‹ Le scapulaire de Notre-Dame du Mont-Carmel [microforme]Chapitre 17 sur 52 · CHAPITRE Il · texte numérisé non relu

CHAPITRE Il

Notions sur le Scapuiaire en général — Etymologie, c’est-à-dire, dérivation du mot scapulaire — Origine du mot Scapulaire — Les petits scapulaires — Leur matière, leur couleur, leur forme — Les cordons ou rubans — Bénédiction — Historique du Scapulaire du Mont-Carmel — Premier miracle opéré par ce scapulaire.

— pou —

OTIONS sur le scapulaire

— Etymologie — Le mot

NS Scapulaire, où habit qui re-

FR pose sur les épaules, vient, dit

Beringer, du latin scapula (épaule),

Il désigne originairement le vête-

ment que portent certains religieux

par-dessus l’habit distinctif de ieur Ordre,

Il descend des épaules en recouvrant plus ou moins le dos et la poitrine,

Be ES A AS

Origine du Scapulaire — “ Lorsque les différentes familles religieuses commencèrent à s’affilier les fidèles, au moyen de congrégations ou de confréries, elles leur communiquaient en même temps, quelque signe extérieur de leur ordre, par exemple, une ceinture, un cordon, etc., etc. Telle fut aussi l'origine des différents peñiés scapulaires, qui devaient représenter le vêtement de ce nom que portent les religieux, et désigner, selon la diversité de la couleur, le lien plus étroit que l’on contractait avec tel ou tel ordre religieux,

“ Ainsi que les différents chapelets et les confréries anciennes, presque tous les scapulaires doivent leur origine et leur diffusion aux ordres religieux. De là vient l'usage général de regarder la plupart des scapulaires comme l'apanage et la propriété exclusive d’un ordre ou d'une congrégation religieuse.

“ De là encore, pour les supérieurs de ces ordres ou de ces congrégations religieuses, le privilège de bénir les scapulaires qui leur appartiennent, et de déléguer d’autres prêtres pour recevoir les fidèles dans les confréries régulièrement affiliées (1).”

(x) Beringer, Indulgences, tome I, page 390.

De là, enfin, l'union étroite qui existe entre le fidèle et l’ordre religieux dont il porte le srapulaire.

Les petits scapulaires, portés par les fidèles, se composent de deux morceaux de drap réunis l'un à l’autre par deux cordons. Ces cordons reposent sur les épaules, de telle façon, que l’un des deux morceaux de drap se trouve suspendu sur le dos, l’autre sur la poitrine, Sion le porte en écharpe, c’est-à-dire, comme une bande ou une ceinture, ou dans sa poche, ou les deux morceaux sur le dos, ou sur la poitrine, on ne gagne pas les indulgences.

La raison, c'est que ce saint habit, remplaçant le grand scapulaire des religieux, doit être porté comme ce vêtement. Toutefois, on peut porter le scapulaire par-dessus ou par-dessous les habits, ou entre les habits de dessus et ceux de dessous (1).

La matière des scapulaires, c’est-à-dire, les deux morceaux d’étoffe qui en forment les parties principales, doit être la laine et non le coton, la soie ou le feutre; si le coton est ajouté à la laine en quantité notable, la validité devient douteuse : aussi l’on ne doit (r) Beringer, traité des Indulg., tome I, page 400.

rien négliger pour se procurer une étoffe pure laine, — cette étoffe doit être de plus fissée; — si elle est tricotée ou fabriquée de quelque autre manière que ce soit, on ne peut validement l'employer pour le scapulaire (1).

Les simples morceaux d’étoffe attachés aux deux cordons suffisent. Toutefois, il est permis d'orner un peu le tissu de laine; ainsi, il n’est pas défendu d’y broder ou d’y brocher une image, une croix, etc., etc. Il n’est pas même nécessaire que la matière de ces ornementations soit de laine, ni de la même couleur que le scapulaire, pourvu, cependant, que l'étoffe et la couleur prescrite du scapulaire ne disparaissent pas sous ces ornements, mais au contraire restent la partie principale et prédominante (2). Il est également permis d'attacher une image ou une médaille au scapulaire,

La couleur doit différer selon les scapulaires. Il y en a de plusieurs couleurs : — Il y a le scapulaire rouge, le brun, le noir, le bleu et le blanc, etc.

(1) Décret authentique No. 423, ad, 1 et 2, d’après Beringer, traité des Indulg., tome I, page 390.

(2) Décret authentique No. 423, ad, 3 et 4, d’après Beringer, traité des Indulg., tome I, page 392.

La forme : — Quant à sa forme, le -capulaire doit être fait de deux morceaux rectangulaires, à peu près carrés, d’étoffe de laine, et attachés de la manière indiquée plus haut, aux extrémités de deux cordons.

On a demandé à la Sacrée Congrégation des Indulgences si l’on pouvait bénir validement des scapulaires de forme ronde, ovale, ou polygonale. Elle a répondu négativement en disant qu'il ne fallait rien innover (1).

Les cordons ou rubans qui unissent les deux morceaux de drap, ne constituent pas une partie essentielle du scapulaire, puisqu'ils n'existent pas dans les grands scapulaires des religieux. C’est pourquoi ces cordons peuvent être de quelque matière que ce soit: coton, fil, etc, etc, et de n'importe quel couleur. Il n'y a que le scapulaire rouge de la Passion qui doit avoir des cordons de laine rouge. Ainsi, lorsque, dans plusieurs scapulaires réunis ensemble, se trouve le scapulaire rouge, le cordon qui les unit tous doit être de laine rouge.

“ De ce que les cordons ne sont pas une partie essentielle du scapulaire, il ne faut

(1) Décret authentique No. 423, ad. 5, d’après Beringer, tome I, page 392.

pger,

cependant pas conclure qu'on puisse les supprimer, et se contenter, par exemple, de coudre sur un vêtement, par devant et par derrière, les deux morceaux de drap qui constituent essentiellement le scapulaire.

Dans ces conditions-là, on ne gagnerait pas les indulgences (1).

Bénédiction. — Le premier scapulaire seul a besoin ‘être béni et imposé par un prêtre autorisé à cette fin. Dans le premier scapulaire sont bénis tous les autres, par la raison que la sainte Eglise ne bénit l’habit des religieux qu’à leur vêture, c'est-à-dire lorsqu'ils le prennent pour la première fois. Cela étant, celui qui a été dûment revêtu du scapulaire peut, dans la suite, remplacer son premier scapulaire par un autre, sans aucune bénédiction, et agir ainsi chaque fois qu'il aura besoin de le renouveler.

Le scapulaire de la Passion fait seul exception. Pour celui-ci, chaque nouveau scapulaire exige une nouvelle bénédiction, quoiqu'on puisse en faire bénir une provision à la fois (2).

(1) Décret authentique No. 29, d’après Beringer, t. I, p. 393.

(2) Le scapulaire de la T.-S. Trinité, qui faisait autrefois exception, ne requiert aujourd’hui qu’une seule bénédiction, en vertu d'une dispense du Saint-Siège, en date du 24 août 1895.

Si, par négligence, ou par quelque motit semblable, on cesse de porter son scapulaire pendant un temps considérable, il n'est pas nécessaire de se faire imposer le scapulaire de nouveau, ni de le faire bénir. Pour avoir derechef droit aux indulgences, il suffit de le reprendre et de le porter constamment, Mais, si l'on a quitté son scapulaire par impiété ou par mépris, il faut le recevoir de nouveau, comme la première fois, pour avoir droit aux indulgences (1).

Bien que le scapulaire ne profite qu'à ceux qui en sont revêtus, Dieu opère cependant quelquefois par son entremise, des merveilles de sa bonté, même envers ceux qui ne le portent pas. Il semble parfois attacher à ce saint habit la puissance des miracles dot il a honoré ses saints. Si, en effet, il plaît à Dieu de manifester la sainteté de ses serviteurs jusque dans leurs vêtements, il ne serait pas étonnant qu'il choisit de préférence leur scapulaire pour y faire briller davantage leur puissance et leur vertu. C'est ce que nous montre avec évidence le trait suivant.

(1) Beringer, Des Indulgences, tome I, page 392.

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Exemple. — Le scapulaire de saint Albert :— Un jour deux enfants, un petit garçon et une petite fille, avaient commis limprudence de jouer avec un canif, le frère avait, par mégarde, lancé la pointe du canif dans l'œil de sa sœur; de là une blessure profonde et des douleurs aiguës. La pauvre enfant poussait des cris déchirants et faisait pitié à voir,

La mère éplorée vint frapper au couvent des Carmes de Trépani, en Sicile, lequel avait pour supérieur saint Albert, investi du don des miracles. Le saint religieux était absent. Le frère portier eut beau lui représenter qu'il ferait soigneusement son message au retour du saint, la mère ne voulut pas partir sans avoir au moins quelque objet de piété à l'usage du vénérable supérieur.

Le frère, pour la contenter, alla lui chercher le scapulaire dont se servait saint Albert, La mère le prit, et frotta aussitôt l'œil de sa petite fille Au contact du scapulaire, l'enfant s’endormit d’un profond sommeil et se réveilla parfaitement guérie, À son réveil l'enfant dit: ‘“ Pendant mon sommeil, un vénérable vieillard, à barbe blanche, revêtu d’une robe brune et d’un

manteau blanc, est entré dans ma chambre ; il a fait un signe de croix sur mon œil et l’a complètement guéri (1).”

Historique du scapulaire de Notre- Dame du Mont-Carmel. — De tous les scapulaires, celui de Notre-Dame du Mont-Carmel est le plus célèbre, le plus ancien et le plus populaire. La plupart des fidèles le reçoivent ordinairement dès leur jeunesse. Les bons chrétiens le portent avec respect et confiance jusqu’à la mort. Les pécieurs n'osent pas s’en dépouiller. Les uns et les autres voient dans ce saint habit une assurance contre les feux éternels.

Mais un grand nombre même parmi ceux qui le portent, ignorent l'origine de ce scapulaire; ils ignorent également que le scapulaire brun, dont ils sont revêtus, est une partie intégrante de l’habit religieux des Carmes et des Carmélites : ils ne se doutent pas non plus qu’en le recevant, ils ne deviennent les vrais associés de

l'Ordre du Carmel.

Ce scapulaire, on le sait, fut tout d’abord donné miraculeusement par la ne du

(:) Chroniques du Carmel, Alost, juin, 1890.

Ciel aux religieux du Carmel, comme un signe spécial de sa protection, et un préservatif contre les feux de l'enfer. Cet habit céleste est le trésor sacré de l'Ordre et le signe de son alliance spirituelle avec la Vierge Immaculée. De toutes les faveurs accordées à cet Ordre antique, ce scapulaire est, sans contredit, l’une des plus signalées.

On lira, certainement avec intérêt et édification, ce que les leçons du Bréviaire des Carmes racontent sur le bienheureux Simon Stock, qui reçut des mains mêmes de la Vierge Marie cet habit si vénérable et si privilégié.

“ Saint Simon Stock, disent ces leçons, naquit dans le pays de Kent, en Angleterre, de parents nobles. Il étudia dans son enfance les lettres humaines, et fut l’élu du Seigneur. À douze ans, il quitta ses biens, ses parents, les plaisirs du monde, et s’en alla vivre dans la solitude d’une épaisse forêt. Le creux d’un arbre lui servait de demeure. Là, éloigné des hommes, il n'avait de commerce qu'avec Dieu. Il nourrissait d'autant plus son âme de la contemplation des choses célestes, qu'il accordait moins d'aliments à son corps. Son repas ne se composait que d'herbes, de racines

et de fruits sauvages. Il ne buvait que de l'eau froide. Dieu prit soin de son serviteur en lui envoyant, à des jours marqués, des chiens qui lui apportaient du pain, pour soutenir sa faiblesse. Il demeurait seul dans son arbre, auquel il avait fixé un crucifix et une statuette de la très sainte Vierge. I] priait en poussant de profonds soupirs, et châtiait son corps en le flagelläint avec des épines añn de soumettre la chair à l'esprit.

“ Après avoir mené ce genre de vie pendant vingt ans, il fut averti intérieurement d'entrer dans l'Ordre du Carmel qui florissait alors en Angleterre. Les supérieurs, remplis d’admiration pour son esprit et ses vertus, s'empressèrent de le recevoir. Après qu'il eut prononcé ses vœux, ils l’envoyèrent étudier les sciences sacrées à Oxford. Son humilité était telle, que ses maîtres et ses frères furent obligés d'employer les plus instantes prières pour le faire consentir à recevoir le grade inférieur de théologie.

Ordonné prêtre, il s’appliqua au salut des âmes. On ne peut dire tout le bien qu’il opéra dans le saint ministère. Il composa plusieurs ouvrages sur la patience chrétienne et sur la sainte Vierge, qu’il honorait tout particulièrement. Etant ailé en Palestine,

il vécut six ans dans les grottes du Carmel, Après la mort d'Alain, général de l'Ordre, il fut unanimement élu comme son successeur. Alors, doux pour les autres, dur pout lui-même, il multiplia ses veilles et ses mortifications. {1 eut le bonheur de demeurer toujours vierge.”

Dieu manifesta la sainteté de son serviteur par plusieurs miracles. Il annonçait les évènements à venir, guérissait les maladies incurables. Un frère ayant fait cuire des poissons, pour les lui servir, ils les rendit à la vie. Il changea de l'eau en vin, pour vaincre l'astuce des démons qui, lorsqu'il disait la messe, lui avaient enlevé le vin pour le saint sacrifice. Il obtint des Souverains Pontifes la confirmation de la règle du Carmel. Il priait fréquemment la très sainte Vierge de distinguer, par quelque privilège particulier, cet Ordre religieux qui lui était consacré. La Reine du ciel exauça les ardents désirs de Simon.

Scapulaire donné. — Le 16 juillet 1251, selon l'opinion générale, la très sainte Vierge lui apparut, accompagnée d’un grand nombre d’anges, et portant en ses mains le scapulaire de l'Ordre. Elle lui dit en le lui présentant :

“ Reçois, mon cher fils, ce scapulaire, comme la livrée de ma Confrérie. C'est la marque du privilège que j'ai obtenu pour doi et tous les enfants du Carmel. Celui qui mourra vevétu de cet habit n'ira point en enfer. C'est un signe de salut, une sauvegarde dans les dangers, un gage de paix et d'alliance éternelle.”

Simon avait été envoyé du ciel pour propager en Europe l’ardeur du saint prophète Elie. Il gouverna toujours son Ordre avec une admirable prudence; il mourut l'an 1265, au couvent de Bordeaux. Il était âgé de 100 ans. Son corps, par un avertissement du ciel, fut exhumé trois jours après son enterrement pour être placé dans un lieu honorable, où il devint célèbre par ses miracles. Ainsi se termine la leçon du bréviaire.

Premier miracle du scapulaire de Notre - Dame du Mont - Carmel. — Mais revenons au scapulaire. Saint Simon ne tarda pas à confirmer par un miracle éclatant l'étonnante promesse de la très sainte Vierge au sujet du scapulaire, Le saint l'opéra le jour même où il reçut cet habit sacré des mains de Marie. Ce miracle fut accompagné de

circonstances si exceptionnelles, qu'on est forcé d'y reconnaître la main de Dieu luimême.

C'est le secrétaire du saint, le père Swanington, qui nous raconte le fait dans les termes suivants. Nous ne faisons que reproduire une version française de son récit, écrit en latin. “Le 16 juillet de l’année 1251, pendant que le bienheureux Simon Stock allait avec moi à Winchester, afin d'obtenir de l'évêque de cette ville, des

lettres d'introduction auprès du Souverain

Pontife Innocent IV, nous vîimes arriver à notre rencontre Dom Pierre de Lington, doyen de l’église de Winchester, qui pria le bienheureux Simon Stock de venir, en toute hâte, au secours de son frère germain qui se mourait dans le désespoir. Cet homme avait nom Walter. Il était pétulant, hautain, querelleur, et adonné aux arts magiques. Il méprisait les sacrements et tracassait sans cesse tous ses voisins. Dans une querelle qu'il avait eue avec un noble personnage, il avait été blessé mortellement, et se voyant proche du tribunal de Dieu, en proie aux remords causés par ses crimes que le démon lui rappelait, il ne voulait entendre parler ni de Dieu, ni des

sacrements ; mais il s’écriait en blasphémant : “ Ÿe suis damné ! C'est à toi, diable, que je laisse le soin de me venger de mon meurtrier” Nous entrâmes dans la maison du malade au désespoir. Il écumait de rage, grinçait des dents, et, comme un animal en fureur, roulait des yeux effrayants. Saint Simon Stock voyant que ce malheureux allait expirer, et avait déjà perdu l'usage de ses sens, fit sur lui le signe de la croix, lui mit l’habit du Carmel (le scapulaire), et, levant les yeux au ciel, pria Dieu de lui accorder le temps de se reconnaître, afin qu'une âme, qui était le prix du sang de Jésus-Christ, ne devint pas la proie du démon. Tout à coup, le malade reprend des forces, recouvre l'usage de ses sens et de la parole, et faisant le signe de la croix, crie contre le démon et se met à dire, tout en pleurs: “Ædlas ! malheureux !

que la crainte de me damner est grande ! — Mes iniquités dépassent en nombre le sable des mers ! — Oh! Dieu, votre miséricorde surpasse votre justice, ayez pitié de moi ! — Et vous, mon Père, aidez-moi ! ! —

‘“ À ces paroles, je me retirai à l'écart et Dom Pierre me raconta ce qui suit : “ Voyant mon frère s’obstiner dans son impéni-

tence, je me mis en prière dans une chambre de la maison ; pendant que je priais, j'entendis une voix qui me dit: “ Lève-toi, Pierre, cherche mon serviteur Simon qui est en voyage, et fais-le venir ici.” Je regardai aussitôt pour savoir qui avait prononcé ces paroles, mais je ne vis personne.

La même voix me répéta par trois fois la même chose. Je compris que c'était un avertissement du ciel, je montai à cheval pour aller à la recherche du vénérable Simon Stock. Jerends grâces au Seigneur de l'avoir rencontré si à propos.” Nos lecteurs savent ce qui arriva.

“ Walter, après sa confession, renonça publiquement à tous les engagements qu'il avait pris avec le démon, reçut les sacrements de l'Eglise, et donna les marques d'une vraie pénitence. Il fit ses dispositions testamentaires, obligea son frère, sous la foi du serment, à restituer aux propriétaires respectifs, tout ce qu'il leur avait pris injustement et à réparer toutes les injures qu'il avait faites. Dans la soirée de ce même jour, vers huit heures environ, il expira.”

Quelque temps après, il apparut à son frère et lui dit qu’il était dans le séjour de la paix, et que, par le secours de la très

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sainte Reine des Anges, et par l'habit du bienheureux Simon Stock, il avait échappé aux embûches du démon. |

Le bruit de cet évènement se répandit aussitôt dans la ville Dom Pierre en écrivit la relation à l'évêque de Winchester, et le pria de lui en donner son avis. Le prélat, très étonné de ce fait, assembia le conseil épiscopal où l’on résolut d'interroger le bienheureux Simon Stock sur la vertu de son scapulaire. Simon obéit à l’invitation, répondit à tout, et sa déposition fut, par ordre de l’évêque, dûment enregistrée.

Après ce miracle de la sainte Vierge, Dom Pierre donna, dans Winchester même, asile à l'Ordre des Carmes et bâtit un vaste et commode monastère pour ces religieux (1).

La renommée de ce prodige se répandit rapidement dans toute l'Angleterre, et même dans les autres contrées. Un grand nombre de villes offrirent des couvents aux religieux du Carmel. Plusieurs seigneurs, désirant ardemment participer aux grâces de ce saint Ordre, sollicitèrent la faveur d'y être affiliés, afin que, mourant revêtus du

‘scapulaire du Mont-Carmel, ils obtinssent,

eux aussi, une fin heureuse.

(1) Relations du Père Swanington.

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