‹ Le scapulaire de Notre-Dame du Mont-Carmel [microforme]Chapitre 37 sur 52 · CG · texte numérisé non relu

CG

arie

+ 1er dimanche d’oc- | Notre - Dame du

tobre, — saint Rosaire.

t 24 septembre, — Notre-Dame de la Merci.

f 5 août, — Notre - Dame des Neiges.

Indulgences locales plénières accordées aux églises de l’Ordre du Carmel.

Les indulgences locales ne sont pas, comme les indulgences personaelles, attachées à des j'ières ou au titre de membre de confrérie, mais à certains lieux que l'on doit visiter. Ces indulgences locales n'étant pas personnelles, peuvent être gagnées également par ceux qui n’appartiennent pas à la confrérie. Telle est l'indulgence du 16 juillet indiquée plus bas, que toute personne peut gagner autant de fuis qu’elle visite une église de l'Ordre du Ca:mel.

Conditions pour gagner les indulgences locales. — La confession, la communion, une prière aux intentions du Souverain Pontife dans une église de Carmes ou de Carmélites. Dans les endroits où il n’y a pas d'église ou de chapelle publique de l'Ordre

La petite croix Ÿ signifie que l’indulgence qui la suit est applicable aux âmes du purgatoire.

du Carmel, les confrères du scapulaire et même les autres fidèles, peuvent faire la visite et la prière dans l’église paroissiale où la confrérie est érigée.

Un mercredi chaque mois.

Une fois l'an, à un jour de son choix.

Le jour (ou l'un des jours de l’octave), de la fête titulaire de l’église de l'Ordre du Carmel, ou de l’église paroissiale où la confrérie est établie.

2 février,

4 «6 19 mars, 25 66

— Fête de la Purification.

— Saint André Corsini.

— Fête de saint Joseph, ou pendant l'octave de la fête.

— Fête de l’Annonciation,

ou pendant l'octave de la fête.

3° dimanche Fête du patronage de après Pâques, k S. Joseph, ou pendant 5 mai, — Saint Ange. [loctave.

16 “ — Saint Simon Stock.

25 “ — Fête de sainte Marie Madeleine de Pazzi.

14 juin, — Fête de saint Elisée.

Le vendredi après l’octave de la Fête-Dieu, fête du Sacré-Cœur

de Jésus.

f 2juillet, — Fête de la Visitation.

0e A — Fête de Notre-Dame du Mont-Carmel ou pendant l’octave.

Outre l’indulgence précédente, chaque fidèle s'étant confessé et ayant communié le 16 juillet, pourra gagner autant d’indulgences plénières qu'il fera de visites à une église, ou chapelle publique de Carmes ou de Carmélites, depuis le 15 juillet, vers deux heures de l’après-midi jusqu'au 16 juillet vers le coucher du soleil. Chacune de ces visites peut être très courte. Il suffit d'entrer dans l’église ou dans la chapelle, d'y faire quelque prière, de sortir complètement et de rentrer de nouveau afin de répéter la visite et les prières. Que d’indulgences plénières, chaque fidèle peut gagner, dans la chapelle des Carmélites de

Montréal, tous les ans, ie 16 juillet !

20 juillet, — Saint Elie.

26 “ — Fête de sainte Anne.

7 août, — ‘“ “ saint Albert, 1 CL — Fête de l’Assomption de

la sainte Vierge ou pendant l’octave de la dite fête.

La petite croix Ÿ signifie que l’indulgence qui la suit est applicable aux âmes du purgatoire.

Le dimanche qui suit la fête de l’Assomption, fête de säint Joachim, père de la sainte Vierge.

24 août, — Fête de saint Barthelemy.

27." — Fête de la Transv=rbération du cœur de sainte Thérèse.

8 septembre,— Fête de la Nativité de la sainte Vierge.

15 octobre, — Fête de sainte Thérèse ou pendant l'octave.

15 novembre, — Commémoration des défunts de l'Ordre.

21 4 — Fête de la Présentation de \ la sainte Vierge.

24 novembre, — Fête de saint Jean de la Croix.

8 décembre, — Fête de l’Immaculée Conception.

Indulgences locales partielles accordées directement à la Confrérie du saint scapulaire.

Conditions : la confession, la communion, la visite d'une église ou chapelie publique quelconque, les prières aux intentions du Souverain Pontife et la récitation dans

l’église d'un pater et d'un ave pour les

e vivants et les morts.

Chaque jour, sept ans et sept quarantaines.

L Chaque dimanche et chaque samedi, une a riche indulgence partielle, # 20 janvier, -- Fête de saint Fabien là et saint Sébastien.

— Le jour de Pâques et pendant l’octave jusou LU qu’au samedi à midi.

Lé- 3 mai, — Invention dela sainte Croix. \ d sn — Le saint jour de laÏ 5 de (71 Pentecôte et pendant | & ca l'octave jusqu'au sa- | « j medi à midi. à A É. 24 juin, — Fête de saint Jean- 5 Baptiste. = 29 “ — Fête de saint Pierre À 3° et de saint Paul. 8 14 septembre, — Exaltation dela sainte Croix.

29 4 — Saint Michel Archange.

1 novembre, — Fête de la Toussaint.

25 décembre, — Fête de Noël.

272 LE SCAPULAIRE Indulgences stationnales.

L'institution de la visite des Eglises Stationnales de Rome remonte aux premiers siècles du christianisme. L'on trouve dans ces églises les plus religieux souvenirs des saints, surtout des martys. Anciennement, à certains jours de l’année, le peuple, le clergé, les pontifes mêmes s'y rendaient en procession pour y faire des prières. Une si pieuse dévotion est de nature à favoriser beaucoup la piété, aussi, elle fut grandement encouragée par les souverains pontifes. Le pape saint Gré-

goire le Grand régla les séations de Rome, en indiquant lui-même les églises qui jouiraient de ce privilège, accorda de nombreuses indulgences à ceux qui visiteraient ces églises à certains jours et à certaines époques de l’année qu’il détermina luimême.

Induigences locales plénières des stations de Rome communiquées aux confrères du scapulaire.

Conditions : En visitant une église ou chäpelle publique de l'Ordre du Carmel, et à son défaut, l'église paroissiale où la confrérie est établie, tout confrère du scapulaire

peut gagner les indulgences accordées à la

visite des sept principales églises stationes nales de Rome, savoir (1) :

ak 1° Saint Jean de Latran.

13 2° Saint Pierre du Vatican.

4 3° Sainte Marie Majeure.

le 4° Saint Paul hors les murs. S 5° Saint Sébastien hors les murs.

des 6° Sainte Croix de Jérusalem.

de 7 Saint Laurent hors les murs.

Kat Ces indulgences plénières se gagnent aux les | jours suivants :

Gré- t 25 décembre, — Fête de Noël, depuis la ome, messe du jour jusqu'au joui- soir.

om- f — Jeudi-Saint, aient Î — Pâques.

aines f — Ascension.

lui- Indulgences locales partielles des stations de Rome communiquées aux confrères ations

. du saint scapulaire.

Les conditions pour gagner ces indulgences sont : la vzsife d’une église ou chapelle publique de l'Ordre du Carmel, ou, à son défaut, l’église paroissiale où la confré-

(1) Il faut s'être confessé, avoir communié et prier à l'intention du Souverain Pontife.

se ou nel, et onfrépulaire

rie du scapulaire est établie, et les prières aux intentions du Souverain Pontife. La confession et la communion ne sont pas exigées.

°" janv.— Fête de la Circoncision. ‘,30'ans et 30 quarantaine.

6 “ — Fête de l'Epiphanie. 1 AL SER Le dimanche de la Septuagésime. 1 AL de la Sexagésime. pes de la Quinquagésime, Ÿ‘“ “ ‘“ Mercredi des Cendres.tf 15 “ ‘“ 4° dimanche de Carêmet “ ‘“ “ dimanche des Rameauxt 95 “ ‘“ Vendredi-Saint. + 30 “ ‘“ Samedi-Saint. LAC Tous les autres jours de Carême. f 10 Pendant l’octave de Piques, du lundi au samedi à midi. 30“ 3 Le dimanche de Quasimodo. 66 66 66 «6

La petite croix ‘+ signifie que l’indulgence qui la suit est applicau:e aux âmes du purgatoire,

25 avril Fête de saint Marc. 30 ans et 30 quarantaines- Chacun des jours des Rogations. ee La veille de la Pentecôte. + 19“ Le saint jour dela “ et durant l’octave du lundi au samedi à midi seulement. +30“ Chacun des jours des Quatre-Temps de sept.f 19“ Le 1°, 2°, 4 dimanche de l'Avent, LA Le 3° dimanche de l'Avent, + 15“ Chacun des jours des Quatre- Temps de décembre +10“ La veille de Noël. 15 « La nuit de Noël. AL La messe de l'aurore. EL

Le 26 décembre, fête de saint Etienne. t 30“

Le 27 décembre, fête de saint Jean. 30 “

Le 28 décembre, fête des saints Innocents. + 0“

1 ES o SSL PRE MN

pe:

PINS OUS n'avons dit qu’un mot de

VW

| la Communion des Saints dans

x S ‘ le cours de cet ouvrage: la

\/ } nature du sujet nous y obligeait.

Nous croyons, cependant, être utile

à un certain nombre de nos lecteurs,

en développant les courtes notions données précédemment sur cette matière,

On s'en souvient, nous avons énoncé que

le fondement, le principe vital de la Com-

munion des Saints, n’est autre que Jésus

lui-même, se communiquant à ses élus par la grâce sanctifiante. Par cette communication, il leur infuse une vie surnaturelle.

Cette vie, #ne et indivisible, est la même dans tous les élus, comme la vie humaine est la même dans tous les membres du corps. Or, comme c’est par l'unité de vie naturelle que les membres d'un corps entrent en communauté de biens et de maux, en sorte que la douleur d’un seul est ressentie par tous les autres ; ainsi, c’est par l'unité de vie surnaturelle que tous les justes entrent en communion de biens spirituels.

Notre intention n'est pas de développer ce beau sujet d’une manière complète. Aux courtes notions déjà données, nous nous contenterons d'ajouter quelques comparaisons tirées de la nature. En examinant plus attentivement les merveilles des choses corporelles, le lecteur sera, il nous semble, mieux disposé à croire à l'union spirituelle que la communion des saints établit entre les justes. Nous terminons en indiquant les deux principaux obstacles à la Communion. des Saints, et en citant un exemple qui nous a paru vraiment digne de remarque.

Première comparaison. — Très souvent, la nature nous présente, d’une manière sensible, ce que Dieu opère dans les âmes d’une manière invisible par sa grâce. Prenons, par exemple, l’action du feu, symbole de la charité. Qu'on jette du pin, du coudrier, du tremble, du cèdre, de l’érable, dans une fournaise ardente; il n’y aura toujours qu'une seule flamme, qu’un seul feu. Sans se partager, sans perdre de sa vigueur, il sera le même dans chaque morceau de bois, et ne formera qu'un seul foyer ardent. L’érable sera du feu, le cèdre sera du feu, on ne pourra plus distinguer ni leur éspèce, ni leur qualité tant le feu les aura pénétrés et enveloppés. La qualité, la quantité de toutes ces diverses sortes de bois, au lieu d’amortir le feu, l’activera au contraire. Le cèdre enflammera l'érable, et l’érable augmentera la chaleur du cèdre. Le feu sera d'autant plus ardent que la quantité de bois sera plus considérable. Tout est absorbé, tout est envahi par le feu qui pénètre et domine tout.

Eh bien! ce que le feu matériel opère sur le bois, le feu de l'amour divin l’accomplit dans les âmes d’une manière infiniment plus parfaite. Dès que la grâce sanctifiante les

vivifie, elles entrent dans une phase nouvelle commune à tous les justes. C'est la participation à la vie divine, par l'amour.

Or, comme cette vie ramène à l'unité tout ce qu'elle anime, tous les justes n'ont qu’une vie commune; et si elle est parfaite, elle domine, caractérise toutes leurs actions, comme le feu matériel absorbe toutes les qualités du bois qu'il embrase. C'est pourquoi, tous les chrétiens justifiés par l'amour de Dieu, ne doivent avoir qu'un cœur et qu’une âme.

Que les justes soient des rois, des pauvres, des religieux, des hommes du monde, ils ne sont tous qu’une extension d'un même feu divin communiquant à tous une même vie surnaturelle. Le roi gouverne, le pauvre mendie, le père de famille travaille à gagner le pain de ses enfants, le religieux prie, toutes ces actions diverses sont caractérisées et vivifiées par un seul et même principe, l'amour de Dieu, Ce principe unique est le même en chaque être. Au ciel, Dieu ne récompensera pas tant telle ou telle action en elle-même, que le degré d'amour qui l'aura surnaturalisée.

On peut donc dire que l'amour de Dieu, répandu dans les cœurs des justes, leur in-

culque un esprit, une vie qui domine et ramène à l'unité de vie surnaturelle les cœurs et leurs inclinations.

Si cet amour de Dieu ne rencontrait pas d'obstacle de la part des hommes, ceux-ci ne seraient tous que des enfants de lumière vivant de l’amour de Dieu. Ils n'agiraient tous que par un même principe, et leurs actions profiteraient beaucoup plus au bien commun, Les divisions, les luttes seraient inconnues.. Les chrétiens sympathiseraient instinctivement aux joies et aux douleurs les uns des autres, Cette Communion des Saints paraïssait si évidente à l'apôtre saint Paul, qu'il la mentionne aux premiers chrétiens comme une chose admise et tout à fait ordinaire, quand il leur dit: Qui est faible sans que je sois faible, qui est scandalisé sans que je brûle ? (II Cor. XI, v. 29), c'est-à-dire, la faiblesse de la foi, la tiédeur d’un si grand nombre me touchent autant que si j'étais moi-même dans ces dispositions, Est-il quelqu'un qui soit scandalisé, troublé dans sa foi, dans la paix du cœur, sans que je brûle de zèle pour le secourir, et sans que j'en ressente la plus vive douleur (1).

(1) D'Aloli.

Dar npenerur on

mn

nn porpearnenanremene r—— En em en e | e e. ‘

Mais l'amour de Dieu, qui est le fondement de la Communion des Saints, n’embrase pas tous les cœurs au même degré.

Voilà pourquoi tous les justes ne jouissent pas tous de cette vie également. Ce qui se passe dans l'ordre naturel, peut nous donner une idée de ce qui s’accomplit d’une manière encore beaucoup plus parfaite dans l'ordre surnaturel. Or, de même que dans la vie corporelle, il y a les forts, les faibles et les malades : ainsi dans la vie surnaturelle, il y a les âmes vigoureuses qui travaillent au bien des autres, il y a celles qui, quoique faibles, se soutiennent ellesmêmes, enfin, il y en a d’autres qui, comme le malade alité, ont besoin du secours et de l'assistance d'autrui. Ces deux dernières catégories jouissent, il est vrai, de la vie surnaturelle mais d’une manière bien imparfaite. Cette vie est si faible, si languissante dans ces âmes, qu'elle ne produit que les actions nécessaires à la vie spirituelle. Les autres actions échappent pour la plupart à son influence bienfaisante; voilà pourquoi il se trouve dans ces mêmes âmes une foule d'œuvres qui n'ont d’autres motifs que la passion ou la nature déchue, Par exemple, ce qui touche aux honneurs, à

demré.

ent Ce LOUS une jans dans bles atuqui elles ellesmme et de ières ha vie impuis t que uelle.

voilà âmes otifs Par rs, à

l'argent, au bien-être, au luxe, à l’'amourpropre, n'a souvent d'autre guide que la passion. Il s’en suit que toutes ces actionslà échappent à l'influence divine. Elles sont irdignes d'entrer dans le trésor de la Communion des Saints. Elles restent dans le domaine des œuvres purement naturelles, sans s'étendre au-delà de la personne qui les accomplit, et presque toujours il s’y glisse quelque chose de repréhensible.

Les actions de ce genre sont nombreuses, très nombreuses, même parmi les chrétiens. Non seulement elles échappent à la Communion des Saints, mais encore, elles contribuent souvent à l’affaiblir, en suscitant des contestations et des divisions ; car, chacun s’appropriant ces œuvres comme siennes et personnelles, il y a lutte toutes les fois que le prochain se croit blessé dans ses droits individuels, qu'il réclame à son tour. Eh bien! ce manque de vue surnaturelle, cette attache personnelle dans les œuvres de ce genre, voilà ce qui affaiblit parmi nous l'influence de la Communion des Saints. Toute œuvre faite dans ces conditions, n'a pas ce caractère de généralité, cette empreinte de vie divine, qui la rend digne de coopérer au

bien commun des fidèles. Si l’on ne considérait que la vie extérieure de ces chrétiens peu fervents, on serait grandement exposé à perdre jusqu'à la notion de la Communion des Saints, parce que, à force de voir l'intérêt personnel servir de mobile aux actions humaines, à force d’être témoin de luttes, de contestations incessantes, on finit par se persuader difficilement qu’une même vie de grâce, un même principe surnaturel anime ces hommes continuellement en conflit sur un si grand nombre de points.

C'est pourquoi la Communion des Saints est si peu connue et si peu appréciée de nos jours.

Deuxième comparaison. — Mais, objectera-t-on peut-être, comment des personnes animées d'une même vie surnaturelle peuvent-elles opérer des œuvres si diverses?

Comment l’une vit-elle dans le monde, l’autre dans la solitude du cloître ? Comment un même esprit peut-il pousser l’une à prendre soin des malades, l’autre à ne se livrer qu’à l'étude et à la prière ? Empruntons encore notre comparaison à la nature.

Qu'on greffe sur un même tronc des branches de pommier, d'oranger, de cerisier; une même sève les nourrira toutes; cepen-

des sier; Den-

dant la branche de pommier produira des pommes, celle de l’oranger des oranges, etc.

Tous ces fruits appartiendront au même arbre, leur variété augmentera le prix et la beauté de l'arbre en question. Si même, la sève s’affaiblit dans quelque rameau, les branches vigoureuses ne manqueront pas d'y suppléer. Or, ce que la sève peut produire en de simples branches, la grâce sanctifiante a la vertu de l’opérer dans des âmes créées à l’image de Dieu. Tout en laissant aux fidèles la propriété de leurs œuvres, elle (la grâce) leur communique un principe de vie surnaturelle qui attache les âmes à Dieu et les unit entre-elles.

La grâce de Dieu, une etindivisible dans son principe, est cependant multiple dans ses effets. Elle s'adapte à toutes les circonstances de la vie, et se diversifie selon la vocation et les dispositions de ceux qui la reçoivent; mais c'est toujours le même esprit de Dieu qui contient en lui toute perfection. Comme la lumière du soleil, qui, sans se séparer de sa source originelle, ne brille pas également sur tous les objets qu'elle rencontre. Ainsi, le même esprit de Dieu opère diversement : à l'un il donne la

parole de sagesse, à un autre la parole de

science, à un autre la vertu d'opérer des miracles, à un autre le don des langues, etc. Or, tous ces dons, c'est le seul et même esprit qui les opère, les distribuant à chacun comme il veut. (1 Cor. XII, v. 7 et suivants).

Troisième comparaison. — Une dernière comparaison jettera, nous le croyons du moins, un nouveau reflet de lumière sur notre pensée. La vie humaine, sans se séparer du cœur, qui est son principe, se répand dans tous les membres. Elle élève à la dignité et à l'unité de nature humaine tous les organes qu’elle pénètre pour n’en former qu'un seul corps. (Chaque membre opère directement son action propre, mais l'œuvre appartient au corps et profite à tous les membres. C'est le bras qui frappe, mais le coup vient de l’homme; c’est la main qui vole, mais c’est l'homme qui est puni; c'est bien l'œil seul qui voit, mais tout le corps est illuminé. Ainsi, dans l'Eglise de Dieu, un fidèle prie, un autrese mortifie, un autre prend soin des malades, un autre travaille, c'est toujours Jésus qui prie, qui se mortifie, qui exerce la charité et qui travaille, parce qu'il est le principe unique de toutes les œuvres surnaturelles.

C'est Jésus agissant par les fidèles, qui

sont les membres vivants de son corps mystique. Il s'ensuit que, chaque fois que le juste accomplit une œuvre dans ces conditions, il contribue à rendre plus vigoureuse la vie du corps et de ses membres.

Toutefois, les fidèles ne participent à ces bicas spirituels qu’en proportion de leur foi et de leur charité. Tous les croyants ne forment qu'une même famille. Or, dans toute famille bien réglée il y a deux sortes be biens : 1° les biens nécessaires à la vie de chacun, personne ne peut s’en dépouiller ; 2° les biens mis en réserve, qui doivent être partagés à la fin selon le travail de chacun. De même dans l'Eglise de Dieu, il y a deux scrtes de biens spirituels : les uns, indispensables à la vie de l’âme sont propres à chacun; les autres, communs à tous les fidèles, sont mis en réserve. Personne ne doit, ni ne peut se dépouiller des premiers; c’est le surcroît de grâce, l’augmentation d'amour que le juste lui-même reçoit de ses bonnes œuvres. Les seconds peuvent être des biens versés spontanément dans le trésor commun, tel serait par exemple le jeûne ou la prière faite pour l'Eglise, la conversion des pécheurs, ou le bien général des fidèles ; ces biens sont

encore la partie des bonnes œuvres qui retombe indirectement dans le trésor de l'Eglise. Dieu, étant le principe unique et commun de toute bonne œuvre, a voulu que, indépendamment du mérite personnel, toute bonne œuvre, faite en son non, servît aussi au bien général de ses élus. Lorsque, par exemple, le juste prie et se mortifie, outre le mérite individuel, Dieu sait trouver dans ces actions un nouveau motif qui, sa justice étant satisfaite, l’engage à répandre ses bienfaits qu'il n'accorderait pas autrement.

Précisons d'avantage. Voici dix justes qui ne cessent de prier, de faire pénitence, sans songer spécialement à tel ou tel pécheur, ou bien à tel crime, etc. Ils veulent simplement honorer Dieu, et expier les péchés du monde. Or, à part le mérite personnel des dix justes en question, Dieu trouve, dans leurs prières et leurs pénitences, une compensation qui apaise sa colère, satisfait à sa justice, et incline sa bonté à faire miséricorde à tous ceux qui appartiennent à son corps mystique : grâce qu'il n'accorderait pas, en si grande abondance, si, eu égard à sa justice, il ne regardait en même temps les prières et les

pénitences de ces justes. C’est ainsi qu'il eût épargné Sodome, s’il se fût trouvé dix justes dans cette ville infâme, c'est ainsi qu’il épargne quelquefois nos villes et nos campagnes à cause des saintes âmes qui prient et se mortifient sans cesse,

Les seconds biens dont nous avons parlé plus haut, sont divisés en deux parts.

1° À tous les instants du jour, une partie de ces biens est distribuée aux fidèles : c’est ce qui leur procure un surcroît de vie spirituelle, une augmentation de grâce. La seconde partie, mise en réserve, sera partagée dans l'éternité. Elle augmentera le bonheur et la gloire des élus, dans la même mesure qu'ils auront contribué au bien général de l'Eglise pendant leur vie.

Il est donc évident que ce partage, en ce monde et en l’autre, doit se faire selon la justice distributive; c'est-à-dire selon le travail de chacun au profit de la communauté de l'Eglise. Disons-le encore une fois, tous les fidèles ne participent pas également à la Communion des Saints.

Ceux qui ont plus de foi, plus de charité, qui travaillent davantage au bien général de l'Eglise, participent plus abondamment que les autres à cette source si féconde

de l'Eglise. Plusieurs causes cependant rendent plus étroits et même peuvent fermer complètement les canaux de la vie spirituelle, Signalons surtout les deux principales : le péché mortel et l’excommunication.

Premier obstacle à la Communion des Saints : — Ze péché mortel. — Hélas!

faut-il le dire ? il y a dans le corps mystique de Notre-Seigneur des membres qui sont loin de participer à tous les bienfaits qui découlent de la Communion des Saints :

ce sont les âmes souillées par le péché mortel. Ces pécheurs appartiennent encore, il est vrai, au corps de l'Eglise, mais ils n'appartiennent à son âme qu'imparfaitement par les vertus surnaturelles de foi et d'espérance; aussi, ne participent-ils qu’en partie aux biens spirituels de l'Eglise, c’està-dire aux prières, aux supplications, et non aux œuvres satisfactoires.

Sous l'impulsion de l’Esprit-Saint, ces pécheurs peuvent même faire des bonnes œuvres : jeûner, donner l’aumône, etc. ; ils peuvent encore prier utilement pour eux et pour les autres; mais ils sont incapables de participer aux œuvres satisfactoires de pénitence, d’expiation qui se font dans l'Eglise, Et comment le pourraient-ils ?

quand leurs meilleures œuvres n'ont aucun mérite pour le ciel, ni aucune vertu pour expier leurs péchés.

Développons ce principe général, et appliquons-le aux diverses conditions de l'âme en état de péché mortel,

Les âmes privées de la foi surnaturelle sont soulagées dans. leur état déplorable :

1° par les secours que Dieu leur accorde directement, dans une proportion suffisante, afin qu'elles parviennent, si elles y correspondent, à la justification et au salut; 2° par les ferventes prières qu'un grand nombre de pieux fidèles offrent pour leur conversion; 3° indirectement, par les prières de l'Eglise, laquelle demandant sans cesse que Jésus-Christ étende son empire dans le monde entier, le supplie de faire entrer ces brebis égarées dans le bercail du salut.

Les catholiques qui ont lafoi, mais non la grâce sanctifiante, sont aussi dans une triste condition : 1° ils s’excluent eux-mêmes des sacrements; 2° les prières, les bonnes œuvres et les pénitences qu'ils font en état de péché mortel, tout en méritant quelques grâces de conversion, sont mortes pour ce ‘qui regarde la récompense céleste et les indulgences; 3° contribuant peu au trésor

commun, par leur faute, ils en profitent peu. Ces pécheurs ont encore la foi et l’espérance ; c'est ce qui les tient unis à Notre- Seigneur. Ils sont au corps mystique de l'Eglise ce qu'un membre paralysé est au corps humain. Ce membre tient, il est vrai, au corps; il en reçoit même un certain degré de chaleur, un certain fluide bienfaisant qui l'empêche de se corrompre, et qui lui rend possible le retour à la vie; mais il est privé de l’activité et des principales fonctions que l’âme communique aux autres membres: Tel est le triste état de l'âme coupable de péché mortel.

Deuxième obstacle à la Communion des Saints.— L'excommunication.— Il arrive parfois que l'Eglise est forcée de retrancher de la Communion des Saints l’un ou l’autre membre corrompu dont le contact nuirait aux autres. C’est un membre gangrené qu'il faut couper de peur qu'il ne corrompe tout le corps. Tels sont les pécheurs scandaleux, les chrétiens rebelles et désobéissants qui obligent l'autorité ecclésiastique d'employer contre eux la mesure extrême de l'excommunication. Il n'entre pas dans l’ordre de cet appendice de développer ce sujet. Il suffira au lecteur de

savoir que celui qui tombe sous le coup de l'excommunication, considérée dans toute son extension, se trouve par là même privé des biens spirituels extérieurs. Ces biens de l'Eglise, communs à tous les fidèles, sont : les sacrements, l'assistance aux saintes fonctions du culte, les prières officielles que l'Eglise adresse à Dieu pour ses enfants, etc. L'Eglise, comme une bonne Mère, encourage cependant les âmes pieuses à prier pour ces enfants prodigues; la sage sévérité qu’elle déploie, tout en éloignant les membres corrompus de ceux qui sont sains, a aussi pour but de faire rentrer les rebelles en eux-mêmes : c’est ainsi qu'un père corrige la désobéissance de son fils en le mettant au pain sec et en lui refusant les présents dont il récompense la soumission de ses autres enfants.

La Communion des Saints n’est pleine et entière que pour les âmes unies à Jésus et unies entre elles par la grâce sanctifiante.

Dieu seul peut comprendre combien les fruits de chaque bonne œuvre, de chaque communion, de chaque messe célébrée, profitent non seulement à l'âme qui en reçoit le fruit, mais encore à toutes les autres selon la mesure de leur ferveur et de leur

charité. Et cette communauté de biens surnaturels existe non seulement entre l'Eglise de la terre et celle du purgatoire, qui en reçoit un merveilleux soulagement, mais encore entre ces deux Eglises et celle du ciel. La privation de cette Communion est un des plus funestes effets du péché, comme on peut le voir par le trait suivant.

Les morts excommuniés d’'Hildesheim.— Au temps du Moyen Age, saint Gothard, évêque d'Hildesheim, en Hanovre, s'était vu forcé de recourir à l’excommunication contre des oppresseurs de la sainte Eglise. Ceux-ci n’en tinrent aucun compte.

Ils poussèrent le mépris de cette censure jusqu’à entrer dans l'église, au moment ou le saint évêque revêtait les ornements sacrés. Se tournant vers ces endurcis, il leur dit:—“ Æn vertu de l'obéissance chrééienne, j'ordonne, au nom du Saint-Esprit, à lous ceux qui sont excommuités de sortir d'ici” — Ces impies se regardèrent en ricanant, et paraissaient bien résoir:s à ne pas bouger. Mais, 6 stupeur! voilà qu’en présence de tout le peuple, les dalles se soulèvent, et un certain nombre de morts, ensevelis sous le pavé du temple, sortent de leur tombe, et se dirigent vers la porte

biens entre toire, nent, celle inion éché, vant.

dessaint ovre, iuniainte ipte.

sure it ou ents Is, il hrébrté, y Éir "iCapas prése rts, tent orte

de l'église, A cette vue, les assistants se mirent à jeter de grands cris et les excom- Mmuniés s’enfuirent Épouvantés,

L'évêque, accompagné de son clergé, se

rendit à la Porte de l'église, où les morts,

ent implo-

lés, ils avaient été Sauvés, Îls demandèrent la levée de l'excommunication afin de pouvoir participer aux suffrages des fidèles, et reposer en paix dans Ja terre bénite. Le Saint évêque leur donna

CénSüres. Aussitôt Jes morts se relevèrent :

(1) Grands Bollan

distes, vie de saint Gothara, Louvet, page 225.

4 mai, d'après

Nous nous arrêtons là. Il nous semble que les réflexions que nous avons faites, les principes que nous avons posés ont suff pour faire comprendre les immenses avantages de la Communion des Saints, et l'extrême malheur de ceux qui se ferment, en partie ou totalement, cette source de grâce, soit par le péché mortel, soit par l'excommunicaticn.

Page 1