SCENE XII
C R E P I N , seul J riant, (i)
jAlH !' ah ! ah ! . ., attendez donc . . . puis-je rire ? ... , oui , oui , je peux rire . . . j’ai bien promis de ne pas chanter , mais je n’ai pas promis de ns pas rire . . . rions . . . rions . . . allons gai , toujours gai , soyons gai . . . eh bien , ne voila-t-ii pas que je n'en ai plus d’envie, tant mieux ; aussi bien , faut-il m’occuper sérieusement de l’emploi de mes cent écus. Blancbette , Elanchette,, tu en auras ta bonne part ; parbleu, je le crois bien. Si ja l’épouse > elle en aura la moitié ... la moitié ! c’est beaucoup. Eh! mais ... si je ne l’épousais pas , j’aurais tout ... il y a une chanson qui dit...
(i) Cette scène estla pierre^e touche du Comédien. C’eût été un contre-sens d’y multiplier les couplets , et les Directeurs des Départemens , doivent en conséquence , sans avoir égard à là vieille routine des emplois , confier le rôle de Crépin à un Acteur consommé.
Air ; Du lendemaîn, Toi qui d etre en ménage As aujourd’hui le dessein , " Remets ton mariage,
S’il se peut jusqu’à demain;
Et demain d’être bien sage ,
Si tu veux être certain,"
R.emets encor l’esclavage Au lendemain.
Eh! quoi! c’est moi qui pense de la sorte ! fi dcnc! taudis que Blancbette m’aime et me sacrifié tout 1 chassons ces idées que me suggérait l’avarice. Blancliette 1 tu partageras mon trésor puisque je partage toncŒur . . . empor-» terai-je mon sac à dîner , ou le iaiiserai-je dans mon
échoppe? non. . . non Eh mais... est-ce que j’ai
faim ?... c’est singulier comme cet argent m’ôte l’appetit.. . comme ce serait bien le cas de chanter... si je n’avais pas promis . . . liom 1 ... ni aimer , ni manger . . . ni chanter! cela est bien^dur!,.. c’est pourtant ce
coquin d’argent qui vous arrange comme ça un homme
travaillons . . . travaillons .... travailler , quand j’en ai moins besoin que jamais ? je ne gagnerais pas un écii dans ma soirée , et en voilà cent à ma disposition .... dire que j’ai engagé ma liberté au point de ne pas oser fredonner mes airs favoris ; Crépin , mon ami , vous devenez sombre , vous pesez ce sac . . . vous osez le contempler ! prenez garde . . . non , non , regardez - le avec dédain : c’est le commerce de ce vil métal qui a trop long-tems entravé la chose publiique. . , .
'■ Air : n aime point
Crois-tu donc en m’attristant Qu’à ce trafic je me porte :