‹ Le Scandale au théâtreChapitre 11 sur 24 · OPÉRA · texte numérisé non relu

OPÉRA

Académie impériale de Musique.

Direction : Le luinislère dElal, représenté par son Kxr. M. le comte Walewski, ministre d'Etat.

Administration : M. Alphonse Royer, administrateur, né en t803, auteur dramatique, ancien directeur de rOdéon (1853 à 1856), administrateur de l'Opéra depuis le premier juillet 1850.

On lui doit le livret de la Favorite.

On pourrait souhaiter que l'administration de l'O-

péra^ nous fît connaître un peu plus les chefs-d'œuvre du vieux répertoire que la génération actuelle ignore, et qu'elle entourât d'une pompe et d'une mise en scèn? plus dignes d'eux, certains chefs-d'œuvre modernes de nos maîtres les plus illustres. Un peu moins de ballets, un peu plus de vraie musique. Rajeunir le répertoire, et restaurer les vieux chefs-d'œuvre ; suivre un peu moins une perpétuelle routine, et ne pas reculer devant les grosses dépenses pour s'attacher le concours d'illustres artistes. Elever les droits que touchent les compositeurs, et baisser ceux que perçoivent les librettistes; en deux mots: Restaurer et innover.

COMÉBIE-FRANÇAISE.

Direction: Le ministère d'Etat, représenté par son Exe. M. le comte Walewski, ministre d'Etal.

Administration: M. Edouard Thierry, administrateur (1859), né en 1813, ancien jouinaliste. A été chargé des revues littéraires et théâtrales de la plupart des grands journaux parisiens. Homme inelligent, instruit, plein de volonté, et qui, nous l'es-

pérons, rendra au Théât'"e-Françai? un peu Je son lustre passé, et bien passé.

Grandes réformes à introduire. Recevoir peu de vaudevilles comme le Duc Job, et jouer beaucoup de pièces estimables comme la Considération. Chercher du nouveau quand même, et pour cela accueillir les jeunes gens qui ont la force et la vigueur, la jeunesse et l'esprit à défaut de la grande expérience; — ne pas se laisser mener par les entêtés ou les arriérés du sociétariat^ et tenir tête aux cabales — être maître chez soi enfin, pour avoir le droit d'}' faire le bien librement.

O^EAA-COMZQUE.

iM. Alfred Beaumont, directeur (1860).

J'avoue que je connais trè^ peu M. Beaumont qui a succédé à M. Roqueplan.

Depuis quelques mois il a fait ses preuves. Trouvant un répertoire délabré, une troupe insuflisanle et «u-

combrée d'inutilités/ il a clierché à renouveler Vnu et l'autre.

Avec un répertoire comme celui de l'Opéra-Comique et l'appui des compositeurs ordinaires de ce théâtre, M. Beaumont, peut faire sa fortune en peu de temps. Le tout est de conduire intelligemment sa barque. Ne pas garder M'"^ Ugalde, dont la gloire seule subsiste, ce qui n'est pas assez pour les exigences du répertoire ; rappeler M'"^ Cabel, et faire chanter le moins souvent possible à Mlle Vertheimber les rôles créés par Faure. Et surtout, grand dieu I jouer beaucoup de choses qui ne soient pas de M. Offenbach.

THÉÂTRE ITALIENé

M. Calzado, Directeur.

On peut dire que M. Calzado a relevé et sauvé le Théâtre-Italien. Nous lui devons les grands succès de Verdi, les reprises heureuses de certains opéras de

Hossini, l'engagement de M"^^^ Penco, Alboni, Battu ; de MM. Tamberlick, Mario, Graziani, Badiali, et le rappel de Ronconi.

La prolongation du privilège de M.Calzado jusqu'en 1864, a été accueillie par tous les dillettanti, artistes et amateurs, avec la plus grande joie.

Cette mesure fait honneur à la haute administration qui Ta prise^ et au directeur habile qui en a été l'objet.

OBEON.

(.Second théâtre français.)

M. Charles de la Rounat, Directeur, né en 1819, ancien auteur dramatique ; a remplacé en juillet 1850, M. Alph. Rover, dans la direction de l'Odéou .

L'Odéon est certainement le Ihéâlre le jdus hospitalier de Paris, et le plus favorable aux jeunes auteurs; il représente chaque année un certain nombre de

pièces signées de noms inconnus, et dont plusieurs déjà sont arrivés à la célébrité.

On a souvent plaisanté ce très-utile théâtre, qui rend à l'art de véritables services. Il joue l'ancien répertoire beaucoup plus souvent que le Théâtre-Français; il a fait connaître M. Bouilhet, reçu plusieurs consciencieux ouvrages de M. Ponsard, et une bonne comédie de MM. Belot et Yilletard, deux inconnus qu'il a révélés.

L'utilité, Vindispensabilité de i'Odéon sont aujourd'hui incontestables.

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