédie en un Acte,

La Scène est dans une place publique ; au lever du rideau on voit l’échoppe du Savetier encore pendante J en face de la , maison de Mondor.

arrivant,

on raisonne.

J E tiens de k nature Un grand tond de santé,

Que j’augmente à meoure D’un grand fond de gaîté.

JLu coin de cliat^ue rue Je loge à volonté,

Mon enseigne est connue:

Vive la Liberté.

fait parbieo grand jour. . , . /Allons dresse ton échoppe. ' ,

^ ^ - Itlême air»

Ces brai et ma science , ?vrout toujours exempté

mon

De faire connaissance ^

Avec la pauvreté. — ^

( Il finit d’ouvrir son échoppe.

Qu’il neige ou bien qu’il vente,

Ou qu’il vienne à pleuvoir , -

Je SUIS clos et je chante Du matin jusqu’au soir.

Je ne suis pourtant pas si clos que les jolis petits yeux de cette veuve Elaïicbette n’ajentbien su percer jusqu’à mon cœur .... elle dort sans doute encore ; ces financiers soupent si tard , qu’il faut bien que ceux qui soiîpent après eux se couchent à je ne sais quelle heure. Mettons nous à l’ouvrage , peut-être ma charmante veuve s’ëvcillera-t-elle au bruit de mon travail.

( il entre dans son échoppe. )

Air: Travaille^ hon tonnelier.

Quand un cordonnier insolent,

Tout fier d’avoir payé pour l’être.

Dans ma pauvre échoppe , en passant,

Jettait , jadis, un œil de maître;

^ Je le fixais pareillement

Et je chantais en ricanant :

Travaillez ( bis. ) bons savetiers ,

Et vous vaudrez les cordonniers.

En finissant ces escarpins.

Que dans une chambre garnie ,

Trois gascons , soi-disant cousins.

M’ont commandé de compagnie.

Je ne sais quel pressentiment Me fait chanter tout doucement . , . .

Attendez ( bis. ) bon savetier Que d’avance on vienne. payer.

Mais quand je tiens ces gros souliers Garnis de clous à larges têtes ,

Qui sont à deux particuliers Laboureurs, pauvres, mais honnêtes,

Je reprcns ma joyeuse humeur ,

Et je chante de tout mon cœur :

Travaillez ( bis. ) bons savetiers,

C’est pour nos pères nourriciers,

,( Il se lève et son de son échoppe.

Air : Messieurs fuîtes attention.

Jentens ouvrir un contre-vent ....

Et c'est celui de ma Blanchette ;

Bon ! coulons nous discrètement Près de sa croisée indiscrète ....

A la, distinguer clairement , ''

Peut-être atteindrai-je en sautant ?

D’essayer de cette manière Ce serait , ma foi , tems perdu ;

En m’élevant sur cette pierre.

Tâchons de voir sans être vu. . . .

Ma veuve se met à genoux, ^

Voilà qu’elle fait sa prière.

Ah! si son langage si doux Pouvait du moins percer le verre;

Mais sa bouche , oh ! j’en suis certain, prononce en ce moment . . . Crépin. . «J La mêjne piété m’enflâme.

Si de toi le simple est chéri ,

Grand pieu , donne moi donc pour femme , Celle qui me veut pour mari.

[ il frappe aux carreaux de Blanchette avec sa mesure. ]

Al R ^ D’une ah eilh toujours chérît Blanchette êtes~vous réreillée ?

BLÂN CHETTE-jà travers sa fenêtre grillée,

U O I ! c’est vous ? Qui l’eut pu prévoir.

Depuis plus d’un heure hahillée ,

Qu’il vous tardait peu de me voir !

i-iéchant! de mon impatience Qu’elle preuve vous faat-il donc?

Quand je porte votre alliance.

Avant de porter votre nom.

Quoi! tu portes mon alliance ’ Meme , avant de porter mon nom!

BLAN C H E T T 11 lui passant sa main.

E mais , regardez plutôt.

Attends que j’y regarde plusieurs fois.

A I R : Vaudeville de Vlsle des Femmes.

Par ces barreaux qu’à fait poser üne méhante avarice ,

C’est tout àu plus «i mon baiser Sur saRiain , comme au voi, se glisse.

C R E P î N 3 M O N D O R 3 à sa fenêtre,

Ai R ; Du maréchal.

J E chante dans les formes, Dès que je vois le jour.

Liberté ! tu me formes.

D’accord avec l’amo ur.

Crépin.

Envérlté , ménsieur Mondor,'

Queiles fenêtres sont les TÔtres:

Que diable;

J Enferme! bien votre trésor,’ ^

Mais n’enfermez pas ceux des autres.’

Pourquoi retirer votre main si vite?

BLANCHETTE

Cest que i’er.tens marcher mon bourgeois , il n’y a rien de si -sur que vous l’aurez éveillé, avec votre voix perçante.

CREPIN.

N’ayez pas peur , et rangez votre cuisine , comme si de rien n’était. Me voilà dans mon échoppe , comme si je n’en étais pas serti.

Qand mes points Sont bien joints.

Bien serrés ,

Bien cirés.’

J’ai courage.

Eh mais , c’est par-ici , c’est moi ....

Air: Voici la, St. Crépin.

Dussiez-vous, mons Crépin,

Mon voisin ,

Me dire des injures.

On chante moins matin ,

Mon voisin ;

Ou pour ne pas réveiller son voisin y On prend du moins ses mesures ,

Mon voisin,

, On prend du moins ses mesures,.

CREPIN.

Que voulez-vous dire , avec vos mesui-es , monsieur Trioiîdor ? vous prenez vos aises pour dormir, vous , n’estce pas ? je prens mes aises pour chanter moi. Ainsi nous sommes but-à-but.

Suite de V air du maréchal.

Un petic couplet graisse le traachet :

Ça donne cœur à l’ouvrage.

Ecoutez donc j mon ami ....

Mon ami ! avec votre permission, je ne suis point votre ami. Je ne suis l’ami que de ceux dont j’ai la pratique , et qui me payent bien .... attrape.

Le marteau Tôt , t^ , tôt.

Le marteau

Tôt , tôt , tôt

Fait tapage , etc. etc.

Vûiei par exemple un entêtement, et un manque de respect gui me feraient sortir de mon caractère.

Air: Dil vaudeville des chasseurs.

Crépin me plaisante et me fronde,

Mais Crépin s’en repentira :

La Loi , qui luit pour tout le monde,

De ses lardons me vengera; ‘

Cède à ton goût pour la musique.

Mais s’il t’arrive encor demain D’ouvrir la bouche aussi matin,

On te fera fermer boutique.

CREPIN.

Fermer boutique î vous ! à moi I laissez donc , vous parlez de la Loi ; je la connais aussi bien que vous , et je la pratique peut-être encor mieux, je m’en vante.

Même air.

Sur la Loi , ma gaité se fonde :

Il est une heure où dans les cieux

Le soleil luit pour tout le monde ,

Excepté pour les paresseux!

Or , dès que cette heure est venue ,

On peut chanter à pleine voix ;

. Car il est bien prouvé, je crois , ^

Que l’air est libre dans la ruè.

Tout ça est bel et bon ^ mais une vérité n’en détruit point une autre : il est de fait que tu as la voix aiguë , j’ai moi le sommeil tendre et léger ; je te prie d’y avoir egard.

Tra la , la , la , la , la , etc. ( ad libitum. )

Ah ! tu te moques de moi ; attends : attends je vais passer mon habit de cére'monie , et porter de suite ma plainte chez rofficier public.

Ecoutez donc, monsieur Mondor, un petit avis.

Ai R : VaudevilU de Figaro.

Du boa droit, ne vous déplaise ,

Si vous êtes sûr, Mondor,

R.estez , en grâce , à votre aise ,

Sans vous charger d’habits d’or.

C’est bon!

Si votre cause est m.'iuyaise,*

Le juge estf homme de bien ,

L’habit d’or n’y fera rien. ( bis. )

' ( ■ MOMDOR.

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